DAKAR, 07 JUIN 2026 (JVFE)—L’armée américaine a bombardé plusieurs sites radars côtiers iraniens le samedi 6 juin 2026, aggravant la fragilité du cessez-le-feu en vigueur dans la région.
Ces frappes menées par le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) ont principalement ciblé des installations de surveillance à Goruk et sur l’île de Qeshm, situées au niveau du détroit d’Ormuz
Les forces américaines affirment avoir agi en légitime défense après avoir abattu plusieurs drones d’attaque iraniens qui menaçaient le trafic maritime international dans le détroit d’Ormuz.
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a fait savoir que les États-Unis ne disposaient plus d’aucun lieu sûr dans la région.

En réponse à ces bombardements, les Gardiens de la révolution iraniens ont tiré au moins sept missiles balistiques vers des bases militaires américaines situées au Koweït et au Bahreïn. Six de ces missiles ont été interceptés par les systèmes de défense aérienne américains.
Téhéran accuse Washington d’avoir violé l’accord de trêve signé le 8 avril dernier, tandis que les États-Unis soutiennent que leurs opérations visent uniquement à protéger leurs troupes et la libre circulation maritime
Chronologie des récents affrontements (Mai – Juin 2026)
La situation entre les deux pays reste extrêmement instable, marquée par une série d’échanges de tirs :
- Début juin 2026 : Attaque iranienne à l’aide de drones contre l’aéroport international du Koweït, faisant un mort et des dizaines de blessés. Incident suivi du ciblage de navires marchands tentant de traverser le détroit d’Ormuz.
- Fin mai 2026 : Les États-Unis avaient déjà mené des frappes ciblées dans le sud de l’Iran contre des sites de lancement de missiles et des embarcations rapides qui tentaient de poser des mines maritimes.
- Février – Mars 2026 : Déclenchement d’une offensive à grande échelle par les États-Unis et Israël (nom de code Operation Epic Fury) visant à détruire les capacités militaires et les infrastructures nucléaires de l’Iran
L’Iran cible le Koweït et Bahreïn après des frappes américaines

Des passants défilent devant un panneau d’affichage représentant le défunt leader de la révolution islamique, l’ayatollah Rouhollah Khomeini (à gauche), et le défunt guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, dans une rue de Téhéran, en Iran, le 6 juin 2026.
L’Iran a mené samedi des frappes sur le Koweït et Bahreïn en riposte à des attaques américaines en dépit du cessez-le-feu, mettant encore davantage à mal des négociations qui patinent notamment sur la question des avoirs iraniens gelés.
Depuis la trêve du 8 avril, les hostilités avaient quasiment cessé entre les États-Unis et l’Iran. Mais elles ont récemment repris, en particulier autour du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran.
Ces nouveaux échanges de tirs interviennent alors que l’équipe iranienne de soccer s’est envolée pour le Mexique, leur camp de base pour la Coupe du monde coorganisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada.

Les joueurs iraniens embrassent le Coran avant de se rendre à l’aéroport d’Antalya, en Turquie, le 6 juin 2026, pour s’envoler vers le Mexique en vue de la Coupe du monde de soccer.
Les joueurs ont obtenu des visas pour entrer aux États-Unis, où ils doivent disputer leurs trois matchs de la phase de groupes dont le premier le 15 juin à Los Angeles, mais l’Iran a dénoncé un « traitement discriminatoire » alors que plusieurs membres de l’encadrement n’ont pas obtenu le sésame.
Dans le Golfe, le Koweït et Bahreïn, déjà ciblés en début de semaine, ont condamné des « agressions flagrantes » commises par l’Iran contre leur territoire, y voyant « une escalade dangereuse ».
Au cours de la nuit, les Gardiens de la révolution iraniens avaient indiqué avoir tiré, en représailles à des frappes américaines, des missiles balistiques vers la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, où sont stationnés des appareils américains, et le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn.
« Nous avons été réveillés par des explosions assourdissantes. Les déflagrations étaient extrêmement bruyantes. Mes enfants étaient terrifiés, et je n’arrivais pas à les calmer », a témoigné auprès de l’AFP Reem, une Égyptienne habitant au Koweït.
Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM), six missiles ont été interceptés et un septième n’a pas atteint sa cible.
L’armée a aussi évoqué des drones iraniens « lancés en direction du détroit d’Ormuz », une menace immédiate « pour le trafic maritime régional ».
Les forces américaines avaient auparavant frappé des sites de radars de surveillance côtière iraniens dans la ville de Goruk et sur l’île de Qeshm, une « violation flagrante du cessez-le-feu » selon l’Iran.
Sur le front diplomatique, rien n’a filtré sur l’avancée des négociations entre Washington et Téhéran ces derniers jours.
Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, parle dans un entretien à CNN d’« impasse ». Et appelle Donald Trump à « en sortir » en débloquant des fonds iraniens à l’étranger, gelés à cause des sanctions américaines.
S’il [Donald Trump] souhaite parvenir à un accord avec l’Iran, ces 24 milliards de dollars constituent un test de confiance […] que les États-Unis doivent réussir pour que la voie s’ouvre. C’est notre argent à nous, pas celui des États-Unis.
Selon une source proche du dossier, le Trésor américain examine la possibilité que ces avoirs puissent, au contraire, servir à compenser les pays du Golfe pour les dommages causés par les frappes iraniennes.
Autre point majeur de discorde, le Liban. Téhéran exige que tout accord avec Washington englobe la fin des hostilités sur le sol libanais entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, tandis que les États-Unis voudraient traiter les deux dossiers séparément.
Samedi, le chef de l’armée libanaise est parti rencontrer son homologue au Pakistan, principal médiateur dans les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran.
« Le Liban est une partie essentielle de ces négociations », a souligné une source proche du dossier.
Le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsen Naqvi, est lui arrivé à Téhéran, où il doit notamment rencontrer le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Au Liban, où la trêve en vigueur depuis le 17 avril n’a jamais été respectée, les combats et frappes se poursuivent malgré l’annonce mercredi, à l’issue d’une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington, d’un nouvel accord de cessez-le-feu – rejeté par le Hezbollah comme le précédent.
Trois soldats libanais ont été tués dans une attaque israélienne sur leur véhicule, qui a été condamnée par le président Joseph Aoun. Il s’en était pris la veille à l’Iran sommé de cesser d’intervenir dans les affaires de son pays.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
