DAKAR,20 avril 2026(JVFE)-Le Togo a officiellement lancé sa nouvelle stratégie pour le Sahel (2026-2028), réaffirmant son ambition de « servir de pont » entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la communauté internationale .
Le Togo a déclaré, ce samedi 18 avril ,vouloir “servir de pont” entre le Mali, le Niger, le Burkina Faso, ces pays du Sahel dirigés par des militaires qui ont quitté la Cedeao qu’ils estiment notamment inféodée à la France.
Cette annonce marque une étape supplémentaire dans le rapprochement entre Lomé et l’AES. En marge de cette rencontre, Robert Dussey a également évoqué la possibilité pour le Togo d’envisager une adhésion plus formelle à la Confédération des États du Sahel à l’avenir, une annonce qui a été saluée par les représentants sahéliens présents .
L’ONU a d’ailleurs salué ces efforts, qualifiant la démarche togolaise de contribution importante à la paix et à la stabilité régionale
Le Togo a présenté sa nouvelle stratégie pour le Sahel lors d’une réunion de haut niveau réunissant les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Niger et du Mali et des représentants d’organisations régionales et internationales, ainsi que des envoyés spéciaux dont celui de la France.
“Le Togo est prêt à mettre son expertise en médiation et son ancrage régional au service de la stabilité pour servir de pont entre le Sahel et l’ensemble de la communauté internationale”, a déclaré Robert Dussey, le ministre togolais des Affaires étrangères, à l’occasion de la réunion.
L’AES est enclavé au milieu des pays d’Afrique de l’ouest et le Togo peut de fait servir de couloir vers l’océan pour leurs exportations mais aussi pour recevoir de l’aide, notamment militaire.
Ces pays, anciens membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedea) sont confrontés à des violences djihadistes de groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique qui ont fait des milliers de morts sur de larges pans de leurs territoires. Ces groupes étendent leur influence vers les États côtiers comme le Togo et le Bénin. Depuis la série de coups d’États des années 2021 et 2023, c’est essentiellement la Russie qui fournit l’aide militaire.
Cette position diplomatique, portée par le ministre des Affaires étrangères Robert Dussey, s’articule autour de plusieurs axes stratégiques :
Lomé se positionne comme un médiateur privilégié pour faciliter le dialogue entre les pays de l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger) et les organisations régionales (comme la CEDEAO) ou les partenaires internationaux .
Le Togo utilise le Port Autonome de Lomé comme un levier économique majeur, offrant des facilités de transit et des réformes douanières spécifiques pour désenclaver les pays de l’AES et les connecter aux marchés mondiaux .
Le pays propose son savoir-faire en matière de gestion des crises pour stabiliser la région face aux menaces terroristes transfrontalières .
Le gouvernement togolais souligne que sa stratégie n’est pas qu’un document technique, mais une « main tendue » formelle à ses voisins du Sahel, fondée sur les idéaux du panafricanisme .
Ce rôle d’entremetteur est d’autant plus significatif que le Togo avait déjà évoqué, dès 2025, la possibilité de rejoindre la Confédération des États du Sahel.
“La nouvelle stratégie du Togo pour le Sahel n’est pas un simple document d’orientation, mais une main tendue et un cadre de collaboration formelle”, a précisé Robert Dussey. “L’avantage de cette stratégie, c’est surtout le fait de placer le Sahel et les Sahéliens au centre de la réflexion”, s’est réjoui Karamoko Jean Marie Traoré, ministre burkinabè des Affaires étrangères.
“On ne peut pas raser la tête de quelqu’un en son absence”, a ajouté Abdoulaye Diop, le chef de la diplomatie malienne qui a salué l’association de l’AES à la rédaction de la stratégie togolaise pour le Sahel et à sa mise en œuvre.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

