Analyse d’un bras de fer politique majeur au cœur des arbitrages budgétaires et sociaux.
DAKAR, 24 OCTOBRE (JVFE)—Le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes a annoncé le refus d’adopter en l’état le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 à l’issue des travaux en commission des Finances.
À la suite de deux jours d’intenses travaux au sein de la commission des Finances et du Contrôle budgétaire, le groupe parlementaire majoritaire Pastef-Les Patriotes a officialisé, par un communiqué publié le 23 octobre 2026, son refus de voter en l’état le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour l’année 2026.
Tout en reconnaissant la nécessité technique de réajuster le budget national face aux mutations économiques, les députés de la majorité conditionnent désormais leur approbation à de profondes révisions, articulées autour du bouclier social, de la protection du pouvoir d’achat et d’une transparence absolue sur la dette publique.
L’institution pose ainsi cinq conditions axées sur la préservation des investissements, la transparence énergétique et la sincérité budgétaire pour exercer pleinement son rôle de contrôle.
Arbitrages budgétaires : le refus des coupes sociales
La position de Pastef-Les Patriotes met en lumière de vifs désaccords internes concernant les arbitrages retenus par l’exécutif. Le groupe parlementaire déplore un manque de considération institutionnelle à l’égard des alertes émises par la commission. Il rappelle fermement que le Parlement doit disposer de l’intégralité des informations stratégiques pour exercer sa mission de contrôle.
Le principal point d’achoppement réside dans la réduction budgétaire touchant les piliers du développement social et les projets structurants de l’Agenda national de transformation. Les parlementaires exigent formellement le réexamen des coupes qui affectent de manière critique les secteurs suivants :
- La santé publique et l’accès aux soins
- L’éducation nationale et la formation professionnelle
- L’hydraulique rurale et urbaine
- Les infrastructures de transport et le tissu industriel
Pouvoir d’achat et bouclier tarifaire
Face à l’inflation et aux vulnérabilités qui pèsent sur les ménages et les entreprises sénégalaises, Pastef refuse toute austérité non compensée. Le groupe conditionne l’examen du PLFR à un mécanisme d’équilibre : toute baisse des subventions énergétiques devra obligatoirement être neutralisée par une baisse de la taxation sur les produits pétroliers ainsi qu’une optimisation des coûts d’approvisionnement et de production de Senelec, évitant ainsi un choc tarifaire sur l’électricité.
Exigence de transparence financière et gouvernance de la dette
Au-delà des équilibres sectoriels, les députés exigent une clarté totale sur la trajectoire de la dette et sur la gestion des fonds publics. Les exigences financières se concentrent autour de quatre axes majeurs, résumés dans le tableau ci-dessous :
| Domaine | Montant / Mesure | Exigence de Pastef-Les Patriotes |
| Projet autonome CERP | 120 milliards de FCFA | Transmission des accords signés avec la Banque mondiale, justification des affectations et des reports d’investissement. |
| Secteur Parapublic | Suppression de 19 entités | Rationalisation immédiate visant une économie nette d’au moins 55 milliards de FCFA sur une période de 3 ans. |
| Fonds publics & Spéciaux | Dépenses de fonctionnement | Réduction drastique du train de vie de l’État, renforcement de la traçabilité et du contrôle des fonds spéciaux. |
| Audits des Comptes | Rapports IGF et Forvis Mazars | Publication immédiate des rapports d’audit sur la dette non financière et clarification de la trajectoire de soutenabilité pour 2026-2027. |
Une main tendue vers un compromis transparent
Malgré la fermeté de ce blocage en commission, le groupe Pastef-Les Patriotes se garde de rompre définitivement le dialogue. Le communiqué réaffirme leur entière disponibilité à engager des négociations directes avec le Gouvernement en amont de la séance plénière à l’Assemblée nationale.
L’objectif ultime réitéré par la majorité parlementaire est de garantir un budget transparent, sincère et soutenable.
Pour Pastef, le redressement indispensable des finances publiques sénégalaises ne doit en aucun cas se réaliser au détriment du pouvoir d’achat des citoyens ou par le sacrifice des investissements nécessaires à l’avenir économique du Sénégal.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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