DAKAR, 23 MAI 2026 (JVFE)—Les deux parties ont signé, ce vendredi 22 mai à Mexico, une version modernisée de l’accord global qui les lie ainsi qu’un accord intérimaire sur le commerce. De nombreux produits agroalimentaires européens bénéficieront d’un accès facilité au marché mexicain.
Les relations commerciales entre le Mexique et l’UE ne datent pas d’hier. Leur premier accord commercial est entré en vigueur en 2000. En 2025, les échanges bilatéraux ont excédé les 86 milliards d’euros, faisant de l’UE le troisième partenaire commercial du pays d’Amérique du Nord, après les États-Unis et la Chine. De son côté, le Mexique a exporté pour un peu plus de 33 milliards d’euros, principalement des machines, des appareils électroménagers, des produits chimiques ou encore des métaux de base.
L’Union européenne et le Mexique ouvrent un nouveau chapitre de leur partenariat stratégique à l’occasion de leur 8e sommet commun.
Les deux parties ont acté le renforcement de leur relation commerciale, dans un contexte marqué par les menaces répétées de Donald Trump.
L’accord global modernisé entre l’Union européenne et le Mexique ouvre ainsi le marché mexicain à la majorité des produits agroalimentaires européens.
Le nouvel accord prévoit d’éliminer 99 % des droits de douane sur les échanges qui ne sont pas déjà couverts par l’ancien traité.
Entre autres, les produits européens comme le fromage, la volaille, le porc, les confitures ou encore le chocolat et le vin verront leurs droits de douane en grande partie supprimés. Les procédures seront aussi simplifiées pour que les exportations agroalimentaires soient plus rapides.
Le Mexique compte, lui, étendre son marché sur les produits agricoles comme les avocats, les mangues, la tequila ou les bananes.
Principaux avantages agroalimentaires
- Fromages et produits laitiers : Suppression progressive des taxes sur les fromages affinés.
- Porc et volaille : Accès en franchise de droits pour la quasi-totalité des exportations.
- Vins et spiritueux : Élimination immédiate des barrières tarifaires dès l’entrée en vigueur.
- Chocolats et confiseries : Levée totale des taxes douanières sur ces produits transformés.
Protection et normes
- Indications géographiques : Protection de 340 produits traditionnels européens (ex: Comté, Champagne) contre la contrefaçon au Mexique.
- Normes sanitaires : Simplification des procédures d’inspection et d’approbation pour accélérer le passage en douane.
Dans la capitale mexicaine, la cheffe de l’État, Claudia Sheinbaum, ainsi que les présidents de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du Conseil européen, António Costa, ont signé une version modernisée de leur accord de libre-échange en vigueur depuis 2000.
Ce nouveau texte prévoit de supprimer l’essentiel des dernières barrières commerciales entre les deux partenaires et d’exonérer de droits de douane plus de 99 % des produits échangés. Il couvre aussi les marchés publics, les services, l’investissement, les PME, le climat et les droits du travail.
“L’UE et le Mexique sont déterminés à approfondir leur partenariat stratégique. […] Nous stimulerons les échanges commerciaux et les investissements afin de soutenir l’emploi et la croissance, tout en coopérant dans un large éventail de domaines d’action. Ensemble, nous construirons un avenir meilleur pour nos citoyens et pour la planète“, se félicite la cheffe de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen.
“L’Union européenne a besoin du Mexique. Le monde a besoin du Mexique“, avait prononcé le 21 mai devant le Sénat mexicain António Costa. Lors de cette allocution, le Portugais a rappelé que l’accord d’association entre UE et Mexique “a été une réussite“. Selon ses mots, ce dernier a généré “5,5 millions d’emplois au Mexique, 82 milliards d’euros d’échanges de biens et plus de 25 milliards d’euros d’échanges de services“.
L’Union européenne est le deuxième investisseur au Mexique, avec 209 milliards d’euros d’investissements. Elle constitue également le deuxième marché d’exportation pour les produits mexicains. De son côté, le Mexique est le deuxième partenaire commercial de l’UE en Amérique latine, et le premier si l’on rapporte les échanges au nombre d’habitants.
La signature d’un nouvel accord de partenariat stratégique politique, économique et de coopération (accord global modernisé) avec le Mexique s’accompagne de celle d’un accord de commerce intérimaire (iTA), dont les négociations se sont conclues en janvier 2025.
Cette nouvelle étape dans les relations entre les deux partenaires s’inscrit dans une démarche d’ouverture plus large de l’Union européenne sur le plan commercial, et notamment avec l’Amérique latine. En témoigne l’application provisoire, depuis le 1er mai 2026, de l’accord intérimaire sur le commerce avec les pays du Mercosur.
La Commission européenne souligne également d’autres bénéfices à cet accord comme un renforcement de « la chaîne d’approvisionnement en matières premières critiques locales » et une contribution « à la croissance des exportations de services de l’UE dans des secteurs clés tels que les services financiers, les transports, le commerce électronique et les télécommunications ».
« Grâce à cet accord, nous allons pouvoir éliminer les barrières qui subsistent encore au commerce et à l’investissement », a déclaré jeudi la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, lors du sommet.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
