Un test pour la souveraineté énergétique du Maroc

DAKAR,28 MARS 2026(JVFE)-La souveraineté énergétique du Maroc est testée par sa forte dépendance aux importations de combustibles fossiles (68% à 88% de dépendance), exacerbée par l’absence de raffinerie nationale et de capacités de stockage, exposant le royaume aux chocs de prix. Le pays accélère cependant sa transition avec l’éolien et le solaire, visant 52% d’énergies renouvelables d’ici 2030. 

D’ailleurs, lors d’un sondage réalisé en 2023, 51,6 % des personnes interviewées réclamaient déjà cette mesure. D’une manière géné…

Le Maroc peut passer d’une dépendance énergétique de près de 88% aujourd’hui à 35% en 2040 et moins de 17% en 2050. En parallèle, …

Depuis 2015, la capacité installée en énergies vertes a pratiquement doublé. La capacité éolienne a triplé de manière impressionna…

L’objectif escompté consiste à renforcer la souveraineté énergétique du pays et à préserver le pouvoir d’achat des citoyens, éreinté par l’inflation depuis le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne, souligne El Houssine El Yamani, secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz.

Comme solution, le dirigeant syndical propose l’abrogation de la libéralisation des prix des carburants et le plafonnement des marges des opérateurs et l’allégement fiscal, sans omettre la renonciation à la taxe (plus de 4 dirhams sur le gasoil et plus de 5 dirhams sur l’essence).

Autre point non moins important, poursuit-il, réside dans le fait que l’Etat est appelé, plus que jamais, à se doter d’une politique préventive en procédant au relancement de l’unique raffinerie nationale (Samir) , tout en œuvrant à freiner l’exploitation des crises par les grands opérateurs de distribution.

Cet avis a été largement partagé par l’Institut des études sociales et médiatiques, qui, dans un rapport intitulé « L’impact de la crise du détroit stratégique d’Hormuz sur le marché des hydrocarbures au Maroc », met l’accent sur la place primordiale de la Samir dans l’économie nationale.

Selon les auteurs du rapport, cette crise est survenue à un moment où l’économie nationale cherchait à consolider sa reprise. Cependant, la dépendance énergétique quasi-totale vis-à-vis de l’étranger, qui atteint plus de 94 % des besoins énergétiques importés, a placé le Maroc parmi les pays les plus exposés aux risques. Cela étant, « l’absence d’une raffinerie nationale en activité a rendu le marché marocain organiquement lié aux prix des produits raffinés sur le marché international », note le document. 

Le rapport évoque, en outre, la question de l’efficacité du stock stratégique et l’augmentation immédiate des prix à la pompe, ce qui laisse planer des soupçons d’un accord préalable ou de complicité entre les opérateurs de distribution, comme le soulignent les associations de défense des consommateurs. 

Malgré les avancées, le taux de dépendance énergétique reste élevé (environ 68% en 2024), rendant l’économie vulnérable aux fluctuations géopolitiques.

L’absence de la raffinerie Samir limite la sécurité énergétique, rendant le stockage à long terme difficile.

Le Maroc a doublé sa capacité installée en énergies vertes depuis 2015. En 2020, les énergies renouvelables contribuaient à 20% de l’offre d’électricité, principalement grâce à l’éolien (62% du renouvelable).

Environ 40 milliards de dollars sont prévus d’ici 2030, dont 30 milliards pour le renouvelable.

Le pays ambitionne de réduire sa dépendance énergétique à 35% en 2040 et moins de 17% en 2050.

Le Maroc se positionne sur l’hydrogène vert pour renforcer son indépendance et la compétitivité de son industrie. 

La souveraineté énergétique du Maroc repose sur sa capacité à accélérer la transition vers le renouvelable, à développer le stockage, et à maîtriser sa demande en énergie. 

En termes plus clairs, l’adoption des mesures urgentes et de solutions structurelles, comme la raffinerie Samir et les énergies renouvelables,  est la seule voie pour briser le cycle de dépendance aux fluctuations géopolitiques mondiales, insistent les auteurs du rapport.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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