4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement: DIOMAYE fait entendre la perspective africaine sur les solutions possibles.

Dakar, 29 juin 2025 (JVFE)-La Quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (FFD4) représente une opportunité unique de réformer le financement à tous les niveaux, y compris en donnant une impulsion à la réforme de l’architecture financière internationale, et de relever les défis qui freinent l’investissement urgent nécessaire à la réalisation des Objectifs de développement durable. La Conférence FFD4 se tiendra au Palais des expositions et des congrès FIBES de Séville, du 30 juin au 3 juillet 2025. 

La Quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (FfD4) offre une occasion cruciale d’explorer des stratégies pour mobiliser les ressources financières indispensables à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD). Le déficit de financement s’est considérablement creusé ces cinq dernières années, atteignant désormais environ 4 000 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale.

Le lourd fardeau de la dette limite encore davantage la marge de manœuvre budgétaire, rendant difficile pour de nombreux pays l’allocation des ressources nécessaires au développement durable. Cette situation est aggravée non seulement par le déclin des financements concessionnels et de l’aide publique au développement (APD), mais aussi par des défis structurels, notamment une diversification économique limitée, des systèmes financiers sous-développés, la montée des inégalités, ainsi que les conflits et l’instabilité dans de nombreux pays en développement. Instruments de financement innovants pour les ODD et l’action climatique L’accent est de plus en plus mis sur les mécanismes de financement innovants qui mobilisent, gèrent ou distribuent des fonds au-delà de l’APD1.

Ces dernières années, un éventail d’options permettant de mobiliser des financements tout en respectant les principes du développement durable a émergé, notamment les obligations thématiques, les obligations liées à la durabilité, les conversions de créances liées au climat et aux ODD, et les solutions de financement mixte. Les gouvernements et les banques centrales peuvent favoriser l’adoption et le développement de ces solutions en promouvant la sensibilisation, en élaborant des normes et des réglementations, en mettant en œuvre des politiques budgétaires, monétaires et prudentielles incitatives et en exploitant de nouveaux marchés pour le financement du développement.

Les pays africains à revenu intermédiaire (PRI) forment un groupe diversifié, partageant des objectifs communs visant à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) et à améliorer le bien-être de leurs populations.

En 2024, 31 des 54 pays africains étaient des PRI. Ces pays ont accompli des progrès significatifs dans leur développement et dans leur contribution au progrès économique et social du continent. Cependant, la plupart peinent encore à atteindre les ODD, notamment l’ODD 1 sur l’élimination de la pauvreté. En 2024, environ 40 % (près de 200 millions de personnes) des pauvres en Afrique vivaient dans les PRI. En tenant compte du fait que l’extrême pauvreté dans les pays plus riches se manifeste à des niveaux de revenu plus élevés que dans les pays pauvres, environ la moitié de la population des PRI africains vivait en situation de pauvreté en 2024. Les inégalités au sein des pays représentent un autre défi majeur, l’inégalité des revenus étant particulièrement marquée dans les PRI d’Afrique australe. Le piège du revenu intermédiaire constitue un défi majeur pour le développement, y compris en Afrique. Depuis la crise financière mondiale, un seul pays africain (les Seychelles) a accédé au statut de pays à revenu élevé, tandis que deux autres (la Guinée équatoriale et l’île Maurice) ont régressé.

La Conférence FfD4 offre une occasion opportune de mettre ce défi à l’ordre du jour et de faire entendre la perspective africaine sur les solutions possibles. Face aux menaces pesant sur la viabilité de la planète, des mesures d’atténuation et d’adaptation rapides, globales et profondes s’imposent. Pour les adopter, les PRI africains devront développer leur capital humain et diffuser de nouvelles technologies afin de soutenir des secteurs innovants capables de générer une croissance résiliente au climat. Une transition verte juste et équitable est également essentielle. Pour y parvenir, les PRI doivent avoir accès à des financements concessionnels à grande échelle, en complément des financements privés. La justice et l’ampleur des flux de financements concessionnels vers les PRI ont été au cœur de débats internationaux. Le poids élevé de la dette publique et le coût du service de la dette ont réduit leur marge de manœuvre budgétaire. Pourtant, les cadres actuels de restructuration de la dette excluent souvent les PRI. L’accès des PRI africains aux investissements essentiels à l’adaptation climatique est également limité par leur statut de pays à revenu intermédiaire. Cette table ronde dans le cadre de la FfD4 est une opportunité importante pour appuyer les PRI africains dans leur adaptation à la nouvelle réalité mondiale. Si les PRI africains prospèrent et surmontent les défis liés à leur statut, ils joueront un rôle essentiel dans la coopération multilatérale et la construction d’un monde pacifique, prospère et intégré.

c’est dans ce cadre que le Chef de l’État, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar ce matin, à destination de Séville, en Espagne pour y prendre part.



