DAKAR, 04 juillet 2026 (JVFE)—L’indépendance des États-Unis a été proclamée le 4 juillet 1776 par la signature de la Déclaration d’indépendance des États-Unis lorsque le Congrès continental a adopté la Déclaration d’Indépendance
Le 4 juillet, les États-Unis fêtent le 250e anniversaire de leur déclaration d’indépendance. Bien peu savent cependant que quelques centaines de Canadiens français ont participé activement à cette révolution. Un épisode souvent négligé dans les livres d’histoire.
Si plusieurs prototypes ont été préparés, sa fabrication se heurte à des obstacles juridiques et institutionnels.
Adopté en 1785, le dollar demeure le symbole majeur de la puissance économique américaine.
Fin 2024, la masse monétaire en circulation s’élevait à 2323 milliards de dollars pour 55 milliards de billets. Tous ont un format standardisé de 15,5 centimètres par 6,62 et affichent le portrait d’une personnalité historique incarnant l’histoire du pays, le plus souvent d’anciens présidents, même si certains prêtent désormais à controverse, comme Andrew Jackson, présent sur les billets de vingt dollars.

Les festivités sont censées célébrer l’histoire du pays, mais Donald Trump compte bien imposer son style et se décline comme une marque à apposer partout, comme avec un passeport en édition limitée avec son portrait où encore des billets de 250 dollars à son effigie.

« Tout tourne autour de lui, confirme Shirish Date, le correspondant à la Maison Blanche du HuffPost US. Alors qu’il est très impopulaire ; ses taux d’approbation plafonnent autour de 30 %. La majeure partie du pays, les deux tiers, ne l’apprécie pas. Les gens disent : “Je ne vais pas participer à cet événement du 4 juillet si tout tourne autour de Donald Trump.” C’est regrettable, car c’est une fête pour tout le monde, » déplore le journaliste.
Deux commissions chargées de l’anniversaire

Pour que la fête des 250 ans des États-Unis soit à son image, Donald Trump a trouvé un moyen de contourner le Congrès. Ce dernier a créé il y a une dizaine d’années une commission bipartisane, appelée « America250 », chargée de planifier les commémorations.
Pour contourner ça, le président républicain a donc créé sa propre commission, « Freedom 250 » pour superviser les grands projets comme l’Arc de triomphe ou la foire d’État au National Hall. Lors du coup d’envoi de cette dernière, le président a donné un discours où il en a profité pour défendre sa politique et attaquer ses adversaires.
« Donald Trump aurait pu agir comme Gerald Ford, président en 1976, qui se trouvait pourtant dans une situation très délicate après avoir succédé, deux ans plus tôt, à Richard Nixon contraint à démissionner. Pourtant, Ford n’a pas politisé le bicentenaire, il a prononcé des discours s’adressant à tous les Américains, rappelle Shirish Date. Il n’a pas tenu de propos du genre “les républicains sont les bons et les démocrates les mauvais”. Or, c’est exactement ce que fait Donald Trump. Il transforme une célébration qui aurait dû rassembler tout le pays en un énième meeting politique à sa propre gloire. »
Donald Trump a beau vouloir imposer son récit national dans la capitale, il existe une pluralité de points de vue sur l’histoire de l’indépendance du pays selon les États. Mais Washington n’a pas le monopole des célébrations. Des festivals et des défilés auront bien lieu partout dans le pays en l’honneur des États-Unis, et non de Donald Trump.
Cet acte fondateur marque la rupture définitive entre les Treize colonies américaines et la Grande-Bretagne.
Dates et événements clés
- 4 juillet 1776 : Adoption du texte rédigé par Thomas Jefferson.
- 1775 – 1783 : Guerre d’indépendance des États-Unis menée par les insurgés (Patriotes).
- 1778 : Alliance officielle de la France avec les insurgés américains.
- 1781 : Victoire décisive franco-américaine lors de la Bataille de Yorktown.
- 3 septembre 1783 : Signature du Traité de Paris qui reconnaît officiellement l’indépendance du pays.
Les causes principales
- Taxes jugées injustes : Le refus des taxes britanniques (Stamp Act, Tea Act) imposées sans représentation au Parlement de Londres (“No taxation without representation”).
- Le Boston Tea Party (1773) : Révolte politique majeure où des cargaisons de thé ont été jetées à la mer.
- Idéaux des Lumières : Influence forte des concepts de liberté, d’égalité et de droits naturels
Les figures majeures (Pères fondateurs)
- George Washington : Commandant en chef de l’armée continentale et premier président des États-Unis.
- Thomas Jefferson : Rédacteur principal de la Déclaration d’indépendance.
- Benjamin Franklin : Diplomate clé ayant négocié l’aide financière et militaire de la France.

