DAKAR, 31 AOUT 2026 (JVFE)—Téhéran “condamne fermement l’agression militaire américaine contre (l’île de) Larak”, a indiqué dans un communiqué le ministère iranien des Affaires étrangères, en ajoutant que les forces iraniennes avaient riposté “conformément au droit à la légitime défense”, après qu’elles ont visé des bases utilisées par les Etats-Unis dans la région, en Jordanie et aux Emirats.
L’Iran a officiellement invoqué son droit à la légitime défense après la reprise des frappes militaires directes entre Téhéran et Washington, mettant fin à un mois de calme relatif dans la région.
Les frappes américaines ont visé des troupes qui se préparaient à lancer des roquettes munies de mines dans le détroit d’Ormuz. Au grand dam de l’administration Trump, cette voie commerciale stratégique est verrouillée par l’Iran depuis le début de la guerre, initiée le 28 février par les gouvernements américain et israélien contre la République islamique.
Il s’agit des premières attaques depuis fin juillet. De son côté, l’Iran parle d'”erreur stratégique” de Washington et a promis de répliquer.
Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a bombardé deux lanceurs iraniens sur l’île stratégique de Larak, située dans le détroit d’Ormuz. Selon Washington, l’opération visait à empêcher les Gardiens de la Révolution de déployer de nouvelles mines marines. L’attaque a fait deux morts et deux blessés du côté iranien.
Affirmant agir en « légitime défense » face à ce qu’il qualifie d’agression, le ministère iranien des Affaires étrangères a orchestré plusieurs attaques de représailles contre des bases abritant des troupes américaines.
En Jordanie, des missiles balistiques et des drones ont visé deux bases aériennes (King Hussein et al-Azraq). L’armée jordanienne a annoncé avoir intercepté huit missiles.
Aux Émirats arabes unis, des drones d’attaque ont ciblé la base aérienne d’Al Minhad. Abu Dhabi a dénoncé « une escalade dangereuse ».
Malgré cette riposte armée, le président iranien Massoud Pezeshkian a tempéré lors d’un sommet au Kirghizstan en affirmant que « la poursuite de la guerre n’est pas dans l’intérêt » de son pays ni de la région, tout en prévenant que l’Iran ne resterait pas les bras croisés face aux agressions.
De son côté, l’administration de Donald Trump, qui privilégiait récemment une stratégie de « guerre économique » via des sanctions secondaires renforcées, a vu le président américain promettre de « répondre » fermement à ces nouvelles frappes contre les installations américaines. En conséquence, les cours mondiaux du pétrole ont immédiatement bondi, le baril de Brent repassant au-dessus du seuil symbolique des 90 dollars.
L’attaque a tué et blessé plusieurs soldats iraniens, selon les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du régime des mollahs, cités par la chaîne qatarie Al Jazeera. Ces derniers ont promis de répliquer en “punissant l’agresseur”, écrivent le site d’information américain Axios et Al Jazeera. Les États-Unis devront faire face aux conséquences “tant économiques que militaires” de “cette erreur stratégique et fatale”, a réagi le porte-parole des Gardiens de la Révolution auprès de l’agence de presse iranienne Fars.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
