Dakar,30 OCTOBRE 2025(JVFE)-La France organisera le 30 octobre à Paris une Conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs, indique un communiqué du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, publié le 20 octobre.
Organisée en étroite coordination avec le Togo, médiateur de l’Union africaine sur les Grands Lacs, cette conférence aura pour objectif principal de mobiliser la communauté internationale afin de répondre à l’urgence humanitaire dans l’est de la RDC et dans la région.
Elle sera également l’occasion de soutenir la dynamique de négociation et de médiation en cours, portée par les Etats-Unis, le Qatar et l’Union africaine.
« Elle permettra enfin d’aborder l’approfondissement indispensable de l’intégration économique régionale, vecteur essentiel d’une paix durable, en marge du Forum de Paris sur la Paix », note le communiqué.
Cet événement permettra, selon la diplomatie française, à la communauté internationale de marquer son engagement en faveur de la paix et de la prospérité dans la région des Grands Lacs et de soutenir concrètement les populations locales.
Le Président Félix Tshisekedi et Filippo Grandi, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, en visite officielle en RDC, avaient abordé, au mois d’août, cette question en vue d’harmoniser les messages clés à véhiculer lors de ces assises.
La France veut aller plus loin dans son engagement pour la paix dans la région des Grands Lacs. Elle organise ce jeudi 30 octobre, à Paris, une conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région. Premier objectif : mobiliser la communauté internationale face à l’urgence humanitaire à l’est de la RDC et dans les pays voisins. Mais quelle est la plus-value de cette conférence, alors que des médiations sont déjà en cours à Washington et à Doha ?
Le financement des plans de réponse humanitaire repose principalement sur les contributions volontaires de gouvernements, de particuliers et d’institutions, mais fait face à un sous-financement chronique qui menace la capacité à fournir une aide essentielle. L’ONU a besoin de milliards de dollars pour ses opérations, mais le financement est souvent insuffisant, obligeant à revoir à la baisse les plans d’aide et à prioriser les besoins les plus urgents. Des initiatives comme les cagnottes en ligne ou le financement direct via des organisations comme l’USAID et la DDC sont également des sources de financement.
Principales sources de financement
- Contributions des gouvernements : Les gouvernements sont les principaux bailleurs de fonds des opérations humanitaires.
- Contributions volontaires : Les particuliers et les institutions apportent également leur soutien, souvent via des appels aux dons.
- Fonds spécifiques : Certains pays, comme les États-Unis avec l’USAID, financent directement une partie des plans de réponse nationaux.
- Organisations nationales : Des agences suisses comme la DDC financent des programmes et des ONG suisses.
- Plateformes en ligne : Des plateformes comme Ulule, KissKissBankBank, GoFundMe ou Leetchi permettent de centraliser les dons pour des projets spécifiques.
Défis et enjeux
- Sous-financement : De nombreux plans de réponse humanitaire sont sous-financés. Par exemple, l’appel de l’ONU pour 2025 était de $47,4 milliards, mais le montant final obtenu est inférieur.
- Ressources insuffisantes : Le manque de ressources peut entraîner la réduction ou l’interruption de programmes vitaux.
- Financement irrégulier : Le financement n’est pas toujours garanti, surtout lorsque des acteurs comme l’administration américaine modifient leurs politiques.
- Complexité des besoins : Certains besoins sont si importants que même un financement important ne suffit pas. Il est alors nécessaire de chercher des financements plus durables, comme cela a été demandé pour la Syrie.
Impact du financement sur les plans d’aide
- Priorisation : Les besoins les plus urgents sont priorisés lorsque le financement est insuffisant.
- Réduction des programmes : Certains programmes peuvent être réduits ou interrompus.
- Financement direct et flexibilité : Des fonds plus flexibles, comme ceux offerts par des initiatives de Save the Children, permettent de réagir aux besoins locaux, mais les demandes dépassent souvent l’offre disponible.
C’est d’abord une conférence à portée humanitaire et politique. Cette conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs, organisée ce jeudi 30 octobre à Paris s’inscrit dans la continuité de l’action diplomatique française. Paris veut mobiliser la communauté internationale face à une crise humanitaire parmi les plus graves au monde, mais aussi redonner du souffle aux médiations de Washington, de Doha et de l’Union africaine. Il y a d’abord eu, en septembre 2022, la rencontre entre Emmanuel Macron, Paul Kagame et Félix Tshisekedi à New York. Puis la résolution 2773, portée par la France, qui avait conduit le Conseil de sécurité à condamner l’avancée du M23 et à désigner la responsabilité du Rwanda.
Il faut déjà dire qu’aucun des processus en cours ne met vraiment en avant la composante humanitaire. Et pourtant, on parle ici d’une des crises les moins financées au monde. Au 15 octobre 2025, seulement 16% du plan de réponse humanitaire, évalué à 2,5 milliards de dollars, sont couverts. Les organisateurs veulent donc lever des fonds pour relever ce niveau de financement. On est très loin des 53% atteints en 2024, alors que plus de 21 millions de personnes ont besoin d’aide.