Ce document majeur a officialisé la sécession des treize colonies nord-américaines vis-à-vis de la Grande-Bretagne, menant à la guerre d’Indépendance et aboutissant à la reconnaissance internationale du pays lors du Traité de Paris en 1783.
Le conflit trouve sa source dans le refus des colons britanniques de payer de nouveaux impôts levés par la Couronne anglaise sans qu’ils ne soient représentés au Parlement. Le 2 juillet 1776, le vote de sécession est acquis, et deux jours plus tard, le 4 juillet, le texte rédigé principalement par Thomas Jefferson est officiellement approuvé. Ce texte pose les bases des principes de liberté et de démocratie du pays.
Guerre d’Indépendance et Victoire
La rupture unilatérale a plongé les colonies dans une guerre (1775-1783) face à l’une des plus grandes puissances militaires mondiales de l’époque. Menée par George Washington, l’armée continentale a pu remporter des victoires décisives comme celle de Yorktown grâce à l’aide matérielle, navale et militaire de la France (incluant l’implication de figures comme La Fayette).
Naissance d’une Nation
La signature du traité de Versailles (ou traité de Paris) le 3 septembre 1783 a entériné la fin du conflit et la reconnaissance officielle des États-Unis par l’Empire britannique. Cela a conduit à la rédaction de la Constitution américaine en 1787 et à l’élection de George Washington comme premier président de la jeune république en 1789.

Le 6 mai 1776, il y a 250 ans et des poussières, trois navires de guerre britanniques apparaissent dans le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Québec, avec à leur bord plusieurs centaines de soldats. Leur arrivée marque la fin du siège de la ville entrepris six mois plus tôt par l’armée américaine, qui tentait de conquérir la Province of Quebec.
Ce court épisode de l’histoire nord-américaine est peu connu. Aux États-Unis, on le passe sous silence depuis plus de deux siècles, et pour cause : ce fut un premier revers pour l’armée du Congrès des 13 « Colonies-Unies d’Amérique », version embryonnaire des États-Unis. Et pourtant, il s’agit d’une étape importante dans la marche vers la Déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776.
Ce qui est encore moins connu, c’est que des Canadiens français ont collaboré à cette invasion, et qu’environ 300 d’entre eux ont carrément pris les armes pour se battre aux côtés des Américains. Ils se nommaient Clément Gosselin, Pierre Ayotte, Joseph Bergeron… Et ils méritent au moins quelques lignes dans le grand livre de la révolution américaine.
En 1775, le feu de la révolution américaine brûle déjà. Accablées par des taxes qu’elles trouvent injustes et contrariées par l’Acte de Québec de 1774 (en lequel elles voient une menace à leurs intérêts), les 13 Colonies remettent en question leur relation avec Londres. En 1773, le Boston Tea Partya marqué un basculement vers l’insoumission. En avril 1775, les batailles de Concord et Lexington lancent le début des affrontements entre les milices américaines et les « manteaux rouges » de l’armée britannique.
À ce stade, les Américains se méfient de la Province of Quebec. Le Canada est devenu possession anglaise il y a 15 ans. Ils craignent que Londres ne leur envoie de nouvelles troupes en provenance du nord.
Les 13 Colonies souhaitent donc agir préventivement en envahissant ce voisin menaçant. D’autant que des rumeurs parlent d’une alliance entre les Anglais et les sept Nations autochtones. Le Congrès américain décide donc d’envoyer deux armées vers le nord pour conquérir ce qui pourrait devenir la « 14e Colonie » et bouter les Britanniques hors d’Amérique du Nord. Mais les choses ne se passent pas comme prévu.
Après avoir pris Montréal sans difficulté le 13 novembre 1775, le général Richard Montgomery rejoint en décembre le colonel Benedict Arnold à Québec. Le 31 décembre 1775, en pleine tempête de neige, les deux contingents tentent de prendre la ville. Mais ils se butent à une résistance efficace, menée par Guy Carleton, gouverneur du Québec. Montgomery est tué, Arnold blessé, l’assaut est un échec. L’Armée américaine doit se contenter d’assiéger la ville. Ce qu’elle fera jusqu’à l’arrivée des renforts britanniques au début de mai 1776, qui actera le début de sa déroute.
Plusieurs raisons expliquent l’échec de l’invasion américaine, la principale étant le manque de ressources et d’effectifs. Autre problème : la plupart des soldats n’étaient enrôlés que pour une durée déterminée, ce qui fait qu’après l’assaut raté sur Québec, l’armée américaine a dû se reconstituer et se réorganiser dans un contexte hivernal peu favorable.
Il y a aussi la non-intervention des Canadiens français.
Alors que les Américains comptent sur un soulèvement général de la population, les « Québécois » optent plutôt pour une forme de neutralité.
« Cela a incontestablement contribué » à l’échec de l’invasion, résume l’historien américain Mark Anderson, auteur du livre Battle for the 14th Colony, une référence sur le sujet.

