Hôpital Général de Montréal : l’IA vous rappelle de laver vos mains -un voyant jaune, puis un discret signal sonore

DAKAR,29 Avril 2026 (JVFE)–À l’Hôpital général de Montréal, les soignants qui ne se lavent pas les mains avant de voir un patient recevront bientôt une alerte d’un système d’intelligence artificielle (IA), muni de capteurs 3D à infrarouge. Le centre hospitalier veut réduire les infections contractées dans ses murs.

L’Hôpital général de Montréal déploie un système d’intelligence artificielle pour rappeler au personnel soignant de se laver les mains avant d’entrer en contact avec un patient.

Cette initiative du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) vise à réduire drastiquement les infections nosocomiales contractées au sein de l’établissement. 

Fonctionnement du système d’IA

  • Capteurs 3D infrarouges : Fixés au plafond, ils analysent les mouvements du personnel à l’entrée des chambres.
  • Respect de la vie privée : L’anonymat est préservé grâce à une technologie sans reconnaissance faciale ni enregistrement vidéo.
  • Protocoles stricts : Le système vérifie si la friction dure au minimum 15 secondes. 

Signaux en temps réel 

  • 🟢 Voyant vert : L’hygiène des mains est validée et conforme au protocole.
  • 🟡 Voyant jaune : Alerte visuelle immédiate en cas d’oubli ou de lavage incomplet.
  • 🔊 Signal sonore discret : Relance auditive si l’alerte visuelle n’a pas suffi à déclencher l’action. 

Objectifs du projet

  • Réduire les infections : L’hygiène des mains reste l’arme numéro un contre la transmission des bactéries à l’hôpital.
  • Collecter des données : Les statistiques globales permettent d’ajuster en continu les politiques de prévention sanitaire de l’établissement.

Dans cet hôpital, 67 % des soignants se lavent convenablement les mains, selon les résultats du dernier audit mené en 2025-2026 et obtenu par La Presse grâce à une demande d’accès à l’information. Le taux de conformité à l’hygiène des mains devrait atteindre 80 %, d’après Santé Québec.

Dans le feu de l’action, bien des employés oublient de se laver les mains ou de les frictionner avec du gel hydroalcoolique, selon le DAlan Forster, directeur de l’innovation, de la performance et de la qualité au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), dont fait partie l’Hôpital général de Montréal.

Le nouveau système d’IA ambiante, appelé AIMS, vise à le leur rappeler. Le CUSM prévoit l’activer le mois prochain dans les chambres où il a déjà été installé, soit environ 15 % d’entre elles, indique le DForster.

« Ce n’est pas une caméra », précise-t-il. Aucune vidéo ou image fixe n’est enregistrée. Les capteurs 3D à infrarouge, fixés au plafond des chambres et des corridors, ne permettent pas d’identifier les individus, assure-t-il.

“L’intelligence artificielle est capable de détecter des types de mouvements spécifiques [comme] quand les mains ont été lavées versus quand elles ne l’ont pas été.”

 Le DAlan Forster, directeur de l’innovation, de la performance et de la qualité au CUSM

L’outil s’est avéré efficace à l’Hôpital d’Ottawa. Dans une unité d’essai, les soignants ont été près de 19 % plus nombreux à se laver les mains adéquatement après son implantation en 2023, indique le centre hospitalier. En 15 mois, les éclosions ont diminué de plus de 90 %, précise-t-il.

“L’hygiène des mains est une mesure « essentielle » pour réduire les infections dites nosocomiales, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans les pays développés, de 5 à 15 % des patients hospitalisés vont contracter une infection dans les murs de l’hôpital, signale-t-elle.

Au Québec, beaucoup de soignants omettent de se laver les mains lorsqu’ils interviennent auprès de patients. 

