
DAKAR,11 MARS 2026(JVFE)-Ce mercredi 11 mars 2026, l’Iran a revendiqué avoir lancé la salve de missiles « la plus violente et la plus lourde » contre des cibles américaines et israéliennes depuis le début du conflit ouvert le 28 février dernier.
L’Iran a mené des frappes aériennes de grande ampleur sur des cibles américaines et israéliennes, a annoncé tôt mercredi la télévision d’État Irib. Cette salve de missiles, «la plus violente et la plus lourde depuis le début de la guerre», a duré trois heures et a notamment visé le sud de Tel-Aviv, l’ouest de Jérusalem et Haïfa (nord) en Israël, ainsi que «de nombreuses cibles américaines à Erbil», au Kurdistan irakien, et la base navale de la Ve Flotte américaine à Bahreïn, a ajouté Irib, citant un communiqué des Gardiens de la Révolution.
L’armée idéologique de la République islamique a précisé avoir pris pour cible «pour la seconde fois le centre de communications satellitaire Haila» près de Tel-Aviv, et des «centres militaires» à Beer Yaakov dans le centre du pays, à l’ouest de Jérusalem et Haïfa.
Dans la nuit, l’armée israélienne avait annoncé avoir détecté des missiles se dirigeant vers son territoire depuis l’Iran et avoir activé ses systèmes de défense anti-aérienne. Des journalistes de l’AFP ont entendu à Jérusalem des sirènes d’alerte et le bruit d’explosions au loin. La chaîne israélienne Channel 12 a fait état de plusieurs blessés dans des frappes près de Tel Aviv.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a mené cette attaque, baptisée « Opération Promesse Honnête 4 », qui a duré plus de trois heures.
- Armement utilisé : Des missiles balistiques de nouvelle génération, notamment les modèles Khorramshahr-4 (dotés d’ogives de deux tonnes), Kheibar Shekan, Qadr et Fattah.
- Cibles visées :
- En Israël : Tel-Aviv (notamment un centre de communications par satellite), Haïfa (centres militaires) et Be’er Ya’akov.
- Bases américaines : La base de la 5e flotte américaine à Bahreïn, ainsi que des installations à Erbil (Irak), au Koweït et potentiellement au Qatar.
Situation actuelle et réactions
Sébastien Lecornu réunit ce mercredi à partir de 15h00 à Matignon les partis politiques pour les informer de «l’état de la menace et du positionnement de la France» face à la guerre au Moyen-Orient, qui a provoqué une flambée des prix du pétrole.
- Interceptions : L’armée israélienne a confirmé avoir identifié de multiples salves. Bien que Téhéran revendique des « coups directs », les systèmes de défense israéliens auraient intercepté la majorité des projectiles.
- Conséquences régionales : Des drones ont également été interceptés par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Le trafic aérien est fortement perturbé, avec des annulations massives par des compagnies comme Air France vers Tel-Aviv et Beyrouth.
En réponse, Israël a lancé une nouvelle vague de frappes sur Téhéran et sur la banlieue sud de Beyrouth au Liban. Le président Donald Trump a averti de « conséquences majeures » pour l’Iran.
La suite de la guerre se joue dans le détroit d’Ormuz. Alors que les armées américaine et israélienne continuent de frapper le territoire iranien depuis onze jours, que le conflit embrase la région, l’inquiétude internationale se porte d’abord sur les voies maritimes vitales au commerce mondial. Dans ce bras de mer large d’une quarantaine de kilomètres au minimum transitent 25 % du trafic de pétrole mondial, dont une grande partie à destination de la Chine et de l’Asie, 20 % du gaz naturel liquéfié, 30 % des engrais azotés… Rarement une zone géographique aura autant mérité le nom de goulet d’étranglement. Le risque de crise économique est donc devenu une arme pour Téhéran dans un conflit asymétrique. Pour les États-Unis, la réouverture du détroit va s’imposer comme une priorité pour maîtriser les conséquences de la guerre. La France et les Européens voudraient plus tard y jouer un rôle pour ne pas être effacés du jeu diplomatique
Cette escalade intervient dans un contexte de crise humanitaire croissante et de tensions extrêmes sur les marchés de l’énergie suite au blocage partiel du détroit d’Ormuz.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

