JUSTICE : le VERDICT de Monsieur Bachir Fofana reporté au 16 juillet

Dakar 09 juillet 2025(JVFE)-Le tribunal des flagrants délits de Dakar vient de reporter le verdict du journaliste Bachir Fofana initialement prévu ce mercredi 9 juillet, prolongeant ainsi sa détention provisoire en raison de la grève de l’administration du greffe du Sénégal.

Un journaliste se trouve une nouvelle fois derrière les barreaux. Bachir Fofana a été placé, mercredi 25 juin, en garde à vue puis placé sous mandat de dépôt. Il est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles.

Le président de l’Assemblée nationale avait porté plainte contre le journaliste après qu’il a évoqué des irrégularités dans le cadre d’un marché passé par l’institution dans l’achat de véhicules de fonction.

Pour rappel ,Bachir Fofana avait été arrêté le 25 juin 2025, placé en garde à vue, puis sous mandat de dépôt le 27 juin 2025, après son audition par la Division spéciale de cybersécurité.

La Coordination des associations de presse (CAP) appelle à sa libération immédiate et estime que « le recours à la garde à vue, dans ce type d’affaires, constitue une mesure disproportionnée et alarmante ».

« C’est une réaction de désolation et surtout aussi de tristesse, parce que c’est un confrère qui est aujourd’hui dans les liens de la prévention, pour un délit de presse. Or, nous nous sommes toujours battus pour la dépénalisation du délit de presse et ce n’est toujours pas effectif. Malheureusement, beaucoup de nos confrères et consœurs en payent le prix fort actuellement.

« Pour ce qui est de Bachir Fofana, nous avons tenté, en tout cas, de demander au président de l’Assemblée nationale de retirer sa plainte, ce qui permettrait à Bachir Fofana de ne pas aller en prison et que le dossier soit classé. Mais malheureusement, ce n’est toujours pas le cas. Nous ne désespérons pas et pensons que d’ici peut-être le procès, le président de l’Assemblée nationale retirera sa plainte ou bien, si ce n’est pas le cas, que la justice sera beaucoup plus bienveillante parce qu’en réalité, c’est la première fois que Bachir est poursuivi pour ce genre de délit », explique Ibrahima Lissa Faye, journaliste et coordinateur de la CAP, joint par RFI.

 Monsieur Bachir Fofana, jugé le 2 juillet dernier, est accusé de “diffusion de fausses nouvelles” liées à l’attribution controversée du marché des véhicules de l’Assemblée nationale. Il aurait affirmé, lors d’une émission, que le marché était attribué à Cheikh Guèye, celui impliquait dans l’affaire de corruption présumée de l’ancien ministre Ismaïla Madior Fall.

L’audience de Bachir Fofana a été marquée par un incident entre ses avocats et le président du tribunal, provoquant un renvoi initial au 16 juillet avant une reprise des débats après médiation. Le chroniqueur avait maintenu que ses informations provenaient d’une “source sûre”, tout en admettant que de nouveaux éléments pourraient contredire ses déclarations.  

Le Tribunal des flagrants délits de Dakar a rejeté la demande de mise en liberté provisoire déposée par Mes El Hadji Amadou Sall, Moustapha Dieng, Aboubacry Barro, Pape Sène, ses avocats.
Devant le juge, Bachir Fofana a réaffirmé ses propos, jugeant «détenir les éléments d’information de sa source sûre». Lors de sa prise de parole, Me El Hadji Diouf a interrogé le mis en cause avec une question fermée : «Reconnais-tu avoir diffusé de fausses nouvelles ?» Il répond : «Non !» Il enchaîne : «Je maintiens ma déclaration jusqu’à preuve du contraire. Je ne pense pas avoir diffamé, je ne pense pas avoir calomnié, ni divulgué une fausse nouvelle.»
Pour Me Barro, son client ne peut être poursuivi pour «diffusion de fausses nouvelles», du moment que jusqu’à présent, aucune preuve ou document officiel ne démontre que ce qu’a dit Bachir Fofana est faux. «Rien ne prouve que le marché n’ait pas été attribué au sieur Guèye.»

Les avocats qui se sont constitués pour la défense du journaliste, ont plaidé pour la relaxe tout simplement de leur client, après avoir estimé que le réquisitoire du procureur est trop sévère.
Présent au procès pour «témoigner son soutien à Bachir Fofana», Thierno Alassane Sall n’a pas manqué de commenter l’affaire. «On accuse Bachir Fofana de diffuser de fausses informations. Cependant, contre toute logique de transparence, non seulement l’appel d’offres restreint a été utilisé dans ce marché, mais même au Tribunal, l’Assemblée refuse de nommer l’attributaire», a dit le député. Avant de rappeler que «le président de l’Assemblée nationale avait promis la livraison des véhicules en juin. Nous sommes en juillet. Est-ce pour cacher la vérité durant le procès de Bachir Fofana que ce flou est maintenu ?». Pour le leader de la République des valeurs, «quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup».

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