Le premier ministre canadien Mark Carney et le président américain Donald Trump se sont effectivement entretenus par téléphone le mercredi 24 juin 2026, en amont du sommet annuel de l’OTAN prévu les 7 et 8 juillet à Ankara, en Turquie

DAKAR, 27 JUIN 2026 (JVFE)—Le premier ministre canadien Mark Carney et le président américain Donald Trump se sont effectivement entretenus par téléphone le mercredi 24 juin 2026, en amont du sommet annuel de l’OTAN prévu les 7 et 8 juillet à Ankara, en Turquie.

M. Carney a précisé que le président américain l’avait appelé mercredi pour une longue discussion à laquelle ont participé d’autres hauts responsables, dont le secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth.

M. Trump et M. Carney ont également abordé l’OTAN, l’Iran et la situation générale dans le Moyen-Orient, a rapporté le premier ministre canadien. Il a préféré ne pas donner plus de détails, mais a dit que la discussion avait couvert des questions « à la fois courantes et structurelles ».  

« Ce fut une conversation très constructive sur les dossiers sur lesquels nous travaillons ensemble. Je pense qu’il vaut mieux attendre qu’ils aboutissent avant d’en parler », a dit M. Carney.

Le premier ministre a fait ces remarques aux journalistes lors d’une rare conférence de presse au Théâtre national de la presse à Ottawa, à l’occasion de la clôture de la session parlementaire printanière.

Interrogé sur les accusations passées des États-Unis selon lesquelles le Canada serait un profiteur au sein de l’OTAN, le premier ministre a répondu que le pays « faisait son devoir » au sein de l’alliance.

« Il reste encore des choses, sans aucun doute, mais nous avons mis en place le nécessaire pour atteindre la cible des 2 %, a-t-il soutenu. Nous sommes sur le bon chemin pour atteindre un total de 4 % d’ici la fin de cette décennie. »

En mars, l’OTAN a publié des estimations suggérant que le Canada avait atteint pour la première fois au cours de l’année écoulée la cible de dépenses militaires au sein de l’alliance, fixée à 2 % du PIB.

Le premier ministre a également indiqué que le Canada allait de l’avant avec d’importantes décisions d’achat militaire, notamment la sélection d’une entreprise privilégiée pour la nouvelle flotte de sous-marins de la marine.

Lors d’une conférence de presse tenue plus tard dans la journée de jeudi dans la même salle, le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, a affirmé que M. Carney aurait dû aborder avec M. Trump la question des droits de douane américains et du renouvellement de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique. M. Carney a répondu qu’il n’avait pas discuté de commerce avec M. Trump.

« Les travailleurs des secteurs de l’aluminium, de l’acier, de l’automobile et du bois d’œuvre ont désespérément besoin de leurs emplois et de leurs salaires, et M. Carney a eu une longue conversation avec le président sans même aborder le sujet ? Quelle priorité pourrait être plus importante pour ce pays ? », s’est interrogé le conservateur.  

Il considère qu’un « nombre phénoménal de concessions » ont été faites par M. Carney aux États-Unis « sans obtenir quoi que ce soit en échange », mentionnant la suppression de la taxe sur les services numériques et de certains droits de rétorsion, ainsi que le fait qu’Ottawa acquiesce aux demandes des États-Unis d’augmenter les dépenses militaires.

« Bon nombre de ces mesures devaient être prises, mais pourquoi ne pas les avoir mises sur la table des négociations pour obtenir quelque chose en échange ? Au lieu de cela, il s’est retrouvé avec des droits de douane doublés sur l’aluminium et l’acier, et triplés sur le bois d’œuvre », a dit M. Poilievre.

Renégociations de l’ACEUM

Des représentants du Canada, des États-Unis et du Mexique doivent tenir une visioconférence le 1er juillet, alors que les trois pays se préparent à un examen officiel de l’accord de libre-échange continental.

Le Canada entame ces discussions sans aucun signe indiquant que les droits de douane imposés par M. Trump à des secteurs clés de l’économie canadienne soient sur le point d’être levés. L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, a dit cette semaine à CTV News que les deux pays étaient loin d’un accord.

M. Carney a également déclaré que le Canada devait se tenir prêt, car un règlement du différend commercial pourrait intervenir rapidement, même si rien ne semble bouger pour l’instant.

« Ce que j’ai constaté avec le président, c’est que parfois, alors qu’on est loin d’un accord, on finit par en conclure un », a déclaré M. Carney jeudi.

« Nous aurions pu signer un mauvais accord il y a un an. Nous n’allons pas signer un mauvais accord. Il faut que ce soit un véritable accord. »

M. Carney et M. Trump se sont entretenus au début du mois lors du Sommet du G7 en France, mais n’ont pas eu de rencontre officielle.

Les deux hommes se reverront lorsque les pays de l’OTAN se réuniront à Ankara les 7 et 8 juillet.

Tensions anticipées au prochain sommet de l’OTAN

Ce sommet pourrait être tendu. M. Trump a vivement critiqué l’alliance et s’est montré plus agressif depuis qu’il a lancé sa guerre contre l’Iran.

Lors d’une rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, mercredi à Washington, M. Trump a reproché à l’OTAN de n’être « pas très gentille avec nous », évoquant la décision prise par l’alliance de rester en dehors de la guerre contre l’Iran.

M. Hegseth a également récemment réprimandé les États membres de l’OTAN, les accusant de ne pas « présenter de voie crédible » pour respecter l’engagement de l’alliance de consacrer 5 % du PIB à la défense d’ici 2035. Il n’a toutefois pas interpellé publiquement un pays en particulier.

« Certaines des plus grandes économies de l’OTAN, et certains des pays les plus riches – des alliés qui ne se lassent pas de vanter l’ordre international fondé sur des règles et le regroupement des puissances moyennes – semblent toujours penser que l’ère du parasitisme est de retour », a déclaré M. Hegseth au siège de l’OTAN à Bruxelles le 18 juin.

À l’approche du sommet, M. Carney a exhorté les autres nations occidentales à rejoindre une banque multilatérale de défense afin de contribuer au financement de la croissance du secteur de la défense.

M. Carney et le premier ministre du Luxembourg Luc Frieden ont publié cette semaine un éditorial dans le Financial Times, encourageant les alliés à « se rallier autour d’une banque de défense » qui mettrait en commun des capitaux pour aider le secteur à se financer.

Les fonds versés à la banque de défense seraient pris en compte dans l’objectif de 5 % fixé par l’OTAN.

Selon un article publié jeudi par Politico, le Royaume-Uni devrait résister aux appels l’invitant à rejoindre cette banque, dont la création pourrait être annoncée lors du sommet de l’OTAN.

Les grands thèmes de la discussion

Cet appel prolongé, initié par la Maison-Blanche, a réuni par moments de hauts responsables américains comme le secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Les échanges ont porté sur plusieurs enjeux de sécurité majeurs :

Protection concertée de cette zone stratégique.

Discussion approfondie autour de la guerre menée par les États-Unis en Iran.

Examen des budgets de l’alliance alors que le Canada atteint la cible des 2 % du PIB et prévoit d’atteindre 4 % d’ici 2029.

Les sujets exclus des échanges

À la suite de cet appel, Mark Carney a confirmé lors d’une conférence de presse à Ottawa qu’aucun enjeu commercial n’avait été abordé, malgré l’imminence de l’échéance liée à la révision de l’accord de libre-échange (ACEUM). Le chef de l’opposition conservatrice, Pierre Poilievre, a vivement critiqué ce silence sur les tarifs douaniers américains imposés sur l’acier, l’aluminium et le bois d’œuvre.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *