DAKAR,11 MARS 2026(JVFE)--À la suite d’une vive polémique, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice-président du Sénat, a officiellement présenté ses excuses le 10 mars 2026 et a réitéré sa loyauté envers le président Félix Tshisekedi ainsi que son engagement au sein de l’Union Sacrée de la Nation.
Cette déclaration fait suite à des propos tenus lors d’une conférence de presse le 4 mars 2026, où il avait affirmé que la RDC n’avait pas un problème de textes, mais d’hommes, ajoutant qu’il fallait « changer les mentalités avant de changer la Constitution ».
Ces déclarations ont été perçues comme une opposition au projet de révision constitutionnelle porté par le camp présidentiel, entraînant de lourdes conséquences :
Une pétition pour sa destitution a été initiée au Sénat pour « manque de respect » au Chef de l’État.
Le Bureau du Sénat ainsi que plusieurs sénateurs de son propre regroupement, l’AFDC-A, se sont publiquement désolidarisés de ses propos.
Pour apaiser les tensions, Bahati Lukwebo a adressé une communication à ses collègues sénateurs dans laquelle il précise :
- Une mauvaise interprétation : Il soutient que ses propos ont été « sortis de leur contexte » et qu’il n’est pas opposé par principe à une révision, mais plaidait pour un débat préalable au sein de la majorité.
- Dénonciation d’une cabale : Son parti dénonce une campagne de désinformation visant à ternir son image.
- Acte de loyauté : Il a déclaré : « Je présente mes excuses et réaffirme ma loyauté au Chef de l’État… ainsi que mon engagement au sein de l’Union sacrée de la Nation ».
Malgré ce “mea culpa”, une partie de la presse et de la classe politique reste sceptique, qualifiant ce rétropédalage de manœuvre pour conserver son poste au bureau de la chambre haute.
Le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, a présenté ses excuses à ses collègues sénateurs et réaffirmé sa loyauté au chef de l’État, Félix Tshisekedi, dans une communication adressée aux membres de la chambre haute du Parlement.
« Je présente mes excuses et réaffirme ma loyauté au chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi que mon engagement au sein de l’Union Sacrée de la Nation », a-t-il déclaré.
Dans ce message, il affirme que ses propos tenus lors de sa conférence de presse du 4 mars 2026 ont été mal interprétés. Le deuxième vice-président du Sénat explique que certaines déclarations ont été sorties de leur contexte, notamment celles liées à la question d’une éventuelle révision de la Constitution.
Modeste Bahati Lukwebo dénonce ce qu’il qualifie de « cabale » autour du dossier relatif à l’acquisition de la succursale Bralima de Bukavu par le groupe Heineken. Il assure également soutenir les initiatives de paix en cours dans la région des Grands Lacs, notamment l’Accord de Washington sur la crise dans l’Est de la RDC.
Le quotidien Le Phare s’intéresse à la position de l’AFDC-A et titre : « Bahati Lukwebo, un rétropédalage qui ne change rien ».
Le journal rapporte que l’autorité morale de ce regroupement a clarifié ses propos et présenté ses excuses après ses récentes déclarations sur la Constitution. Une information relayée par Actualite.cd et Actu30.cd, qui précisent que le sénateur Bahati Lukwebo a réitéré sa loyauté au Chef de l’État.
De son côté, Actualité.cd titre : RDC : Lukwebo clarifie ses propos en rapport avec la Constitution
Le média note que le deuxième vice-président du Sénat, Bahati Lukwebo revient une semaine après pour clarifier ses propos tenus au cours d’un point de presse au cours duquel il s’est notamment prononcé sur le changement ou la modification de la constitution. Dans un message écrit, Lukwebo clame avoir mal été compris en répondant à une question « hors sujet » d’un journaliste.
« Ma réponse a été mal comprise lorsque je disais qu’il faut d’abord changer de mentalités avant de changer la Constitution et donc le problème des textes ne se pose pas mais c’est plutôt un problème d’application par les hommes. Nulle part, il est sorti de ma bouche que je m’opposais à la modification de la Constitution. J’avais plutôt suggéré qu’on en débatte dans le cadre de l’Union sacrée de la Nation », rapporte actualite.cd.
Pour lui, « certains se sont accrochés à quelques passages, les sortant de leur contexte ». M. Lukwebo était interrogé ce jour-là sur un slogan largement vulgarisé ces derniers temps par les sympathisants du pouvoir qui affirment que « Tshisekedi n’a pas de mandats, mais plutôt de mission », sollicitant la prolongation de son bail à la tête du pays. En réaction, Lukwebo affirmait qu’il considère le Chef de l’État comme un républicain disposant d’un mandat qui s’achève en 2028, avant d’envisager toute autre possibilité.
Sur la même thématique : La Tempête des Tropiques informe qu’une déclaration officielle a été publiée par les cadres de l’AFDC-A. Le regroupement y réaffirme son soutien « total et inconditionnel » à Félix Tshisekedi, se désolidarisant de toute ambiguïté sur la question constitutionnelle. Dans le même camp politique, Le Lauréat rapporte que le regroupement de Didier Budimbu, l’AVC, se prononce désormais ouvertement en faveur d’un éventuel troisième mandat pour l’actuel Président de la République.
Le débat sur la Loi fondamentale est à la Une du tri-hebdomadaire Congo Nouveau.
Le journal note : « Débat sur le changement de la Constitution : l’Est occupé, des politiciens dans la distraction ».
Dans ses colonnes, le confrère souligne que pendant que des discussions politiques s’intensifient dans la capitale, plusieurs territoires en Ituri et au Nord-Kivu demeurent sous l’occupation de forces étrangères et de groupes armés. Congo Nouveau fustige ce qu’il qualifie de déconnexion entre les priorités de la classe politique et l’urgence de la restauration de la paix pour les milliers de déplacés vivant dans des conditions précaires.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE


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