EN DIRECT-BUILDING ADMINISTRATIF : entre attentes des populations et le Pacte national de stabilité sociale

DAKAR, 19 OCTOBRE (JVFE)—Ce lundi 19 octobre 2026, neuf ministres du gouvernement sénégalais tiennent une conférence de presse au Building administratif pour faire le point sur la situation sociale et l’avancement du Pacte national de stabilité sociale. À cette occasion, l’exécutif a annoncé un taux d’exécution de 42 % des engagements pris et a sollicité un moratoire de trois mois sur les grèves afin de privilégier le dialogue social.. Cette intervention vise à clarifier la feuille de route de l’exécutif face aux attentes des populations et aux discussions sur le Pacte national de stabilité sociale.

Face aux menaces de grève générale brandies par le Front syndical pour la défense des travailleurs (FSDT), neuf ministres du gouvernement sénégalais ont tenté de défendre le bilan du Pacte national de stabilité sociale en avançant un taux d’exécution de 42 % de leurs engagements.

Le G7 des syndicats d’enseignants au Sénégal a annoncé une grève totale de 72 heures, prévue du mercredi 21 octobre au vendredi 23 octobre 2026. Ce mouvement d’avertissement intervient seulement quelques jours après la rentrée des classes (qui a démarré le 12 octobre).

Cette grève totale de 72 heures paralyse l’ensemble des établissements scolaires du pays sur la période du 21 au 23 octobre 2026. Ce mouvement fait suite au non-respect par le gouvernement des engagements pris dans le protocole d’accord du 16 avril 2026 et aux lenteurs administratives constatées.

Les revendications principales incluent :

  • Le paiement des indemnités d’examens et la correction des rémunérations.
  • L’application du décret n° 2026/65 sur les enseignants décisionnaires.
  • Le respect global des accords du 16 avril.

Cependant, cette communication de crise se heurte à la colère des syndicats et au mécontentement du patronat face à la cherté de la vie et aux retards de revalorisation salariale. En demandant un moratoire de trois mois sur les grèves, l’exécutif cherche un sursis, mais les populations et les travailleurs exigent désormais des actes tangibles plutôt que de simples promesses.

Le Building administratif Président Mamadou DIA à Dakar est devenu le centre névralgique où se joue l’équilibre précaire entre les fortes attentes économiques et sociales des populations sénégalaises et le Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable. Face à la presse ce 19 octobre 2026, le gouvernement a présenté le bilan d’étape de ses engagements, un point crucial suite à la réunion du Comité de pilotage tripartite présidée le 15 octobre 2026 par le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed LO.

En pleine mutation, le monde du travail au Sénégal navigue entre exigences de trêve sociale et réalités de terrain.

Les attentes des populations et des travailleurs

Signé en mai 2025 pour une durée de 3 ans, le Pacte national vise une croissance économique solide et l’amélioration durable des conditions de vie. Les revendications citoyennes et syndicales se concentrent sur des points majeurs :

  • La revalorisation des statuts et carrières : Régularisation attendue pour les enseignants décisionnaires, les techniciens supérieurs de santé, les maîtres d’EPS et les greffiers.
  • L’accès au logement : Généralisation de l’indemnité de logement pour les agents de l’État et son extension prévue aux contractuels de la Santé.
  • L’emploi et le pouvoir d’achat : Demande massive de recrutements dans les secteurs prioritaires (éducation, santé, enseignement supérieur).
  • Du côté du patronat : Les entreprises exigent le paiement de la dette intérieure, l’amélioration du climat des affaires et un élargissement de l’assiette fiscale pour relancer l’économie.

Le bilan du Pacte de stabilité sociale (Octobre 2026)

Le ministre de la Fonction publique et du Travail, Mamadou Lamine Dianté, a partagé les résultats chiffrés après un an et cinq mois d’application du pacte :

Sur 84 activités initialement inscrites, le gouvernement affiche un taux d’exécution de 42 % (35 activités entièrement réalisées), avec 25 activités supplémentaires en cours portant la projection à 71 %. Sur le plan législatif, les nouveaux Codes du travail et de la sécurité sociale ont été adoptés et promulgués, tandis que des avancées sectorielles notables incluent le recrutement de milliers d’agents dans l’éducation et la santé.

Un dialogue continu face aux tensions

Malgré ces progrès, des tensions persistent dans la santé et les transports. Le gouvernement prône la poursuite du dialogue via le cadre tripartite du Ministère du Travail (DGTSS) pour concilier productivité, droits sociaux et paix durable.

Malgré les avancées législatives et la promulgation des nouveaux codes, le G7 maintient sa grève du 21 au 23 octobre 2026. Les principaux points de blocage concernent les retards de régularisation des enseignants (décret n° 2026/65), la cherté de la vie et le paiement des indemnités d’examens, tandis que le FSDT menace d’une grève générale contre ce pacte signé en mai 2025.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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