DAKAR, 08 juillet 2026 (JVFE)—Les forces américaines ont lancé dans la soirée du mardi 7 juillet une « série de frappes puissantes » contre l’Iran, « en riposte aux attaques iraniennes contre trois navires commerciaux qui transitaient par le détroit d’Ormuz », a annoncé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X. L’armée américaine a déclaré avoir touché plus de 80 cibles.
Les États-Unis ont frappé en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.
Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d’Ormuz, a rapporté mardi l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO. Le Qatar et l’Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l’Iran.

De la fumée s’élève à un endroit non précisé à la suite de ce que le Commandement central américain qualifie de nouvelle vague de frappes contre l’Iran mardi.
Dénonçant des attaques iraniennes
et une violation flagrante du cessez-le-feu
, l’armée américaine a lancé une série de frappes puissantes
contre l’Iran, affirmant avoir touché plus de 80 cibles
, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne
, a détaillé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans un communiqué.
Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s’accusent de violer leur protocole d’accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l’offensive américano-israélienne contre la République islamique.
Ce texte prévoit notamment la réouverture du détroit d’Ormuz – par où transitent en temps normal 20 % du brut et du gaz liquéfié (GNL) mondial et dont la fermeture par Téhéran avait fait vaciller l’économie mondiale et flamber les prix – ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.
Avant cela, les États-Unis avaient réinstauré leurs sanctions sur le pétrole iranien.
L’Iran, qui a promis une action « décisive », a frappé des bases américaines dans le Golfe, au Koweït et à Bahreïn.
Le Qatar, l’un des pays médiateurs dans les pourparlers entre l’Iran et les États-Unis, a fermement condamné les frappes menées par l’Iran, tout en insistant sur la nécessité absolue de poursuivre la voie de la diplomatie pour sauver le processus de paix.
Le ministère qatari des Affaires étrangères a qualifié d’« inacceptable » le ciblage de son propre méthanier, l’Al-Rakayyat, ainsi que du pétrolier saoudien Wedyan, dans le détroit d’Ormuz. Doha a officiellement convoqué le chargé d’affaires iranien pour exiger des explications immédiates.
En tant que médiateur historique, le Qatar a souligné l’importance de préserver la région de nouvelles escalades militaires. Les autorités qataries demandent aux deux parties de « capitaliser sur les acquis réalisés » lors du protocole d’accord signé le 17 juin dernier.
La navigation avait repris dans le détroit d’Ormuz à la suite de la signature du protocole d’accord, malgré quelques incidents.
Fin juin, accusant l’Iran d’avoir ciblé deux navires, les États-Unis avaient bombardé le pays, qui avait riposté en ciblant des voisins du Golfe, le Koweït et Bahreïn. Washington et Téhéran s’étaient ensuite mis d’accord pour cesser ces hostilités.
L’Arabie saoudite a condamné mardi le ciblage par la République islamique d’Iran du pétrolier saoudien Wedyan
qui transitait dans le détroit d’Ormuz, ainsi que celui du méthanier qatari Al-Rakayyat
, dénonçant une atteinte à la sécurité de la navigation internationale et à la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux
.
Selon le Centcom, les navires ciblés sont le Al-Rakayyat battant pavillon des îles Marshall, le Wedyan battant pavillon saoudien et le Cyprus Prosperity, battant pavillon libérien.
Le Qatar avait annoncé avoir convoqué le chargé d’affaires iranien, exigeant des explications sur cette attaque
; le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï dénonçant une mise en cause inacceptable
de la part du Qatar.
Sans les attribuer, l’agence UKMTO a également signalé mardi deux autres incidents : un pétrolier touché par un projectile non identifié, subissant des dommages structurels
, et un navire-citerne frappé par un drone d’origine inconnue.
L’Iran exclut, en dépit de l’opposition des États-Unis, tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu’il a autorisé le long de ses côtes.
Un protocole d’accord fragilisé à Doha
Cette flambée de violence intervient quelques jours seulement après la clôture, à Doha, d’une session de pourparlers indirects et techniques sous l’égide du Qatar et du Pakistan.
L’accord initial de 60 jours prévoyait la libre circulation maritime sans frais. Cependant, Téhéran exige désormais d’imposer des droits de passage et de contrôler les routes maritimes le long de ses côtes, une condition fermement rejetée par Washington et les monarchies du Golfe.
Bien qu’un canal d’urgence ait été validé pour recenser les violations mutuelles, le rétablissement des sanctions américaines sur le pétrole iranien et la riposte de Téhéran contre les bases américaines au Koweït et à Bahreïn menacent de rompre définitivement le fil des discussions.
L’Iran, où les médias ont fait état d’explosions mardi sur des sites proches du détroit d’Ormuz, a aussitôt mis en garde les États-Unis contre cette “violation
” du protocole d’accord, prévenant qu’il prendrait des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité nationale
, dans une déclaration de son ministère des Affaires étrangères.
Quelques heures plus tard, mercredi, les Gardiens iraniens de la révolution ont annoncé avoir frappé 85 installations sur des bases militaires des États-Unis au Koweït et à Bahreïn, selon la télévision d’État.
Une session de pourparlers directs entre Israël et le Liban doit se dérouler mi-juillet à Rome. Elle a été annoncée pour les 15 et 16 juillet dans le contexte des tensions qui se poursuivent au Sud-Liban.
La Chine a averti qu’une « reprise des hostilités » entre Washington et Téhéran n’était dans l’intérêt de personne, après des bombardements américains en Iran et l’annonce de représailles iraniennes contre des bases américaines dans la région. « La reprise des hostilités n’est dans l’intérêt d’aucune des parties. Les moyens militaires ne sauraient résoudre les problèmes fondamentaux. Nous appelons les États-Unis et l’Iran à mettre en œuvre le mémorandum d’accord déjà signé, à résoudre leurs différends par le dialogue et la négociation, et à éviter de recourir à la force », a indiqué lors d’un point presse régulier Mao Ning, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Des bateaux ancrés au large de la péninsule de Musandam, au nord d’Oman, près du détroit d’Ormuz, le 27 juin 2026.
Des frappes américaines menées contre l’Iran ont coûté la vie dans le sud-ouest du pays à un membre de la marine des Gardiens de la Révolution, selon l’agence de presse gouvernementale Irna. « Un membre des Gardiens, Mohammad Reza Khazini, a été touché par des éclats d’obus et est tombé en martyr alors qu’il affrontait des drones ennemis » à Mahshahr, ville portuaire située non loin de l’Irak, indique Irna, citant un communiqué des Gardiens, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran.
“En première riposte
” aux frappes américaines, “la Marine et la Force aérospatiale du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) ont mené une opération conjointe à l’aide de missiles et de drones, frappant 85 installations militaires américaines stratégiques
“et abattant un drone MQ-9, indique un communiqué diffusé par la télévision officielle Irib.
Les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à Bahreïn, a annoncé le ministère de l’Intérieur de ce pays du Golfe, sans plus de détails. Et l’armée du Koweït a indiqué mercredi réagir à des attaques de drones et de missiles, sans préciser leur origine.
“Les agissements de l’Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des États-Unis et ne resteront pas impunis
“, avait déclaré un responsable gouvernemental américain sous le couvert de l’anonymat, après la publication d’un document par le ministère des Finances interdisant les “nouvelles transactions
“d’hydrocarburesiraniens à compter de mardi.
Dans ce contexte de tensions, le cours du baril de pétrole américain WTI avançait de 2,63 % à 72,29 dollars à l’ouverture des marchés asiatiques.
DAKAR, 08 juillet 2026 (JVFE)—
