DAKAR, 25 JUIN 2026 (JVFE)—Le Gabon possède un potentiel inexploité de 2 640 milliards de FCFA (soit 4,4 milliards de dollars) d’exportations supplémentaires d’ici 2030, selon les récentes analyses de l’Afreximbank. Cette projection indique que le pays pourrait faire passer ses expéditions annuelles de 9,4 milliards de dollars actuels à 13,8 milliards de dollars à l’horizon 2030.
Le Gabon veut changer d’échelle économique à travers son Plan National de Croissance et de Développement (PNCD 2026-2030), présenté comme la nouvelle boussole stratégique du pays pour les cinq prochaines années. Les autorités affichent une ambition forte, installer une croissance à deux chiffres à l’horizon 2030 grâce à une accélération massive des investissements publics et privés. Dans la continuité du Plan National de Développement de la Transition (PNDT), le futur programme s’appuie déjà sur une enveloppe estimée à 4 536 milliards FCFA destinée à financer 293 projets structurants couvrant plusieurs secteurs clés de l’économie nationale.
L’un des objectifs du PNCD concerne la progression du taux d’investissement global. Le gouvernement veut faire passer cet indicateur de 32,7 % du PIB en 2026 à 37,5 % du PIB d’ici 2030, afin de soutenir une croissance moyenne annuelle évaluée à 6,5 %. Cette montée en puissance des investissements doit notamment permettre de moderniser les infrastructures énergétiques, hydrauliques, routières, ferroviaires et aéroportuaires. Le programme cible également le numérique, le logement, l’agriculture, les mines ainsi que la transformation locale du bois et du manganèse, avec l’ambition de renforcer la valeur ajoutée produite sur le territoire.
📈 Les chiffres clés de la projection
- Volume actuel des exportations : 9,4 milliards de dollars par an.
- Volume cible d’ici 2030 : 13,8 milliards de dollars par an.
- Marge de progression : +4,4 milliards de dollars (2 640 milliards de FCFA).
🚀 Les leviers stratégiques de croissance
Pour capter cette opportunité financière, les autorités gabonaises s’appuient sur plusieurs axes de développement inclus dans le Plan National de Croissance et de Développement (PNCD 2026-2030) :
- La transformation locale des ressources : Intensification de l’industrialisation dans la Zone Économique Spéciale (ZES) de Nkok pour le bois et les produits miniers afin de stopper l’exportation de matières brutes.
- La diversification sectorielle : Volonté de réduire la dépendance historique au pétrole brut, qui pèse encore pour plus de la moitié des recettes, au profit des mines (manganèse), du gaz et de la filière bois.
- L’intégration régionale (ZLECAf) : Bien que les exportations vers l’Afrique ne représentent actuellement que 8,9 % des échanges globaux, le marché continental est ciblé comme un débouché majeur à fort potentiel de croissance.
- Le renforcement des infrastructures : Modernisation des réseaux de transport, énergétiques et logistiques pour faciliter l’acheminement des marchandises et réduire les coûts d’exportation.
Un financement articulé autour de trois piliers
Pour soutenir cette stratégie, l’État gabonais prévoit de mobiliser plusieurs sources de financement. Les ressources propres de l’État constituent le premier levier avec 2 045 milliards FCFA attendus. Les autorités comptent renforcer les recettes hors pétrole, qui devraient progresser de 14,8 % du PIB en 2025 à 21,6 % en 2030, grâce à l’élargissement de l’assiette fiscale, à l’amélioration du recouvrement des impôts et à une meilleure maîtrise des dépenses publiques. À cela s’ajoutent 1 276 milliards FCFA de financements extérieurs provenant des bailleurs internationaux, des emprunts concessionnels, des financements climatiques et des investissements directs étrangers.
Le troisième pilier repose sur les partenariats public-privé, évalués à 1 197 milliards FCFA. Le PNCD mise clairement sur le secteur privé comme moteur principal de la transformation économique du pays. Le gouvernement prévoit ainsi des mécanismes de financement innovants, des fonds de garantie, des dispositifs de microcrédit et des incitations fiscales afin de stimuler l’investissement productif.
Selon l’Afreximbank, le Gabon vise à doper ses exportations d’ici 2030 en misant sur la transformation locale, notamment dans l’agro-industrie (huile de palme, caoutchouc), la métallurgie, et la valorisation du bois, avec le soutien de la ZES de Nkok. Le plan de modernisation, estimé à 4 536 milliards de FCFA, s’appuie sur une stratégie mixte combinant ressources propres (2 045 Mds), financements extérieurs (1 276 Mds) et Partenariats Public-Privé (1 197 Mds) pour financer 293 projets structurants.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
