DAKAR,21 avril 2026(JVFE)-En date du 21 avril 2026, la Banque africaine de développement (BAD) a suspendu ses décaissements en faveur du Sénégal en raison d’arriérés de paiement ,affectant de manière significative le portefeuille de projets au Sénégal.
Détails de la mesure
- Montant gelé : Environ 1 630 milliards de FCFA .
- Cause directe : Un défaut de paiement sur des échéances de dette arrivées à maturité que l’État sénégalais n’a pas honorées .
- Impact opérationnel : Entre 35 et 39 projets de développement sont actuellement paralysés à travers le pays .
- Conséquences sociales : Des retards de paiement de salaires sont signalés pour les travailleurs liés à ces projets .
Cette sanction intervient dans un climat de forte tension sur les finances publiques sénégalaises :
- Dette cachée : Des audits récents ont révélé une dette non déclarée estimée à environ 13 milliards de dollars héritée de l’administration précédente .
- Niveau d’endettement : L’encours réel de la dette publique est désormais estimé à plus de 130 % du PIB .
- Relations multilatérales : Parallèlement à la BAD, le Fonds Monétaire International (FMI) a également suspendu ses programmes de prêt depuis 2024 en attendant des éclaircissements sur la viabilité de la dette
Ce gel des décaissements affecte de manière significative le portefeuille de projets au Sénégal.
Dans le cadre de la 28e Conférence des Nations unies sur le climat (COP28) à Dubaï, le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé son approbation d’une « garantie partielle » de crédit d’environ 400 millions d’euros en faveur du Sénégal. Cette initiative vise à faciliter l’accès du pays au marché international du financement durable, tout en offrant des conditions particulièrement avantageuses.
Pour rappel ,Le Sénégal et la Banque africaine de développement (BAD) avaient signé, à Dakar, des accords de prêt portant sur le financement de quatre projets phares du Plan Sénégal Émergent (PSE) pour un montant global de 123 milliards de FCFA (187,5 millions euros).
Ces accords ont été signés par le ministre sénégalais de l’Économie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, et Marie-Laure Akim-Olugbade, Directrice générale de la BAD en charge des opérations en Afrique de l’Ouest.

Le ministre sénégalais de l’Économie, des Finances et du plan, Amadou Bâ et la directrice générale de la Banque africaine de Développement en charge des opérations de l’Afrique de l’Ouest, Marie-Laure Akim-Olugbade.
« Ces accords de prêt pour d’importants projets visent la consolidation de la croissance économique du Sénégal et la réalisation des objectifs du PSE », avait déclaré Marie-Laure Akim-Olugbade.
Le premier de ces quatre projets, d’un coût de 56, 8 milliards de FCFA, porte sur la réhabilitation de la route Sénoba-Ziguinchor-M’pack et le désenclavement des régions Sud du Sénégal, alors que le deuxième, d’un montant de 15,8 milliards de FCFA, a trait au désenclavement des zones de production en appui au Programme national de développement local (PNDL).
Le troisième cible le développement des compétences et de l’entreprenariat des jeunes dans les secteurs porteurs pour un montant de 11 milliards de FCFA, tandis que le quatrième, d’un coût de 39, 4 milliards de FCFA, vient en appui au Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC). Destiné au monde rural, il cible les infrastructures routières, énergétiques et socio-économiques de base, à savoir l’eau, l’assainissement et la santé.
« La mise en œuvre de tous ces projets revêt un caractère prioritaire aussi bien pour le gouvernement du Sénégal que pour la BAD. Leur financement traduit la confiance que les plus hautes autorités de la BAD ont pour le Sénégal en raison de la maîtrise et de la stabilité des agrégats macro-économiques, mais surtout de la solvabilité et de la pertinence des choix d’investissement », a indiqué, de son côté, M. Amadou Bâ.
À noter que les approbations de ressources de l’Institution financière panafricaine pour le Sénégal sont estimées à 715 millions de dollars (plus de 403 milliards de F CFA) pour l’année 2018.
La BAD a émis un communiqué expliquant que cette garantie a pour objectif d’améliorer l’accès du Sénégal au financement durable, favorisant ainsi la mobilisation d’un premier financement équivalent à 500 millions d’euros, conforme à son document-cadre de financement durable adopté en juin 2023.
La garantie de la BAD fonctionne comme une protection pour les établissements financiers qui envisagent de financer cette opération, les sécurisant contre d’éventuelles pertes résultant d’un défaut de paiement sur cet emprunt, évalué à 400 millions d’euros.