Sur le plan sanitaire, la situation est critique : les stocks de médicaments essentiels sont épuisés dans certaines zones de l’est, comme l’a expliqué à RFI le docteur Joseph Kakisingi, président du Conseil national des fora d’ONG humanitaires et de développement en RDC.
Environ cinquante pays et organisations internationales sont attendus à Paris. Les ONG espèrent un engagement fort. Environ 500 millions de dollars ont déjà été dépensés, mais les ONG veulent doubler ce montant, atteindre un milliard, et surtout s’assurer que l’argent soit bien utilisé.
Elles demandent aussi un meilleur accès humanitaire. Les contraintes administratives et sécuritaires sont trop lourdes, notamment dans l’est. Beaucoup d’acteurs humanitaires sont bloqués à la frontière à cause de taxes excessives ou de restrictions d’accès.
Autre point important : il ne s’agit pas seulement de la crise humanitaire en RDC, mais bien de toute la région des Grands Lacs. Un deuxième segment, plus économique, est aussi prévu pendant cette conférence. Il ira au-delà des aspects humanitaires, avec un traitement des causes dites « profondes » à travers l’intégration économique régionale.
L’idée, c’est de ne pas se limiter aux opportunités minières, mais de regarder plus large et d’intégrer, en plus de la RDC et du Rwanda, les autres pays de la sous-région dans des projets et investissements communs.
Reste à savoir comment tout cela va s’organiser. On rappelle que Kinshasa a refusé de signer l’accord sur le cadre économique régional à Washington tant que la question sécuritaire ne sera pas résolue. Et justement, Paris veut profiter de cette conférence pour organiser une séquence sécuritaire, au niveau ministériel, afin de donner un coup de pouce aux processus de paix pilotés par Washington et Doha.
L’Élysée confirme la présence du président Félix Tshisekedi, en tant que chef de l’État du pays le plus affecté par la crise. Le président togolais Faure Gnassingbé sera aussi là, en sa qualité de médiateur de l’Union africaine. Le Qatar sera représenté par son ministre d’État, Mohammed bin Abdulaziz Al-Khulaifi, chargé des médiations, de la résolution des conflits et du soutien au rôle du Qatar dans le règlement pacifique des différends.
Du côté américain, Massad Boulos, conseiller principal pour l’Afrique au département d’État, fera le déplacement. Et pour l’Union européenne, c’est Kaja Kallas, haute représentante pour les affaires étrangères et vice-présidente de la Commission européenne, qui participera.
Il n’y aura donc ni poignée de main ni photo de famille entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame : le président rwandais ne sera pas présent. Même chose pour Évariste Ndayishimiye du Burundi et Yoweri Museveni de l’Ouganda. En revanche, les cofacilitateurs nommés par l’Union africaine, eux, sont attendus.
Les acteurs de la société civile engagés dans les questions socio-humanitaires en Ituri, saluent la tenue de la conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs, prévue ce jeudi 30 octobre à Paris, en France. Dans une note de plaidoyer parvenue à JVFE ce mardi 28 octobre, rappellent que l’Ituri est l’une des provinces instables de l’est du pays secouées par des violences armées depuis des années ayant fait plusieurs milliers de morts suite à l’activisme des groupes armés locaux et étrangers.
Malgré les opérations militaires menées par les forces de sécurité, les actions pacifiques telles que les marches et journées “ville morte” initiées par les communautés victimes n’ont pas permis d’atténuer les souffrances des civils. Après le territoire de Djugu, les incursions répétées des miliciens CODECO ont touché Mahagi et Irumu, provoquant la naissance de groupes d’autodéfense aux diverses appellations (MAPI, ZAIRE, ZAIRE MAZEMBE, ZAIRE JAMUKULABATU), constitués au sein des communautés ciblées pour riposter aux attaques.
« Nous souhaitons que la situation humanitaire de la province de l’Ituri soit une priorité pour la RDC en cette circonstance combien importante. Plusieurs constats montrent que la crise en Ituri est souvent oubliée, peu médiatisée et semble n’intéresser que très faiblement la communauté tant nationale qu’internationale. Notre appel s’adresse aux participants de ces assises afin qu’ils soient animés par le souci de la paix, particulièrement pour la province de l’Ituri», peut-on lire dans la note signée par Jean Bosco Kisoke, adressée au Gouvernement congolais, aux humanitaires et aux bailleurs de fonds.
