DAKAR, 27 JUIN 2026 (JVFE)—L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis Yechiel Leiter, le conseiller du département d’État Daniel Holler et l’ambassadrice du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh signent un accord-cadre entre Israël et le Liban au département d’État à Washington, le 26 juin 2026.
L’accord-cadre tripartite signé à Washington entre Israël, le Liban et les États-Unis pose les bases d’un processus visant à instaurer « une paix et une sécurité durables ». Cet accord marque une avancée diplomatique majeure après des mois de conflits intenses impliquant le Hezbollah et l’Iran. Points clés de l’accord-cadre
« Nous sommes heureux d’annoncer un accord-cadre entre le gouvernement souverain du Liban et le gouvernement d’Israël, avec la médiation et le soutien des États-Unis », a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio avant la signature.
Ce texte pose la première pierre d’« un cadre pour une paix et une sécurité durables », a-t-il estimé.
Il s’agit d’un « premier pas » vers la restauration de la souveraineté du Liban, sans « occupation », « subordination », ni « tutelle », a déclaré de son côté le président libanais Joseph Aoun.
Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a lui estimé que le texte faisait courir un risque de « guerre civile » en cas d’application par les autorités libanaises.
L’un des points clés est le « désarmement vérifié des groupes armés non étatiques et du démantèlement des infrastructures qui leur sont associées », dont le Hezbollah pro-Téhéran qui s’est toujours opposé aux négociations.
Après l’annonce de l’accord, des partisans du mouvement ont manifesté dans les rues de Beyrouth, notamment dans les quartiers proches du Parlement et le long d’une route menant à l’aéroport, et ont bloqué au moins une route avec des pneus enflammés, selon l’ANI, une agence officielle.
Un correspondant de l’AFP a également vu des postes de contrôle temporaires de l’armée libanaise être mis en place dans plusieurs rues.
Le Liban et Israël avaient entamé mi-avril des discussions directes à Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays techniquement toujours en état de guerre. Cette session de pourparlers était la cinquième.
L’accord-cadre prévoit notamment de confier progressivement à l’armée libanaise le contrôle de deux « zones pilotes », qui ont vocation à se multiplier jusqu’à ce que les forces étatiques aient la main sur tous les secteurs concernés, devant y permettre à terme le retour des civils.
L’une des deux premières zones est située au sud et l’autre au nord du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël.
Le retrait israélien devrait être limité puisque Benyamin Nétanyahou a répété que son armée resterait dans le sud du Liban jusqu’à ce que le Hezbollah « soit désarmé ».
La disparition de cette menace « éliminera toute nécessité future d’une intervention militaire ou d’une présence des Forces de défense d’Israël au Liban », et « le gouvernement israélien déclare n’avoir aucune ambition territoriale au Liban », dispose ainsi l’accord.
À Washington, Marco Rubio a décrit le texte comme « le début du début ». Il a annoncé dans un communiqué une « aide humanitaire immédiate de 100 millions de dollars, en coordination avec les Nations unies », ainsi qu’un versement de « plus de 30 millions de dollars » aux Forces armées libanaises « en faveur d’une paix durable au Liban ».
Le chef de l’aide humanitaire à l’ONU, Tom Fletcher, a ainsi plaidé pour un accès « sûr, continu et libre » des organisations aux personnes dans le besoin, un déminage et la réparation prioritaire des infrastructures essentielles.
Selon l’accord-cadre, les États-Unis soutiendront plus généralement le gouvernement libanais pour la reconstruction du pays, la relance économique et les « perspectives de prospérité ». De son côté, Beyrouth s’engage à s’assurer que les fonds n’atterrissent pas entre les mains de groupes armés et d’entités liées.
Les hostilités sur le front libanais ont repris début mars après des tirs du Hezbollah pro-iranien vers Israël, déclenchés en soutien à Téhéran visé par une offensive militaire israélo-américaine.
L’armée israélienne a mené de vastes frappes aériennes au Liban et déployé des troupes dans le sud du pays, faisant plus de 4200 morts selon les autorités libanaises. Elle occupe une zone d’une dizaine de kilomètres de profondeur à partir de sa frontière, censée protéger les habitants du nord d’Israël.
Une trêve annoncée le 17 avril n’a jamais été respectée, mais les affrontements entre Israël et le Hezbollah ont largement diminué depuis la signature mi-juin d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, Téhéran ayant exigé qu’une cessation des combats au Liban en fasse partie.
Le contenu de cet accord historique s’articule autour de plusieurs axes stratégiques :
Israël s’engage à céder progressivement le contrôle de deux « zones pilotes » dans le sud du Liban (l’une au sud et l’autre au nord du fleuve Litani) à l’armée libanaise.
L’accord prévoit le déploiement exclusif des Forces armées libanaises (FAL) dans ces zones, conditionné par le désarmement vérifié des groupes armés non étatiques (visant implicitement le Hezbollah).
Le Premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a précisé que l’armée israélienne continuerait d’occuper sa zone tampon d’une dizaine de kilomètres (la « ligne jaune ») tant que le Hezbollah ne sera pas totalement désarmé.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a annoncé la création d’un groupe trilatéral de coordination militaire. Les États-Unis débloquent également 100 millions de dollars d’aide humanitaire et 30 millions de dollars pour renforcer les capacités de l’armée libanaise.
Réactions et obstacles majeurs
Bien que salué par le président libanais Joseph Aoun comme un premier pas vers la restauration de la souveraineté nationale, le projet fait face à de vives oppositions :
Tenu à l’écart des négociations de Washington, le Hezbollah a catégoriquement rejeté l’accord. Le député Hassan Fadlallah a averti que toute tentative d’application par les autorités libanaises risquait de plonger le pays dans une guerre civile.
Quelques heures seulement après la signature, des manifestations de partisans du Hezbollah ont éclaté à Beyrouth. Par ailleurs, l’armée israélienne a continué d’émettre des ordres d’évacuation dans certaines localités du sud du Liban, rappelant la fragilité du cessez-le-feu.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
