DAKAR, 27 JUIN 2026 (JVFE)—L’ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, John Bolton, a plaidé coupable le vendredi 26 juin 2026 d’un chef d’accusation pour rétention illégale de documents relevant de la défense nationale, mettant ainsi fin à une procédure criminelle majeure.
Les détails de l’accord judiciaire
- Réduction des charges : Inculpé en octobre 2025 de 18 chefs d’accusation pour transmission et rétention d’informations classifiées, il a conclu un accord avec les procureurs fédéraux du Maryland pour ne plaider coupable que d’un seul chef d’accusation.
Ce délit est passible d’une peine maximale de 5 ans de prison. L’accord permet à la défense de plaider pour une absence de détention. L’ex-conseiller de 77 ans a accepté de payer une lourde amende de 2,25 millions de dollars et renonce définitivement à sa pension de retraite fédérale.
- Le prononcé du verdict : La sentence finale sera fixée par le juge fédéral Theodore Chuang le 28 octobre 2026.
Les faits reprochés
Le département de la Justice l’accusait d’avoir retranscrit plus de 1 000 pages de notes hautement sensibles prises au quotidien lorsqu’il était en poste à la Maison-Blanche (2018-2019). Il a ensuite partagé ces écrits (de type “journal de bord”) avec sa femme et sa fille via des adresses email personnelles (AOL, Google) et des messageries privées.
De plus, son compte personnel a été piraté en 2021 par un hacker lié à l’Iran sans que M. Bolton n’avertisse immédiatement le FBI du caractère classifié des données compromises.
Le contexte politique
Devenu l’un des critiques les plus virulents de Donald Trump après son limogeage en 2019 et la publication d’un livre au vitriol en 2020 (The Room Where It Happened), John Bolton dénonçait jusqu’alors une persécution politique menée par le président républicain.
À la suite de l’audience, son avocat Abbe Lowell a souligné que son client avait “pris ses responsabilités comme un vrai leader”. À l’inverse, Donald Trump a réagi sur sa plateforme Truth Social en qualifiant son ancien collaborateur de personne “déséquilibrée” et en affirmant espérer qu’il sera “traité avec sévérité”.
Un ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump lors de son premier mandat, John Bolton, devenu l’un de ses plus virulents détracteurs, a plaidé coupable vendredi de rétention de documents relevant de la défense nationale.
Des cibles désignées de la vindicte du président républicain depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, John Bolton, 77 ans, est donc la première à être reconnue coupable pénalement.
Vendredi soir, Donald Trump a qualifié sur Truth Social son ex-conseiller de « très stupide, déséquilibré et incompétent », ajoutant espérer qu’il « serait sévèrement sanctionné ! ».
Inculpé en octobre par un jury fédéral du Maryland, près de Washington, John Bolton avait initialement plaidé non-coupable des 18 chefs d’accusation pour divulgation et rétention de documents relevant de la défense nationale.
Mais il a finalement plaidé vendredi coupable devant le tribunal d’un seul chef d’accusation : rétention de documents relevant de la défense nationale, en vertu d’un accord avec le parquet conclu début juin.
John Bolton, qui encourt une peine maximale de cinq ans de prison, devra également s’acquitter d’une amende de 2,25 millions de dollars et renoncer à sa retraite fédérale, a précisé la procureure fédérale pour l’État du Maryland, Kelly Hayes, à l’issue de l’audience.
Le prononcé de sa peine a été fixé au 28 octobre.
« Comme l’a reconnu M. Bolton, il a partagé plus de 1000 pages d’informations sur ses activités quotidiennes en tant que conseiller à la sécurité nationale, y compris des informations liées à la défense nationale, avec deux personnes qui n’avaient ni accréditation de sécurité, ni besoin de connaître ces informations », a déclaré la procureure à l’issue de l’audience.
« Élément notable, il l’a fait en utilisant son courrier électronique personnel, et des applications de messagerie non-gouvernementales », a souligné Mme Hayes.
Les deux personnes avec lesquelles il a partagé ces informations, des membres de sa famille non-identifiés par l’accusation, seraient son épouse et sa fille, notamment en vue de la rédaction de son livre, selon les médias américains.
Messagerie piratée
Circonstance aggravante, en juillet 2021, un représentant de l’ex-conseiller à la sécurité nationale a informé le FBI, la police fédérale, que l’un des comptes de messagerie électronique qu’utilisait John Bolton avait été piraté après son départ du gouvernement par un pirate informatique lié selon lui à l’Iran, pays envers lequel il prônait une ligne dure.
Mais « à aucun moment », M. Bolton n’a alerté les autorités sur le fait qu’il avait partagé sur ce compte « des informations relevant de la défense nationale, y compris des informations classifiées. Ni dit au FBI que les pirates informatiques avaient désormais ces informations », selon l’accusation.
En juin 2020, il avait publié un livre au vitriol sur ses 17 mois passés comme conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, qu’il décrivait comme « inapte » à diriger les États-Unis.
Avant John Bolton, deux autres cibles désignées de Donald Trump, l’ancien directeur du FBI James Comey et la procureure générale de l’État de New York Letitia James, avaient été inculpées pénalement.
Les poursuites contre James Comey et Letitia James avaient été annulées en novembre en raison de l’illégalité de la nomination de la procureure qui les avait engagées.
Mais l’ex-directeur du FBI a de nouveau été inculpé en avril, cette fois pour menace d’attenter à « la vie et l’intégrité physique » du président américain, au sujet d’une photo de coquillages publiée sur les réseaux sociaux.
Donald Trump, qui a nommé successivement à la tête du stratégique ministère de la Justice deux de ses anciens avocats personnels, Pam Bondi, remplacée en avril par Todd Blanche, a fréquemment appelé publiquement à l’inculpation de ses adversaires politiques désignés.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
