DAKAR, 25 MAI 2026 (JVFE)–Moins de 24 heures après la démission surprise d’El Malick Ndiaye, l’Assemblée nationale s’apprête à élire Ousmane Sonko à sa présidence ce mardi 26 mai 2026. Ce basculement stratégique, qui intervient juste après son départ de la primature, redessine brutalement la carte du pouvoir au Sénégal et ouvre une ère d’incertitudes majeures entre l’exécutif et le législatif.
Ousmane Sonko est pressenti pour devenir le prochain Président de l’Assemblée nationale du Sénégal lors de la séance plénière prévue ce mardi 26 mai 2026 à 09 h 00.
Cette élection fait suite à un réalignement politique majeur après son départ du poste de Premier ministre.
Récemment démis de ses fonctions de Premier ministre par le Président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko : le leader du parti Pastef récupère immédiatement son mandat de député. Sa candidature à la présidence de la chambre basse est portée par la majorité absolue de son parti au sein de l’hémicycle.
La démission d’El Malick Ndiaye, un fidèle allié de Sonko, est largement interprétée par les observateurs politiques comme un retrait stratégique délibéré pour céder la place au leader du Pastef.
Le Pastef détient le contrôle des sièges à l’Assemblée nationale, ce qui garantit une issue favorable pour son candidat lors du vote.
Bien qu’affaiblie face à la majorité présidentielle actuelle, elle reste attentive aux fractures potentielles qui pourraient émerger entre l’exécutif de Bassirou Diomaye Faye et la nouvelle direction législative menée par Ousmane Sonko.
Conformément à l’avis officiel signé par le Premier Vice-Président, le Dr Ismaïla Diallo, la plénière suivra deux étapes majeures :
Officialisation : Enregistrement de la réintégration d’Ousmane Sonko dans ses fonctions de député.
Scrutin : Vote des parlementaires pour élire le successeur officiel d’El Malick Ndiaye.
Décisions du Bureau de l’Assemblée
Réintégration : Validation du retour d’Ousmane Sonko comme député.
Démission : Constat de la démission du Président Malick Ndiaye de son poste de président.
Statut : Malick Ndiaye conserve son mandat simple de député.
Calendrier de l’élection
Organe : Réunion de la Conférence des présidents finalisée.
Date : Élection du nouveau Président fixée au mardi 26 mai.
L’élection attendue d’Ousmane Sonko au perchoir ce mardi 26 mai 2026 va profondément redéfinir l’équilibre des pouvoirs au Sénégal. Le tandem exécutif-législatif entre le Président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko entre dans une nouvelle phase stratégique.
Ousmane Sonko, leader du parti majoritaire Pastef, se repositionne à la tête du pouvoir législatif après son départ de la primature.
Le pouvoir politique n’est plus concentré uniquement à l’avenue Roume (Présidence). Il se partage désormais de manière plus visible avec la place Soweto (Assemblée nationale).
Bassirou Diomaye Faye incarne l’institution présidentielle et la diplomatie, tandis qu’Ousmane Sonko contrôle la machine parlementaire et l’agenda législatif.
Disposant d’une majorité absolue à l’Assemblée, le Pastef va pouvoir faire voter les lois et les réformes du programme présidentiel sans blocage.
Les projets de loi stratégiques (réformes économiques, justice, souveraineté) initiés par la présidence seront examinés et adoptés dans des délais très courts.
Le risque d’une motion de censure ou d’une crise institutionnelle majeure entre l’exécutif et le législatif est quasiment nul à court terme.
La cohabitation entre un Président de la République constitutionnellement tout-puissant et un chef de parti très populaire au perchoir demandera une coordination permanente pour éviter les dualités au sommet de l’État.
L’Assemblée nationale devra trouver le juste équilibre entre le soutien total aux projets du Président Faye et son rôle constitutionnel de contrôle de l’action gouvernementale.
Les députés de l’opposition accueillent le retour d’Ousmane Sonko et la démission d’El Malick Ndiaye avec une posture offensive, dénonçant une instrumentalisation des institutions parlementaires à des fins de règlements de comptes politiques. Le limogeage d’Ousmane Sonko de la primature par le Président Bassirou Diomaye Faye et sa bascule immédiate vers le perchoir cristallisent les critiques.
Pour l’opposition, le retrait d’El Malick Ndiaye n’a rien d’un choix personnel spontané. Elle fustige un calcul politique orchestré par le Pastef pour offrir un lot de consolation à Ousmane Sonko.
Les opposants accusent le parti majoritaire de réduire l’Assemblée nationale à un terrain de jeu pour régler la crise interne et le schisme brutal apparu entre le Président et son ancien Premier ministre.
Plusieurs voix de l’opposition parlementaire évoquent la possibilité de boycotter la séance plénière du mardi 26 mai. Ils refusent de légitimer ce qu’ils qualifient de « parodie d’élection » visant uniquement à installer le deuxième personnage de l’État.
Des figures critiques soulignent que l’arrivée d’un Ousmane Sonko blessé politiquement à la tête du législatif va paralyser le pays et instaurer une guerre des tranchées destructrice avec le palais présidentiel.
L’opposition rappelle que ce retour forcé à l’hémicycle découle de l’échec d’Ousmane Sonko à la primature.
Les leaders de l’opposition affirment que cette agitation politique sert à détourner le regard des Sénégalais des véritables urgences économiques, notamment la crise de la dette et la vie chère
Le retour du leader : de la Primature à la Place Soweto
Le timing est chirurgical. Réuni en urgence ce lundi à 15 heures, le Bureau de l’Assemblée nationale a validé la réintégration d’Ousmane Sonko dans ses fonctions de député. Dans la foulée, le Président sortant de la chambre basse, El Malick Ndiaye, a déposé sa démission tout en conservant son mandat simple.
Pour les observateurs de la vie politique sénégalaise, ce jeu de chaises musicales n’a rien d’un hasard. Le retrait d’El Malick Ndiaye, fidèle parmi les fidèles, est un sacrifice stratégique délibéré pour céder la place au leader du Pastef. Limogé de son poste de Premier ministre par le Président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko rebondit immédiatement pour s’emparer du deuxième poste le plus important de l’État. La Conférence des présidents a acté le calendrier : le scrutin crucial s’ouvrira ce mardi à 9 h 00.
Une opposition vent debout face au « théâtre institutionnel »
Au sein de l’hémicycle, la réaction des députés de l’opposition ne s’est pas fait attendre. Les critiques fusent contre ce qu’ils qualifient de « parodie démocratique » et de « calcul politicien ». Plusieurs figures de l’opposition accusent la majorité de prendre les institutions de la République en otage pour régler les secousses internes provoquées par le schisme entre la présidence et l’exécutif sortant.
Face à la majorité absolue du Pastef qui garantit l’élection d’Ousmane Sonko, l’opposition brandit la menace d’un boycott total de la séance plénière de ce mardi. Au-delà du symbole, elle alerte sur l’instabilité économique que cette agitation politique pourrait provoquer, alors que le pays traverse une période de tensions budgétaires et de vie chère.
Avenue Roume vs Place Soweto : le spectre d’un pouvoir à deux têtes
L’installation annoncée d’Ousmane Sonko au perchoir change fondamentalement la gouvernance du pays. D’un côté, ce nouveau dispositif offre au pouvoir une fluidité législative inédite : avec une majorité acquise, les projets de réformes de la présidence seront adoptés sans résistance.
D’un autre côté, cette configuration pose la question de la gestion des ego au sommet de l’État. Comment va s’articuler la relation entre un Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, constitutionnellement chef de l’État, et un Président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, chef naturel de la majorité et figure ultra-populaire ? Le risque d’une guerre des tranchées institutionnelle entre le Palais présidentiel et le Parlement plane désormais sur la suite du quinquennat.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
