L’ex-directeur du FBI James Comey accusé d’avoir menacé la vie de Donald Trump

DAKAR,29 Avril 2026 (JVFE)–L’ex-directeur du FBI James Comey, cible désignée de la vindicte de Donald Trump, a été de nouveau inculpé mardi, cette fois pour avoir menacé « la vie et l’intégrité physique » du président américain, selon l’accusation.

Le département de la Justice des États-Unis a inculpé pour une deuxième fois l’ex-directeur du FBI James Comey, bête noire de Donald Trump, mardi, l’accusant cette fois d’avoir menacé la vie du président américain.

James Comey, 65 ans, est visé par deux chefs d’accusation délivrés par un jury de Caroline du Nord pour une photo publiée sur les réseaux sociaux en mai 2025, interprétée par l’administration Trump comme une « menace » envers le président.

Cinq mois après l’annulation d’un premier procès intenté pour mensonges allégués au Congrès, le département de la Justice est revenu à la charge avec de nouvelles accusations liées à une photo publiée l’an dernier sur les réseaux sociaux.

Un grand jury de la Caroline du Nord a retenu deux chefs d’accusation contre l’ancien chef de la police fédérale, qui avait antérieurement été procureur général adjoint.

James Comey est accusé d’avoir sciemment et délibérément menacé d’attenter à la vie du président des États-Unis et de lui infliger des blessures corporelles “, et d’avoir transmis une menace de tuer le président par un moyen de communication relevant du commerce interétatique et étranger.

« Je suis toujours innocent, je n’ai toujours pas peur et je crois toujours en une justice fédérale indépendante », a réagi l’intéressé dans une vidéo partagée sur la plateforme Substack.

L’annonce de son inculpation intervient trois jours après des coups de feu au gala de la presse à Washington, dont le principal suspect a été inculpé lundi, notamment de tentative d’assassinat du président américain.

Donald Trump a limogé début avril sa procureure générale Pam Bondi, à la suite notamment d’une série de piteux échecs de son département à poursuivre pénalement des cibles expressément désignées par lui. Il a nommé pour assurer l’intérim à ce poste stratégique Todd Blanche, jusqu’alors numéro 2 du département, qui est également un de ses anciens avocats personnels.

Au cours d’une conférence de presse, le procureur général par intérim des États-Unis, Todd Blanche, a précisé que James Comey faisait l’objet d’un mandat d’arrêt. Selon CNN, il pourrait être arrêté dès mardi soir.

Dans une déclaration vidéo publiée sur les réseaux sociaux, M. Comey a réitéré sa volonté de se défendre, comme il l’avait fait lors de sa première inculpation, l’an dernier.

Bon, ils sont de retour“, a-t-il lancé dans un message d’une trentaine de secondes.” Je suis toujours innocent, je n’ai toujours pas peur et je crois toujours en l’indépendance de la justice fédérale, alors allons-y“, a-t-il affirmé.

Il encourt 10 ans d’emprisonnement pour chaque chef d’accusation, a précisé M. Blanche.

Je pense qu’il est juste de dire que menacer la vie de quiconque est dangereux et potentiellement criminel. Menacer la vie du président des États-Unis ne sera jamais toléré par le département de la Justice“, a affirmé le procureur général par intérim.

L’ancien directeur du FBI est poursuivi pour une photographie qu’il a publiée sur le réseau Instagram en mai 2025. La photo montrait des coquillages disposés sur le sable pour former les chiffres 8647.

La photo montrant les chiffres 8647 dans une publication de James Comey du 15 mai 2025 sur Instagram coiffait la phrase « Belle disposition de coquillages [vue] lors de ma promenade sur la plage ».

Photo : Instagram / James Comey

Cette image « serait interprétée par un destinataire raisonnable au courant des circonstances comme une expression grave de l’intention de porter atteinte au président des États-Unis », selon l’acte d’accusation.

Le principal membre démocrate de la commission judiciaire du Sénat, Dick Durbin, a déploré dans un communiqué une nouvelle attaque contre James Comey de la part d’un « ministère de la Justice instrumentalisé pour le compte d’un président revanchard ».

Au moment des faits, James Comey s’était expliqué dans un message sur Instagram.

« J’ai publié plus tôt une photo de coquillages que j’ai vus ce matin lors d’une balade sur la plage, et j’ai estimé que c’était un message politique. Je ne m’étais pas rendu compte que certaines personnes associaient ces chiffres avec de la violence. Je n’ai jamais eu cela à l’esprit, mais je m’oppose à toute forme de violence, et j’ai donc retiré la publication », avait-il écrit.

