DAKAR ,02 Mars 2026(JVFE)-Selon des experts en cyber-sécurité et des observateurs, une vague de cyberopérations a eu lieu samedi aux premières heures du matin, parallèlement au déploiement des frappes conjointes américano-israéliennes contre des cibles iraniennes.
Cette vague de cyberopérations, survenue le samedi 28 février 2026 lors des premières heures de l’opération « Epic Fury », a été menée parallèlement aux frappes cinétiques américano-israéliennes contre l’Iran. Détails des cyberattaques
Selon les experts en cybersécurité et les observateurs, ces opérations visaient à la fois le sabotage technique et la guerre psychologique :
- Piratage d’applications de masse : L’application de calendrier religieux BadeSaba (plus de 5 millions de téléchargements) a été compromise pour diffuser des messages incitant les forces armées à déposer les armes et à rejoindre le peuple.
- Neutralisation des communications : Une chute massive de la connectivité Internet a été enregistrée en Iran dès 07h06 GMT, suivie d’une seconde coupure quelques heures plus tard, limitant les capacités de réponse coordonnée du régime.
- Ciblage des infrastructures : Des sites web gouvernementaux et des services militaires ont été frappés pour désorganiser le commandement iranien.
- Guerre de l’information : Le US Cyber Command aurait également ciblé directement de hauts responsables des Gardiens de la Révolution (IRGC) via des opérations d’influence visant à encourager des défections internes.
Contexte militaire
Ces cyberattaques ont soutenu une offensive de grande ampleur incluant l’usage de bombardiers furtifs B-2 Spirit contre des sites nucléaires (Natanz, Fordo) et des installations de missiles balistiques. Des sources médiatiques font état de la mort du Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, lors de ces frappes conjointes
Ces opérations ont notamment consisté à pirater plusieurs sites d’information afin d’y faire apparaître différents messages, ainsi qu’à pirater l’application BadeSaba, un calendrier religieux téléchargé plus de 5 millions de fois, sur lequel ont été affichés des messages invitant les utilisateurs à « rendre des comptes », exhortant également les forces armées à rendre les armes et à se joindre à la population.
Le porte-parole du Cyber Command américain n’a pas immédiatement répondu à notre demande de commentaires.
L’accès à Internet en Iran a chuté de manière spectaculaire dans la matinée, puis à nouveau quelques heures plus tard, ne laissant qu’une connexion minimale, a expliqué Doug Madory, directeur de l’analyse Internet chez Kentik, dans un message publié sur X.
« À mesure que l’Iran évalue les options qui lui restent, la possibilité augmente que des groupes de proxys et des hacktivistes mènent des actions, notamment des cyberattaques, visant des cibles militaires, commerciales ou civiles affiliées à Israël et aux États-Unis », a indiqué Rafe Pilling, directeur du renseignement sur les menaces chez Sophos, une entreprise spécialisée dans la cyber-sécurité.
Ces attaques pourraient inclure des violations de données anciennes présentées comme de nouvelles tentatives, peu sophistiquées, visant à compromettre les systèmes industriels exposés à Internet, ainsi que des cyberopérations directement offensives, a ajouté Pilling.
La société de cyber-sécurité Anomali, dans une analyse partagée hier avec Reuters, a rapporté que des groupes de pirates informatiques iraniens soutenus par l’État ont déjà lancé des attaques de type « wiper », ayant pour but d’effacer les données des cibles israéliennes avant les frappes.
L’activité dans la région du Moyen-Orient a augmenté, selon Cynthia Kaiser, ancienne responsable de la cybersécurité au FBI et aujourd’hui vice-présidente senior chez Halcyon, une entreprise anti-ransomware. Kaiser indique que la société a également observé des appels à l’action de la part de cyber-personnalités connues pour leur soutien à l’Iran, qui ont déjà mené des opérations de piratage et de fuite de données, des attaques par ransomware et des attaques par déni de service distribué (DDoS), lesquelles saturent les services Internet pour les rendre inaccessibles.
Bien que l’Iran soit souvent cité par les responsables américains de la cybersécurité aux côtés de la Russie et de la Chine comme une menace pour les réseaux américains, les réponses de Téhéran aux attaques sur son territoire ont jusqu’ici été modérées.
En juin, après que les États-Unis ont frappé des cibles nucléaires iraniennes, il y avait peu de signes de cyberattaques perturbatrices souvent évoquées lors des discussions sur les capacités numériques de l’Iran, en dehors d’une brève interruption de services à Tirana, la capitale de l’Albanie, selon des médias.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
