Conflit au Moyen-Orient : l’Iran affirme avoir reconstitué ses forces armées et promet « une défaite écrasante » si Donald Trump relance le conflit

DAKAR, 23 MAI 2026 (JVFE)—L’Iran a accusé les États-Unis de saboter avec des “exigences excessives” les négociations pour mettre fin à la guerre, tandis qu’un changement d’agenda de Donald Trump alimente dans le même temps les spéculations sur une reprise des hostilités.

Cette déclaration accentue les tensions autour d’un cessez-le-feu de plus en plus fragile entre Téhéran et Washington. 

Alors que l’administration américaine affirmait avoir détruit la quasi-totalité des infrastructures de défense iraniennes lors de l’opération conjointe avec Israël en février 2026, les services de renseignement et les déclarations de Téhéran indiquent que l’armée iranienne s’est remise de ses pertes beaucoup plus vite que prévu.

Les Gardiens de la Révolution ont explicitement averti que si Donald Trump ordonnait de nouvelles frappes, la réponse militaire ne se limiterait pas au seul Moyen-Orient mais s’étendra bien au-delà de la région. 

Depuis l’instauration du cessez-le-feu précaire début avril 2026, Donald Trump souffle le chaud et le froid. Il a menacé à plusieurs reprises de « déchaîner l’enfer » ou de reprendre immédiatement les bombardements si l’Iran refusait les termes de son plan de paix.

Tandis que la Maison Blanche présente l’Iran comme un pays « vaincu militairement » et « proche de la défaite », les dirigeants iraniens affirment qu’ils ne plieront pas face au chantage américain et considèrent les exigences de Washington comme un sabotage des discussions. 

L’ESSENTIEL

  • L’Iran accuse samedi les États-Unis de saboter avec des “exigences excessives” les négociations pour mettre fin à la guerre. 
  • Le chef de l’armée pakistanaise, pays médiateur dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran, s’est rendu vendredi à Téhéran pour tenter de mettre fin à la guerre. 
  • Le président américain a annoncé qu’il ne pourrait pas assister au mariage de son fils aîné, alors que des médias américains rapportent que Washington envisage de nouvelles frappes sur Téhéran.
  • Les Bourses mondiales ont terminé la semaine dans le vert vendredi, espérant des développements positifs sur le Moyen-Orient. 

A Téhéran, le chef de l’armée pakistanaise s’entretient avec le ministre des affaires étrangères iranien

« Le maréchal Asim Munir est arrivé à Téhéran dans le cadre des efforts de médiation en cours », avait annoncé l’armée pakistanaise dans un communiqué publié vendredi soir (heure de Paris). Plusieurs agences de presse iranienne, dont ISNA et Tasnim, rapportent que les discussions ont repris, samedi à la mi-journée, entre l’envoyé pakistanais, dont le pays fait office de médiateur dans le conflit opposant Washington à Téhéran, et le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi.

L’Iran a toutefois tempéré les espoirs d’un accord imminent. « C’est la poursuite du processus diplomatique. On ne peut pas nécessairement dire que cela signifie que nous avons atteint un tournant ou une situation décisive », a mis en garde le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, Esmaeil Baghaei. Selon lui, les divergences demeurent « profondes » et des « questions importantes » restent en suspens : la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban, la situation dans le détroit d’Ormuz et le blocus américain des ports iraniens, a-t-il énuméré, cette fois cité par ISNA. A ce stade, le volet nucléaire, où là aussi l’écart entre les deux parties est grand, n’est pas abordé, a-t-il insisté.

Depuis l’entrée en vigueur d’une fragile trêve, le 8 avril, après plus d’un mois de conflit, une seule séance de négociations, infructueuse, s’est tenue, le 11 avril à Islamabad. Depuis, les discussions se poursuivent en coulisses. Résumant la situation, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a fait part vendredi, lors d’une réunion de l’OTAN en Suède, de « progrès ». « Mais on n’y est pas encore, a-t-il ajouté. J’espère que cela changera. Honnêtement, cela pourrait ne pas être le cas. » Malgré ces efforts diplomatiques, les déclarations martiales continuent de part et d’autre.

 Marco Rubio estime qu’il y a “une chance” que l’Iran accepte un accord dès aujourd’hui

Le président américain Donald Trump a ordonné à ses équipes de planifier un blocus prolongé de l’Iran. Cette stratégie de pression maximale vise à contraindre Téhéran à capituler sur le dossier nucléaire en prolongeant le blocus de plusieurs mois, malgré les tensions maritimes croissantes. 

L’administration américaine mise sur une stratégie d’asphyxie et d’effondrement économique pour forcer l’Iran à plier.

 Le président américain a évoqué la possibilité de maintenir le blocus “pendant plusieurs mois”.

 Bien que le détroit n’appartienne à aucun pays, l’Iran et Oman en sont les gardiens géographiques, et l’actuel conflit dans la région a poussé Téhéran à tenter d’empêcher les navires de passer. 

Enjeux et conséquences géopolitiques

Le détroit d’Ormuz est un passage névralgique pour l’approvisionnement énergétique mondial.

La zone iranienne peut théoriquement être contournée par les eaux territoriales d’Oman et des Émirats arabes unis, et des ports en eaux profondes comme Duqm permettent d’éviter ce point de passage stratégique.

Des navires marchands en provenance de ports iraniens ont réussi à franchir le détroit malgré l’interdiction, mettant déjà sous pression la mise en application du blocus.

Les Bourses mondiales finissent la semaine dans le vert, espérant des développements positifs sur le Moyen-Orient

Les Bourses mondiales ont terminé la semaine dans le vert vendredi, espérant des développements positifs sur le Moyen-Orient, l’engouement pour les valeurs technologiques apportant aussi un soutien.

A New York, le Dow Jones (+0,58% à 50.579,70 points) a terminé sur un record pour la deuxième séance d’affilée. Le Nasdaq a pris 0,19% et l’indice élargi S&P 500 a gagné 0,37%.

En Europe, la Bourse de Paris (+0,37%), de Francfort (+1,15%), ainsi que celle de Milan (+0,70%) et de Londres (+0,22%) ont toutes terminé en hausse.

“Le marché boursier semble s’appuyer sur l’idée que, même si la situation autour de l’Iran semble précaire, les deux parties sont en pourparlers et finiront par conclure un accord de paix”, commente auprès de l’AFP Patrick O’Hare, de Briefing.com.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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