Les autorités fédérales américaines avaient alors annoncé une enquête du Secret Service, chargé de la protection des hautes personnalités, sur cette « menace » formulée selon elles contre Donald Trump.

« Il appelle à l’assassinat du président », avait réagi ce dernier.

Lors de sa première conférence de presse en tant que le procureur général par intérim, le 7 avril, Todd Blanche avait justifié les poursuites visant des cibles désignées par Donald Trump.

« Il y a des milliers d’enquêtes et de poursuites en cours dans ce pays actuellement et il est vrai que certaines concernent des hommes, des femmes et des entités avec lesquels le président a été en conflit par le passé, et dont il considère qu’ils doivent faire l’objet d’enquêtes », avait reconnu M. Blanche.

“Un destinataire raisonnable qui est familier des circonstances “interpréterait cette image “comme l’expression sérieuse d’une intention de nuire au président Trump”, stipule l’acte d’accusation de deux pages.

Selon des dictionnaires traditionnels comme le Merriam-Webster, le terme 86, utilisé comme un verbe, revêt le sens d’expulser, de congédier ou de démettre quelqu’un, mais des dictionnaires américains de la langue populaire vont jusqu’à dire que cela signifie tuer. Les chiffres 47 peuvent être interprétés comme une référence à Donald Trump, 47e président américain.

Les partisans du président et le camp républicain avaient dit voir dans la publication une menace d’assassinat.

“Se disant opposé à toute forme de violence”, M. Comey avait retiré sa publication, affirmant ne pas avoir réalisé que ce message politique pouvait être associé à de la violence.

Donald Trump avait cependant contesté son explication. Si tu es le directeur du FBI et “si tu ne sais pas ce que ça voulait dire, ça veut dire “assassinat”,” avait-il affirmé sur les ondes de Fox News, disant que même les enfants le comprenaient. À l’époque, l’administration Trump avait indiqué que M. Comey avait été interrogé par les services secrets.

Le président américain tient James Comey responsable de l’enquête sur l’ingérence de la Russie dans la présidentielle de 2016, qui a marqué son premier mandat. C’est lui qui dirigeait le FBI au début de l’enquête, qui s’intéressait aussi aux liens entre Moscou et l’équipe de campagne du politicien républicain.

Donald Trump a régulièrement décrié l’enquête, ultimement confiée à un procureur spécial, comme un canular et une chasse aux sorcières.

Il avait congédié James Comey en mai 2017.

Les démocrates ont dit voir dans la mise en accusation de lundi une nouvelle preuve de la politisation du système de justice par l’administration Trump.

“Les tentatives pernicieuses de Trump pour abuser du système judiciaire se manifestent une fois de plus avec sa deuxième inculpation pathétique” de James Comey, a par exemple écrit sur X le leader de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

Cité par le New York Times, le sénateur démocrate Richard Durbin a quant à lui critiqué la complaisance des dirigeants du département de la Justice, prêts à se plier aux pires instincts du président américain et à son besoin de vengeance mesquine.

Un procureur général par intérim prompt à vouloir faire ses preuves

C’est la première inculpation d’un adversaire du président depuis le congédiement de Pam Bondi, remplacée à titre intérimaire par le numéro deux du département, Todd Blanche, au début du mois.

Selon plusieurs journalistes américains, M. Blanche, un ancien avocat personnel de Donald Trump, espère hériter du poste de façon permanente.

La semaine dernière, il a par ailleurs annoncé l’inculpation de la Southern Poverty Law Center, une organisation de défense des droits civiques, accusée par le département de la Justice d’avoir fraudé ses donateurs en rémunérant des informateurs au sein d’organisations extrémistes.

Connue pour son travail de surveillance des groupes haineux et des mouvements extrémistes, elle a souvent été critiquée par les républicains, qui lui reprochent de cibler des organisations conservatrices.

Les médias américains avaient rapporté que le président avait notamment montré la porte à la procureure générale parce qu’il la jugeait trop lente à engager des poursuites contre ceux qu’il perçoit comme ses ennemis.

Donald Trump, qui a nommé des alliés loyaux jusqu’aux plus hauts niveaux du département de la Justice, ne s’est pas gêné pour appeler publiquement à l’inculpation, voire à l’emprisonnement de plusieurs de ses détracteurs ou de ceux qui l’ont visé avec des enquêtes, qualifiés de criminels. En septembre, il avait publiquement enjoint à Pam Bondi de lancer des poursuites contre James Comey, mais aussi contre la procureure générale de l’État de New York, Letitia James, et le sénateur démocrate Adam Schiff.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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