En outre, cette garantie offre au gouvernement sénégalais la possibilité de contracter une partie du financement en franc CFA, contribuant ainsi à améliorer le profil de viabilité de la dette du pays, comme souligné dans le communiqué. Il est précisé que cette approche garantit au Sénégal un financement à un coût plus favorable, comparé à une opération sans garantie.
Le document-cadre de financement durable du Sénégal, adopté en juin 2023, stipule que le produit de cet emprunt sera exclusivement alloué à des investissements verts et à caractère social. Les secteurs visés incluent l’agriculture, la protection sociale, la lutte contre la pauvreté, l’eau, l’assainissement, la santé, l’éducation, l’emploi, l’inclusion financière des jeunes, la connectivité, la promotion des énergies à faible carbone et la préservation de la biodiversité.
Le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, a reçu ce lundi 16 mars 2026, une mission de la Banque Africaine de Développement (BAD), dirigée par Nnenna Nwabufo, Vice-Présidente chargée du Développement régional, de l’Intégration et de la Prestation de services.
« Cette rencontre a été l’occasion de discuter de l’état de la coopération entre le Sénégal et le Groupe de la BAD, qui est un partenaire privilégié de notre pays. Les échanges ont également porté sur le cadrage macroéconomique, les réformes afférentes à la situation des finances publiques, mais aussi sur le recyclage d’actifs », renseigne une note du ministère de l’Economie.

D’après la même source, le ministre Abdourahmane Sarr s’est réjoui des convergences de vue avec la BAD et des perspectives de collaboration annoncées, afin d’accompagner la prise en charge des priorités nationales de l’agenda 2050 et de la SND 2025-2029.
JVFE vous donne les points clés de cette situation au 21 avril 2026 :
Cette initiative de la BAD démontre l’engagement en faveur du développement durable et de la lutte contre les changements climatiques, offrant au Sénégal un levier financier significatif pour soutenir des projets cruciaux dans des secteurs clés, favorisant ainsi la croissance économique et le bien-être social du pays.
39 projets financés ou cofinancés par la BAD au Sénégal sont à l’arrêt en raison du blocage des paiements.
Le montant des financements gelés est estimé à 1 630 milliards de F CFA.
Le blocage est lié à une situation de “défaut de paiement” ou de fortes turbulences financières du Sénégal.
Les travailleurs engagés dans ces projets sont gravement touchés, avec plusieurs mois de salaires impayés, générant une crise sociale.
Ce blocage de la BAD s’inscrit dans un contexte où l’institution renforce le contrôle de la dépense publique et exige plus de transparence sur la dette des entreprises publiques.
Parallèlement, la BAD a continué de renforcer les capacités de gestion des projets au Sénégal en août 2024 pour améliorer l’absorption des financements, signe de difficultés préexistantes dans la gestion du portefeuille
L’économie sénégalaise est marquée par une mobilisation financière réussie de 304,15 milliards FCFA via un appel public à l’épargne, malgré des inquiétudes du FMI tablant sur une croissance modérée de 2,2%.
Le secteur agricole se dynamise par l’innovation des jeunes, tandis que les exportations de février ont augmenté de 9,8%.
Le Sénégal a mobilisé 304,15 milliards de FCFA lors de son premier appel public à l’épargne (APE) de 2026, dépassant les objectifs, avec une forte exposition de la BOAD sur la dette sénégalaise.
Le FMI projette une croissance de 2,2% pour 2026, plaçant le pays à la 37ème place sur 44 en Afrique subsaharienne, selon.
Cependant, des prévisions antérieures de la BAD tablaient sur une forte hausse grâce aux hydrocarbures.
Les exportations sénégalaises ont atteint 453,1 milliards de FCFA en février 2026, contre 412,6 milliards le mois précédent, une hausse de 9,8%.
La Banque Africaine de Développement (BAD) a bloqué des décaissements, affectant certains projets.
Par ailleurs, le bilan de l’an I du Pacte de stabilité sociale a été dressé par le gouvernement.
La Banque Africaine de Développement (BAD) a effectivement bloqué ses décaissements en faveur du Sénégal en avril 2026 . Cette mesure fait suite à un défaut de paiement de l’État sénégalais sur des échéances de sa dette arrivées à terme .
Détails du blocage financier
- Cause principale : Non-remboursement par l’État du Sénégal de créances dues à l’institution financière .
- Impact budgétaire : Le Sénégal traverse une période de fortes tensions de trésorerie, avec un déficit budgétaire ayant dépassé 1 050 milliards de FCFA fin septembre 2025 .