Les signataires reconnaissent que les autorités congolaises ont la responsabilité première de protéger et d’assister la population, conformément au principe humanitaire qui stipule que « c’est aux autorités nationales qu’incombe en premier lieu le devoir de fournir protection et assistance humanitaire aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays ». Se référant également aux conventions liant la RDC aux agences des Nations Unies, ils formulent plusieurs recommandations :
•Que le Gouvernement de la République impose la paix en neutralisant tous les groupes armés réfractaires au processus de paix, et qu’il assiste les personnes déplacées et retournées, notamment par une aide en vivres et non-vivres. Cette assistance constitue une réponse d’urgence essentielle pour soulager leurs souffrances. Ces déplacés vivent dans plusieurs dizaines de sites, certains reconnus dans le système de coordination humanitaire, d’autres non, tandis qu’une partie est accueillie dans des familles hôtes;
• Que le Gouvernement adopte une approche globale et multidimensionnelle dans la résolution du conflit en Ituri, en impliquant les scientifiques et experts : historiens, théologiens, anthropologues, philosophes, sociologues, agronomes, psychologues, politologues, économistes, juristes, et toute personne éprise de paix et connaissant les réalités de la province.
« Il est constaté que de nombreux chercheurs, hommes politiques, institutions et organisations contribuent, parfois inconsciemment, à la falsification de l’histoire et du contexte des atrocités. Cela entretient la pérennisation du conflit, car les analyses se basent souvent sur des faits politiques sans tenir compte des autres dimensions de la question », souligne encore le document.
Les acteurs de la société civile invitent enfin les partenaires humanitaires à ne pas se décourager malgré les conditions sécuritaires difficiles dans lesquelles ils opèrent, rappelant que la crise de l’Ituri est complexe et particulière au regard du concept d’« urgence » humanitaire. Aux bailleurs de fonds, ils lancent un appel à influencer pour la paix et à allouer des moyens conséquents afin de répondre aux besoins humanitaires de la province : sécurité alimentaire, abris, santé, éducation, protection, nutrition et articles ménagers essentiels.
Paris, capitale française, s’apprête à accueillir ce jeudi 30 octobre 2025 la Conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs, organisée en coordination avec le Togo, médiateur de l’Union africaine. Selon le Quai d’Orsay (Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères), l’objectif principal est de mobiliser la communauté internationale pour répondre à l’urgence humanitaire dans l’est de la RDC et dans la région. La conférence vise également à soutenir les processus de négociation et de médiation en cours, portés par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine.
Toujours selon Paris, cette rencontre permettra d’aborder aussi l’intégration économique régionale, considérée comme un vecteur essentiel d’une paix durable. Elle offrira à la communauté internationale l’occasion de réaffirmer son engagement en faveur de la paix et de la prospérité dans la région des Grands Lacs, tout en soutenant concrètement les populations locales.
Chiffré à hauteur de 2,54 milliards USD, le plan de réponse humanitaire 2025 pour la République Démocratique du Congo reste sous financé. D’après les récents chiffres des organisations humanitaires, le plan n’est financé qu’à ce jour à hauteur de 14 et 16% à moins de trois mois de la fin de l’année.
Alors que la France organise une conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs avec un accent particulier sur la situation humanitaire en RDC, Jérémy Robert, conseiller Afrique du Président Français Emmanuel Macron espère mobiliser un financement qui soit proche de 100% en vue de soulager les souffrances des populations dans l’Est congolais.
La conférence de Paris vise surtout à montrer qu’il n’y a pas de crise oubliée, surtout pas ce qui se passe en RDC et dans les Grands Lacs africains, d’après les organisateurs.
Lancé en février dernier par le gouvernement et la communauté humanitaire, le plan de réponse humanitaire 2025 pour la RDC est chiffré à 2,54 milliards de dollars américains. Cette enveloppe cruciale vise à fournir une aide vitale à 11 millions de personnes dont 7,8 millions de déplacés internes, l’un des niveaux les plus élevés au monde parmi les 21,2 millions de Congolais affectés par des crises multiples : conflits armés, catastrophes naturelles et épidémies.
Le lancement du Plan de réponse aux besoins humanitaires pour la RDC (2025) intervenait dans un contexte particulier de polycrise multidimensionnelle d’une ampleur inédite, qui combine trois éléments déstabilisateurs majeurs : d’une part une spirale de violence qui s’étend de l’Ituri au Tanganyika ; d’autre part la présence d’une autorité de facto dans des zones clés du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, deux provinces où les besoins humanitaires sont très importants ; et enfin une crise majeure du financement de la réponse humanitaire.
Cette Conférence intervient dans un contexte marqué par la réduction drastique du plan de l’ONU d’aide humanitaire mondial pour l’année 2025, en raison des « coupes budgétaires les plus importantes jamais opérées ». Le nouveau plan de 29 milliards de dollars pour 2025, contre les 44 milliards demandés à l’origine, doit « hyper-prioriser » l’aide pour 114 millions de personnes, selon un communiqué du Bureau de coordination de l’aide humanitaire de l’ONU (OCHA) rendu public lundi 16 juin 2025.
Cette baisse considérable de l’aide intervient alors que les conflits dans le monde se multiplient, certaines zones étant particulièrement vulnérables, à l’instar du Soudan, de la République démocratique du Congo, du Myanmar ou de Gaza, qui est confrontée à un risque « critique » de famine, selon un rapport paru en mai dernier.
FODE CISSE ,JOURNALISTE ,DIRECTEUR DE PUBLICATION et REDACTEUR EN CHEF JVFE

