DAKAR, 21 AOUT 2026 (JVFE)—La décision a été rendue publique le jeudi 20 août 2026. La célèbre danseuse, de son vrai nom Marème Lèye, reste donc maintenue en détention provisoire.
Ses avocats réclamaient sa libération immédiate. Ils estimaient que les délais maximums de la détention provisoire n’étaient pas respectés par la justice.
La Chambre d’accusation n’a pas accepté cet argument juridique et a décidé de la laisser en prison.
Nabou Lèye est poursuivie pour association de malfaiteurs, complicité d’assassinat et actes de barbarie.
L’affaire concerne le double meurtre particulièrement violent du danseur Abdoul Aziz Ba (dit Aziz Dabala) et de son jeune ami Boubacar Gano (alias Wally). Les faits se sont déroulés en août 2024 dans un appartement situé à Pikine.
Un rappel de la procédure :
Août 2024 : Nabou Lèye est arrêtée et envoyée en prison une première fois.
Fin 2024 : Elle bénéficie d’une liberté provisoire sous contrôle judiciaire.
Fin 2025 : Le principal suspect (Mamadou Lamine Diaw) change totalement ses déclarations et l’accuse directement d’avoir participé au crime. La justice décide alors de la réincarcérer.
Août 2026 : La justice rejette son ultime recours pour sortir de prison avant le procès. Elle cumule désormais près de deux ans de détention.
Le dossier a basculé à cause de deux versions totalement opposées. Voici le détail des accusations chocs du principal suspect et les arguments de la défense pour innocenter la danseuse.
Les déclarations chocs du principal suspect
Le principal suspect, Mamadou Lamine Diaw (dit Modou Lô), a fait un revirement spectaculaire devant le juge d’instruction. Il accuse directement Nabou Lèye et le chanteur Tarba Mbaye d’être les commanditaires et les exécutants des meurtres
Aziz Dabala aurait détenu une vidéo intime compromettante (une sextape) impliquant Nabou Lèye et Tarba Mbaye.
Il affirme que Nabou Lèye et Tarba Mbaye lui ont promis 2 millions de FCFA pour éliminer le danseur. Il dit n’avoir reçu que 500 000 FCFA.
Il prétend que Nabou Lèye et Tarba Mbaye l’attendaient dans une voiture près des lieux.
Le double meurtre
Mamadou Lamine Diaw déclare qu’il a seulement “neutralisé” les victimes. Selon lui, Nabou Lèye aurait elle-même poignardé à mort Aziz Dabala, tandis que Tarba Mbaye aurait tué le jeune Wally.
Les arguments de la défense de Nabou Lèye
Les avocats de la danseuse rejettent en bloc ces accusations qu’ils qualifient de mensonges. Ils s’appuient sur des éléments techniques solides pour prouver son innocence :
Des analyses scientifiques menées par la police technique ont identifié quatre profils ADN différents sur la scène de crime (le salon et la salle de bain). Deux appartiennent aux victimes, le troisième appartient à Mamadou Lamine Diaw, et le quatrième reste inconnu. Aucune trace de l’ADN de Nabou Lèye n’a été retrouvée sur les lieux, ce qui contredit la version du suspect.
Les réquisitions envoyées aux opérateurs téléphoniques montrent que le chanteur Tarba Mbaye n’a jamais eu de contacts (appels ou messages) avec le tueur présumé, ce qui fragilise l’hypothèse du complot en voiture.
Sur le plan de la procédure, la défense estime que les délais légaux de détention provisoire sont dépassés et que Nabou Lèye devrait attendre son procès libre.
Malgré ces arguments et les résultats ADN jugés favorables par ses avocats, la justice a estimé que les accusations initiales et la gravité des faits nécessitaient de la maintenir en cellule jusqu’au procès.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
