DAKAR, 17 Septembre 2026 (JVFE)—Le Japon envisage officiellement d’intégrer le secteur de la sécurité privée à ses programmes de visas pour les travailleurs étrangers afin de faire face à une crise de main-d’œuvre sans précédent.
L’Agence nationale de la police japonaise (NPA) a officiellement lancé un comité d’experts en septembre 2026 pour étudier l’ouverture de cette industrie aux statuts de résidence réglementés.
Un groupe d’experts de l’Agence nationale de police (NPA) a entamé des discussions sur la possibilité d’intégrer des travailleurs étrangers possédant des « compétences spécifiques » et d’autres qualifications au sein du secteur japonais de la sécurité, confronté à une grave pénurie de main-d’œuvre.
La loi sur les services de sécurité autorise actuellement les résidents étrangers titulaires d’un permis de séjour permanent, les conjoints de ressortissants japonais et d’autres personnes à travailler dans ce secteur.
Le groupe d’experts, composé notamment d’un haut responsable d’une association de services de sécurité, d’un professeur d’université et d’un avocat, s’est réuni mercredi à Tokyo pour sa première séance.
Plus précisément, ils se sont demandé si les ressortissants étrangers devraient être autorisés à travailler dans le secteur de la sécurité dans le cadre du programme des travailleurs qualifiés désignés et du programme d’emploi pour le développement des compétences.

En septembre 2026, Yamada Yoshitak occupe le poste de directeur du Bureau de la sécurité communautaire de l’Agence nationale de la police (NPA) du Japon. Il s’est récemment illustré en lançant un comité d’experts chargé d’examiner l’intégration de travailleurs étrangers dans le secteur privé de la sécurité afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre et le vieillissement des effectifs au Japon
Yamada Yoshitaka, qui dirige le Bureau de la sécurité communautaire de l’Agence nationale de police, a déclaré que, comme le secteur de la sécurité ne peut pas pleinement utiliser les travailleurs étrangers, il souhaite que les intervenants s’engagent dans des discussions actives sur l’acceptation de ces personnes sous différents angles.

La NPA a souligné qu’en plus d’une pénurie de travailleurs, le secteur de la sécurité est confronté au vieillissement de sa main-d’œuvre, près de la moitié de ses employés ayant 60 ans ou plus.
Le groupe d’experts discutera des services de sécurité pour lesquels davantage de travailleurs étrangers seront autorisés à travailler et élaborera un système pour aider ces travailleurs à acquérir l’expérience et les compétences nécessaires.
Pourquoi ce tournant historique ?
L’industrie de la sécurité au Japon traverse une crise structurelle majeure :
Le pays comptait environ 597 000 agents de sécurité en 2025. Parmi eux, 47,3 % ont 60 ans ou plus (dont plus de 21 % ont dépassé les 70 ans).
Relève insuffisante : Les jeunes de moins de 40 ans ne représentent plus que 19,8 % des effectifs globaux de ce secteur.
Les modalités en cours d’examen
Bien que la loi japonaise actuelle n’impose pas de restriction basée sur la nationalité (les résidents permanents ou conjoints de ressortissants japonais pouvant déjà y travailler), l’industrie ne peut pas recruter massivement à l’international.
Le panel d’experts, composé de juristes, d’universitaires et de représentants du secteur, doit rendre ses conclusions d’ici janvier 2027. Les discussions portent sur :
L’intégration de la sécurité au visa de « Travailleur qualifié spécifié » (Specified Skilled Worker – SSW).
L’accès au nouveau « Programme d’emploi pour le développement des compétences » (Ikusei Shuro), qui doit remplacer l’ancien système de stage technique dès avril 2027.
Le niveau de maîtrise de la langue japonaise requis, les quotas de travailleurs admissibles et la nature exacte des tâches de sécurité qui pourront leur être confiées.
En parallèle, le secteur tente de s’adapter en déployant des technologies comme des drones, des robots de surveillance et des systèmes de réception virtuels pour réduire sa dépendance à la main-d’œuvre humaine.
Les exigences linguistiques pour le statut SSW (Specified Skilled Worker)
Le visa SSW se divise en deux catégories (SSW-1 et SSW-2). Les exigences linguistiques varient selon le niveau de responsabilité.
Pour le niveau SSW-1 (Durée maximale de 5 ans, sans famille)
Pour obtenir ce visa (ou pour y accéder après le programme Ikusei Shuro), le candidat doit prouver une maîtrise du japonais de tous les jours. Deux examens officiels sont acceptés :
- Le JLPT (Japanese Language Proficiency Test) : Niveau N4 au minimum. Le candidat doit être capable de comprendre des conversations quotidiennes lentes et de lire des textes simples.
- Le JFT-Basic (Japan Foundation Test for Basic Japanese) : Niveau A2 au minimum. Ce test évalue la capacité à communiquer dans les situations de la vie courante et professionnelle.
Note sectorielle : Certains secteurs (comme les soins infirmiers) imposent un test de vocabulaire technique supplémentaire lié au métier.
Pour le niveau SSW-2 (Renouvelable indéfiniment, possibilité d’amener sa famille)
Ce statut s’adresse aux travailleurs hautement qualifiés ou accédant à des postes de gestion d’équipe.
- Exigence : Bien que la loi n’impose pas toujours un score JLPT strict pour tous les secteurs à ce niveau, un niveau JLPT N3 à N2 est officiellement attendu ou testé via des examens de compétences pratiques très poussés menés en langue japonaise.
Comparaison des deux statuts
| Caractéristique | Ikusei Shuro (Dès avril 2027) | Travailleur qualifié spécifié (SSW-1) |
| Objectif | Formation et transition vers le SSW | Pallier immédiatement la pénurie de main-d’œuvre |
| Durée du séjour | Jusqu’à 3 ans | Jusqu’à 5 ans au total |
| Niveau de langue initial | Débutant (généralement JLPT N5 ou équivalent pour entrer) | Intermédiaire de base (JLPT N4 ou JFT-Basic A2) |
| Regroupement familial | Non autorisé | Non autorisé (possible uniquement en SSW-2) |
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
