DAKAR, 1ER AOUT 2026 (JVFE)—Des vidéos circulent prétendant que le fruit contiendrait des pesticides, des vers ou d’autres substances dangereuses, poussant certains consommateurs à renoncer à en acheter par précaution. Si l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) assure que ces allégations sont infondées et rappelle que les contrôles n’ont révélé aucune anomalie, les conséquences, elles, sont bien réelles : chute des ventes, effondrement des prix et inquiétude grandissante au sein de la filière
Points clés de la situation sanitaire
- Conformité totale au Maroc : 5.600 échantillons de fruits et légumes (dont 557 de pastèques) analysés par l’ONSSA à fin juin 2026 sont 100 % conformes aux normes.
- Alertes européennes globales : 625 notifications enregistrées par l’UE sur les fruits et légumes importés depuis le début de l’année 2026.
- Part marocaine infime : Seules 3 notifications sur les 625 concernent des produits marocains.
- Zéro alerte pastèque : Aucune de ces alertes ne vise la pastèque. Ce bilan positif pour la pastèque marocaine dure depuis 2023.
Pour le Dr Bouazza Kherrati, président de la Fédération nationale des droits du consommateur, leur récurrence interroge. « Les rumeurs sur la prétendue dangerosité de la pastèque reviennent chaque été au Maroc. Lorsqu’un phénomène se répète avec une telle régularité, on peut légitimement penser qu’il répond à une stratégie bien orchestrée. » Selon lui, aucun élément ne permet aujourd’hui d’accréditer les allégations relayées sur les réseaux sociaux. « Aucune cargaison de pastèques marocaines n’a été refoulée », affirme-t-il à “Le Matin”. Il estime que cette campagne de désinformation pourrait répondre à des intérêts économiques. « Selon moi, ces rumeurs sont propagées par des intermédiaires. En instaurant un climat de peur chez les consommateurs, ils freinent les ventes et contraignent les agriculteurs à écouler leurs récoltes à des prix plus bas. Ils peuvent ensuite racheter cette marchandise à moindre coût et en tirer un avantage économique. »
La baisse d’activité d’un marché de gros, caractérisée par une diminution du trafic de camions et du volume global des ventes de pastèques au Maroc.
Chute du trafic routier : Le nombre quotidien de camions (auparavant 30 à 40) et de camions-remorques (auparavant 20 à 30) venant charger la marchandise a nettement reculé.
Baisse de l’approvisionnement : Les véhicules qui livrent les pastèques au marché sont également moins nombreux.
Impact sur les ventes : Malgré une partie de la clientèle qui continue d’acheter normalement, le volume global des ventes est en forte baisse.
Pour le président de la Fédération nationale des droits du consommateur, la priorité est de renforcer les contrôles. « Aujourd’hui, le nombre d’échantillons contrôlés reste insignifiant au regard des volumes produits. » Il estime également que le cadre réglementaire devrait évoluer afin d’élargir les contrôles aux produits végétaux non emballés commercialisés sur les marchés de gros, avec des prélèvements effectués auprès d’un plus grand nombre de fournisseurs.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
