DAKAR , 14 Mars 2026(JVFE)-Bien que des rumeurs relayées par certains médias et réseaux sociaux fassent état d’une possible délocalisation de la 14ème Conférence ministérielle de l’OMC (CM14) de Yaoundé vers Genève, les informations officielles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) confirment toujours la tenue de l’événement au Cameroun du 26 au 29 mars 2026.
Jusqu’à présent, le site de l’OMC et le gouvernement camerounais maintiennent que Yaoundé accueillera la conférence.
Le gouvernement camerounais, sous la direction du Premier Ministre, a intensifié les réunions préparatoires pour assurer le bon accueil de cette session historique.
Des publications récentes suggèrent que Genève serait “prête à remplacer” Yaoundé, évoquant parfois des raisons de logistique ou de climat sociopolitique, mais ces affirmations ne font l’objet d’aucun communiqué officiel de l’OMC à ce jour.
Les dates du 26 au 29 mars 2026 ont été formellement approuvées par le Conseil général de l’OMC en décembre 2024.
Alors que les autorités camerounaises assurent que tout sera prêt pour la tenue du rendez-vous le plus important de l’Organisation mondiale du commerce, prévu à la fin du mois de mars, ses responsables se sont discrètement préparés à délocaliser l’événement en Suisse.
Le ministre éthiopien du commerce Kassahun Gofe mènera une délégation à Yaoundé, au Cameroun, pour la 14e conférence de l’OMC. Ses équipes travaillent à répondre aux demandes des pays membres, notamment celles du Royaume-Uni.
Soixante-quinze pour cent. C’est le niveau de préparation affiché par le Cameroun le 11 mars pour la conférence ministérielle OMC. Derrière cette annonce, les responsables de l’organisation activent discrètement Genève comme plan B. Une réunion d’urgence s’est tenue au siège le 5 mars. L’hypothèse d’un retrait a été envisagée. Le groupe africain, mené par la directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala, a bloqué la délocalisation pure et simple. Mais l’OMC a acté le principe de choisir Genève comme solution de repli. Toutes les commissions préparatoires ont déjà été transférées en Suisse.
L’organisation mondiale du commerce fait face à un casse-tête logistique
La quatorzième conférence ministérielle doit réunir 4 000 participants issus de 160 pays du 26 au 29 mars à Yaoundé. L’événement représente un défi majeur pour la capitale camerounaise. Les inquiétudes des responsables internationaux portent sur plusieurs points précis. Le chantier de réfection de l’hôtel Mont Fébé, deuxième plus grande infrastructure hôtelière de la ville, accuse un retard significatif. L’éloignement entre certains sites d’hébergement et le Palais des congrès complique la logistique. Les difficultés persistantes sur le système de délivrance des visas ajoutent une couche d’incertitude.
Pourquoi Genève menace de remplacer Yaoundé au dernier moment
Les causes de cette défiance dépassent les simples retards techniques. L’organisation de cette conférence subit les conséquences de l’engagement politique de l’ancien ministre du tourisme Bello Bouba Maigari, qui était chargé de la mise à niveau des capacités d’accueil. Des acteurs de la société civile camerounaise ont officiellement demandé à l’OMC de délocaliser son rassemblement. Ils dénoncent la répression des manifestations post-électorales. Ces appels ont alimenté les doutes au sein de l’institution basée à Genève.
Le mécanisme discret de basculement vers la solution suisse
Une délégation de l’OMC s’est rendue à Genève pour vérifier la disponibilité des établissements d’accueil. Les hôtels et centres de conférence suisses peuvent absorber l’événement en quelques jours. Le transfert des commissions préparatoires constitue un premier revers pour le Cameroun. Les techniciens de l’organisation travaillent désormais depuis la Suisse. La logistique se dédouble silencieusement. En coulisses, les fonctionnaires internationaux préparent deux scénarios parallèles. L’un à Yaoundé, l’autre à Genève. Cette double planification permet une bascule en soixante-douze heures.
À court terme, le Cameroun joue sa crédibilité internationale. L’organisation de cette conférence devait démontrer le retour à la normalité après une élection contestée. Un échec ou une délocalisation humilierait le gouvernement. Les investisseurs potentiels observeront la gestion de cette crise logistique. À long terme, l’enjeu dépasse le cadre camerounais. Cette conférence ne se tient sur le continent africain que pour la deuxième fois de l’histoire. Une délocalisation vers l’Europe conforterait l’idée que l’Afrique n’est pas capable d’accueillir les grands rendez-vous du commerce mondial. Le groupe africain à l’OMC, mené par Ngozi Okonjo-Iweala, a bloqué le retrait pour cette raison précise.
La pression monte sur Yaoundé. Les regards se tournent vers les chantiers hôteliers et les guichets consulaires. L’OMC a prouvé par le passé sa capacité à déplacer des événements majeurs en quelques jours. Le Cameroun dispose de deux semaines pour transformer son niveau de préparation affiché de soixante-quinze pour cent en une organisation irréprochable. La question qui reste en suspens est simple : le pays peut-il livrer une conférence mondiale à la hauteur des standards de l’OMC dans un délai aussi court ?
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
