La présidente par intérim Iliana Iotova a remporté le second tour de l’élection présidentielle en Bulgarie le 1er novembre 2026 avec 57,6 % des voix, devenant la première femme et 7eme présidente élue à la tête de l’État par plus d’un million de bulgares

 DAKAR, 02 NOVEMBRE 2026 (JVFE)—Selon les résultats officiels publiés par la Commission électorale centrale, Iliana Iotova a remporté le second tour de l’élection présidentielle en Bulgarie le 1er novembre 2026 en obtenant 57,6 % des voix (exactement 57,58 %). Grâce à cette victoire, elle entre dans l’histoire en devenant la première femme élue à la tête de l’État bulgare.

Iliana Iotova (soutenue par l’ancien président Roumen Radev et le Parti socialiste bulgare) a recueilli 57,6 % des suffrages, devançant Andreï Guiourov (39,5 %).

Le scrutin a connu une faible mobilisation, avec un taux de participation estimé entre 27 % et 29 % au second tour, après un premier tour déjà marqué par une abstention historique (environ 77 %).

Elle doit prêter serment le 22 janvier 2027 pour un mandat officiel de cinq ans, après avoir assuré l’intérim à la présidence depuis janvier 2026.

Contexte politique et enjeux

Ancienne journaliste et députée européenne, Iliana Iotova a mené campagne en insistant sur la sécurité nationale, la paix et un certain équilibre ou dialogue à l’égard de Moscou, dans un contexte d’inquiétudes géopolitiques liées à la guerre en Ukraine.

 Bien que la fonction de président de la République en Bulgarie soit en grande partie honorifique et représentative, le chef de l’État détient un droit de veto législatif et est le commandant suprême des forces armées.

  • Elle devance largement le candidat pro-européen Andreï Guiourov (ancien Premier ministre par intérim), qui a obtenu 39,5 % des suffrages et a rapidement concédé sa défaite.
  • Soutenue par le parti Bulgarie Progressiste et alliée de l’actuel Premier ministre Roumen Radev, Iliana Iotova s’est positionnée comme la « présidente de la paix », prônant le dialogue avec Moscou et s’opposant à l’aide militaire à l’Ukraine.
  • Le scrutin a toutefois été marqué par un taux d’abstention très élevé, la participation finale au second tour s’élevant à peine à moins de 30 %.

Déjà présidente par intérim depuis janvier 2026 à la suite de la démission de Roumen Radev (parti briguer la tête du gouvernement), elle entame désormais un mandat officiel de cinq ans.

Lors d’un débat télévisé le 29 octobre, Iotova s’est positionnée comme la candidate capable de garantir la paix dans la région et de maintenir des relations diplomatiques plus équilibrées avec la Russie. 

Elle reproche notamment à son adversaire d’avoir, en tant que Premier ministre par intérim, signé un accord de dix ans avec le président ukrainien Zelensky. Elle désapprouve également son association passée avec le parti « Nous poursuivons le changement », en particulier son action en faveur de la diversification des approvisionnements en gaz en 2022, après l’interruption des livraisons de gaz par Gazprom à la Bulgarie.

L’opposition a récemment critiqué Iotova pour avoir gracié cinq personnes condamnées pour trafic de drogue depuis 2022, dont au moins une a été arrêtée de nouveau par la suite pour le même crime.

Pour les deux candidats, l’année 2026 a été synonyme de profonds bouleversements. Iotova est devenue présidente par intérim après la démission de Rumen Radev et sa victoire aux élections anticipées d’avril avec son parti Bulgarie progressiste. Avant l’accession de Radev au poste de Premier ministre, Gyurov dirigeait le gouvernement intérimaire. 

La campagne présidentielle a coïncidé avec une recrudescence des attaques de drones en mer Noire, alimentant le débat public et les divisions quant à la réticence du gouvernement à désigner la Russie comme agresseur. Radev et Iotova restent tous deux évasifs sur le rôle potentiel de la Russie dans les risques sécuritaires en mer Noire.

Peu après le premier tour, le gouvernement a été critiqué pour avoir utilisé les canaux de communication officiels afin de promouvoir Iotova et pour son discours autoritaire envers les journalistes couvrant les élections. Le 30 octobre, le gouvernement a publié un communiqué affirmant que la Commission électorale centrale n’avait constaté aucune irrégularité, mais avait supprimé les publications relatives à Iotova si l’équipe de Gyurov était « si sûre que cela les aiderait dans leur campagne », sur un ton inhabituellement ironique pour une déclaration officielle. 

Des figures de l’opposition ont également accusé le gouvernement de Radev d’ingérence dans les réseaux sociaux. Trois pages satiriques populaires, ciblant souvent des personnalités politiques à travers des mèmes et des blagues, mais affichant parfois leur soutien à Gyurov et aux partis d’opposition pro-européens, ont été supprimées puis rétablies à plusieurs reprises.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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