Tableau de Charles Williamn Jefferys datant de 1916 et illustrant la mort du général Richard Montgomery lors de la bataille de Québec le 31 décembre 1775
Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Entre 1774 et 1775, le Congrès américain a envoyé trois lettres officielles aux Canadiens français pour les inviter à se joindre aux 13 Colonies. Petit problème : la majorité de la population ne sait ni lire ni écrire, ce qui a réduit la portée du message. De plus, le clergé et les élites ont intérêt à rester du côté britannique. Ils convainquent une majorité de Canadiens français de ne pas s’en mêler, pour préserver leurs acquis obtenus avec l’Acte de Québec (liberté de religion, droit civil français).
Il y a, enfin, une part de doute. Les Américains ne se sont pas encore officiellement branchés sur l’idée de l’indépendance et certains espèrent encore une réconciliation avec la Grande-Bretagne. Les Canadiens français craignent que les 13 Colonies ne finissent par trouver un accord avec la Grande-Bretagne, sans inclure le Québec, avec les conséquences incertaines que cela implique. « On peut parler d’une crainte de l’inconnu, explique Mark Anderson. Une crainte alimentée par le manque de clarté des engagements du Congrès continental envers le Canada. »
Trois morts à la bataille de Saint-Pierre
Mais on aurait tort de croire que les Canadiens n’ont pas du tout participé à cette campagne. Bon nombre de Canadiens français vont malgré tout épouser la cause, que ce soit par intérêt commercial ou parce qu’ils croient vraiment au projet américain.
En Beauce, dans la vallée du Richelieu, en Mauricie, certains vont faciliter le passage des milices dans leur route vers Québec.
D’autres vont carrément prendre les armes pour participer au siège de la ville de Québec, en s’enrôlant notamment dans le régiment Congress’s Own, sous le commandement du colonel Moses Hazen.
Combien sont-ils ? Difficile à dire. Selon les sources, ce chiffre varie de 200 à 400 hommes. Mais on sait que ces volontaires ne se battront pas en première ligne. Leur rôle sera surtout de surveiller les Anglais depuis Lévis. Ce qui ne les empêchera pas d’être impliqués dans au moins une bataille, le 25 mars 1776, au village de Saint-Pierre, près de Montmagny.
« Une expédition de royalistes avait été organisée pour chasser les Américains de leur camp de Pointe-Lévis, raconte l’historien Gaston Deschênes, auteur du livre Un pays rebelle – La Côte-du-Sud et la guerre de l’Indépendance américaine. Ils ont été bloqués par une force combinée d’Américains et de rebelles canadiens. » L’affrontement se conclut par trois morts, une trentaine de blessés et une trentaine de prisonniers. « Ça a été le seul moment où on peut dire que les rebelles ont eu une confrontation », ajoute M. Deschênes.
Impossible de savoir ce qu’il serait advenu du Québec si l’invasion américaine avait été un succès. L’écrivain et essayiste Pierre Monette est toutefois convaincu que malgré son échec – et sa courte durée –, cette campagne militaire a imprégné le monde des idées au Canada français à long terme, notamment à cause des milliers de tracts qui avaient été envoyés par le Congrès américain à la population locale.
« La rébellion de 1837 est l’héritage direct de cette invasion ratée, suggère l’auteur du livre Rendez-vous manqué avec la Révolution américaine, paru en 2007. Avec la propagande américaine, ce sont de nouvelles idées politiques qui rentrent. Il y a du monde qui en parle. Il y a du monde qui les lit aux autres. Ils nous apportent l’idée d’un gouvernement autonome. L’idée républicaine. L’idée que l’autorité du droit divin du roi, peut-être pas. »
Il y avait certes déjà des tensions de classe entre la noblesse, la bourgeoisie et les gens ordinaires. Mais selon Pierre Monette, elles seront exacerbées par la présence américaine. « Ça va prendre du temps à mijoter, conclut-il. Mais ces problèmes-là vont continuer à bouillir. » Jusqu’à ce que la marmite explose, en 1837, avec la rébellion des patriotes…
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Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