La Presse a fait une demande d’accès à l’information à une trentaine d’établissements de santé québécois afin d’obtenir le taux de conformité à l’hygiène des mains de leurs hôpitaux. Deux n’ont pas répondu. Certains ont fourni des chiffres globaux incluant les CHSLD – ils ont été exclus de notre calcul.

Selon les données obtenues, 15 hôpitaux sur 83 atteignent ou dépassent la barre des 80 % en 2024-2025. Près de 15 autres s’en approchent avec un taux de plus de 75 %.

L’Hôpital du Saint-Sacrement, situé à Québec, a obtenu un score de 39 % en 2024. En date du 1er avril, ce taux était passé à 43 %, selon le CHU de Québec – Université Laval, qui gère le centre hospitalier.

« L’hygiène des mains est un élément pris très au sérieux par l’organisation », écrit, dans un courriel, sa porte-parole, Marilou Couture. Des formations et activités de sensibilisation sont réalisées. Grâce à des « tournées de risque infectieux », l’équipe de prévention et de contrôle des infections (PCI) a pu accompagner les travailleurs, ajoute-t-elle.

À l’Hôpital régional de Rimouski, le taux s’est élevé à 57 % en 2024-2025. Le CISSS du Bas-Saint-Laurent reconnaît que ce centre hospitalier a de la « difficulté à atteindre de bons résultats ». L’établissement dit préparer un nouveau plan d’action et mener des campagnes de sensibilisation.

« On a aussi impliqué nos usagers en les invitant à rappeler poliment au personnel soignant l’importance de l’hygiène des mains lorsque nécessaire », indique son porte-parole, Gilles Bélanger, dans un courriel.

Le taux de conformité actuel à l’Hôpital général de Montréal est de 67 %, selon les derniers audits. Ce chiffre demeure inférieur à la cible de 80 % fixée par le ministère de la Santé au Québec. 

Taux de conformité et objectifs

  • 67 % : Taux actuel observé à l’Hôpital général de Montréal.
  • 80 % : Cible gouvernementale obligatoire au Québec pour contrer les infections nosocomiales.
  • +19 % : Hausse de conformité déjà constatée lors d’un projet pilote similaire mené à l’Hôpital d’Ottawa. 

Les technologies de capteurs déployées

Garantie d’anonymat : Les données captées par infrarouge ne génèrent aucune image fixe et n’identifient personne nominativement

Dispositifs AIMS : Ce système d’IA perceptive analyse les espaces de soins sans jamais filmer le personnel.

Capteurs 3D infrarouges : Fixés au plafond, ils prennent la forme d’une demi-sphère noire.

Analyse comportementale : L’IA détecte précisément le mouvement spécifique de friction des mains à l’entrée et à la sortie des chambres.

Les taux de conformité à l’hygiène des mains ont diminué au Québec après la pandémie de COVID-191. Il reste que les audits menés par les établissements de santé ne sont qu’une « photographie à un moment donné », rappelle Geneviève Campbell, présidente de l’Association des infirmières en prévention des infections.

Dans la majorité des cas, les gens savent quand ils doivent se laver les mains. Le défi, ce n’est pas tant la connaissance que les conditions, davantage, dans lesquelles les soins vont être donnés.

 Geneviève Campbell, présidente de l’Association des infirmières en prévention des infections

La charge de travail « élevée », le manque de personnel, la complexité des soins et la facilité d’accès aux moyens de se laver les mains peuvent influencer le comportement des soignants, affirme Geneviève Campbell.

Selon elle, il faut déterminer, avec les équipes de soignants sur le terrain, les obstacles au lavage des mains. Des stratégies peuvent ensuite être trouvées, poursuit-elle, pour tenter de faire de ce geste un réflexe, comme attacher sa ceinture en voiture.

« Il n’y a pas de recette magique, dit Geneviève Campbell. On n’a pas encore mis le doigt sur [la stratégie] qui fait que les gens se lavent les mains 100 % du temps. »

Avec notre Confrére Marie-Eve Cousineau ” Lapresse ” , Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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