- Volume financier concerné : Le portefeuille total de la BAD au Sénégal est estimé à environ 1 630 milliards de FCFA .
Projets affectés
Le gel des fonds fragilise directement 39 projets stratégiques essentiels pour le pays , notamment dans les secteurs suivants :
- Agriculture : Retards dans le financement des chaînes de valeur et des infrastructures rurales .
- Énergie : Menaces sur les programmes d’électrification et de transition énergétique .
- Infrastructures : Blocage de chantiers de construction et de réhabilitation routière .
Contexte de la dette sénégalaise
Ce blocage survient alors que le Sénégal fait face à une controverse sur sa dette publique. Des informations suggèrent que le gouvernement aurait contracté des emprunts complexes (swaps) de 650 millions d’euros en 2025 pour éviter un défaut de paiement plus précoce, bien que les autorités affirment avoir agi en toute transparence . Le niveau d’endettement du pays est désormais estimé à plus de 132 % du PIB.
Voici les précisions sur les secteurs touchés et l’état des négociations suite à la suspension des décaissements de la Banque Africaine de Développement (BAD) au Sénégal.
Secteurs prioritaires et projets impactés
Le gel concerne 39 projets stratégiques essentiels à l’économie nationale .
- Social et Emploi :
- Le personnel des programmes financés par la BAD subit une situation critique, avec plus de trois mois d’arriérés de salaires .
- Infrastructures et Construction :
- Arrêt ou ralentissement des chantiers nationaux, mettant à mal la politique de “zéro retard” du gouvernement .
- Les entreprises prestataires sont lourdement impactées, se retrouvant endettées auprès des banques locales par manque de paiement de l’État .
- Agriculture (Chaînes de valeur) :
- Menaces sur les zones de transformation agro-industrielle (Kaolack, Kaffrine, Fatick) et les programmes de résilience climatique .
- Énergie :
- Risques sur les projets d’électrification rurale et de soutien aux centrales solaires .
État des négociations et mesures de sortie de crise
Le gouvernement sénégalais tente de stabiliser la situation pour restaurer la confiance des bailleurs de fonds.
- Dialogue avec la BAD : Une mission préparatoire pour la nouvelle stratégie pays (2026-2030) a été lancée pour définir les priorités futures, malgré le blocage actuel .
- Négociations avec le FMI : Le Sénégal cherche à conclure un nouvel accord pour combler ses besoins de financement, estimés à environ 25 milliards de dollars . Des avancées ont été notées sur la correction des statistiques financières et l’audit de la dette “cachée” .
- Levée de fonds régionale : Pour pallier l’urgence et assurer les dépenses de première nécessité, l’État a sollicité le marché financier régional de l’UEMOA pour lever environ 658 milliards de FCFA .
- Réforme de la dette : Le ministre des Finances a défendu l’utilisation d’instruments financiers complexes (comme les Total Return Swaps) pour gérer la trésorerie en l’absence de programme actif du FMI .
Voici les détails sur les conditions de reprise des financements du FMI et les conséquences critiques pour le secteur du BTP au Sénégal.
Conditions du FMI pour la reprise des financements
Le FMI a suspendu un programme de prêt de 1,8 milliard de dollars suite à la révélation d’une “dette cachée” . Les discussions menées à Washington en avril 2026 sont jugées “positives”, mais le déblocage est conditionné par :
- Audit et transparence : Publication et validation complète des résultats de l’audit mené par l’Inspection générale des finances sur les arriérés de paiement et la dette non divulguée (estimée à 13 milliards de dollars) .
- Ajustement budgétaire : Engagement à ramener le déficit public à 5,37 % du PIB en 2026 (contre 13,4 % en 2024), avec l’objectif d’atteindre la norme UEMOA de 3 % d’ici 2027 .
- Réformes structurelles : Centralisation de la gestion de la dette et mise en place de mesures correctrices pour éviter tout futur “misreporting” (communication de données erronées) .
Impact sur le secteur local du BTP
Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics traverse une “urgence de survie” . Le cumul du gel de la BAD et de l’attente du FMI paralyse les entreprises locales :
- Arriérés de paiement : L’État doit d’importantes sommes aux entreprises prestataires, ce qui bloque leurs lignes de crédit auprès des banques .
- Arrêt des chantiers : Plusieurs projets d’infrastructure majeurs sont à l’arrêt, menaçant la pérennité des entreprises et les emplois du secteur .
- Cercle vicieux de l’endettement : Les entreprises ne peuvent plus honorer leurs propres créances, risquant des faillites en cascade .
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