Placée sous l’égide des Nations Unies, cette rencontre de haut niveau réunit plusieurs Chefs d’État et de gouvernement ainsi que des dirigeants d’institutions internationales, autour des enjeux stratégiques liés à la mobilisation de ressources pour le développement durable.

À son départ de l’aéroport militaire Léopold Sédar Senghor de Yoff, le Président de la République a été salué par le Premier ministre ainsi que d’autres autorités civiles et militaires.

En marge de la troisième réunion du Comité préparatoire de la 4ᵉ Conférence sur le financement du développement (FfD4), les experts économiques des Représentations permanentes francophones à l’ONU, et les délégués de leurs capitales, ont échangé à la Représentation de l’OIF à New York, le 13 février 2025, sur leurs priorités nationales dans le cadre de ce processus. 

Cet événement, modéré par la présidence du Groupe des Ambassadeurs francophones, a débuté par une présentation des enjeux, de l’historique et des principales étapes du processus de négociation du document final de la Conférence, qui sera adopté par les Chefs d’État et les Ministres des Finances lors de la Conférence programmée à Séville (Espagne) du 30 juin au 3 juillet 2025. Il est à noter que l’OIF et le Groupe des Ambassadeurs francophones, avec les contributions des Missions permanentes de Monaco et du Luxembourg auprès des Nations Unies, ont mis à la disposition des délégations la version en français de l’avant-projet de document final. 

Le Département des Affaires économiques et sociales des Nations Unies, en sa qualité de secrétariat de la FfD4, a animé ce segment. Il a mis en lumière les deux grandes priorités de la Conférence, qui se tient dix ans après la précédente à Addis Abeba : 

  • Réformer l’architecture financière internationale pour la rendre plus inclusive et plus stable. 
  • Stimuler l’investissement en faveur des Objectifs de développement durable (ODD). 

La FfD4 couvre un large éventail de thématiques liées au développement. Parmi les sept domaines d’action identifiés dans l’avant-projet du document final, plusieurs délégations francophones ont mis l’accent sur la réforme de l’architecture financière internationale aux fins du renforcement de son efficacité, en abordant les questions suivantes : 

  • L’allègement de la dette, un enjeu clé pour de nombreux pays en développement confrontés au poids écrasant d’une dette qui rétrécit leur espace budgétaire. 
  • La mobilisation des capitaux privés, afin de compléter les financements publics. 
  • La mise en place de mécanismes de financement plus souples, innovants et opérationnels, adaptés aux défis du développement durable. 
  • L’importance de renouveler l’approche en matière de financement du développement, en l’adossant sur trois piliers (économique, social et écologique).  
  • La nécessité de disposer d’une déclaration finale concise et orientée vers l’action, assortie d’un document de stratégie ciblant les actions à mener à l’issue de la Conférence de Séville.  

Un autre enjeu majeur abordé par les délégations francophones concerne les barrières linguistiques qui entravent l’accès à la finance durable et à l’assistance technique pour de nombreux pays francophones. L’OIF s’efforce d’y remédier à travers des actions de plaidoyer et l’expertise technique fournie par l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD). 

FFD4 a pour objectif d’établir un cadre mondial renouvelé de financement permettant de mobiliser des volumes de capitaux plus importants à moindre coût. Le document préliminaire appelle à des mesures visant à promouvoir des investissements axés sur les ODD et à réformer l’architecture financière internationale, afin de permettre le changement dont le monde a urgemment besoin. 

Ces Conférences Internationales sur le Financement du Développement constituent le seul forum où les dirigeants de tous les gouvernements, ainsi que les organisations internationales et régionales, les institutions financières et commerciales, les entreprises, la société civile et le système des Nations Unies, se réunissent au plus haut niveau, et renforce ainsi la coopération internationale. 

Comité préparatoire intergouvernemental 

La résolution 78/231 de l’Assemblée générale a établi un Comité préparatoire intergouvernemental chargé d’assurer les préparatifs organisationnels, procéduraux et de fond de la Conférence. Ce Comité comprend un Bureau composé de trois membres de chaque groupe régional. 

Lors de sa session organisationnelle, le Comité a adopté l’ordre du jour provisoire annoté de ses travaux ainsi qu’un projet de décision sur les modalités supplémentaires de la Conférence. 

Les prochaines sessions du Comité préparatoire se tiendront comme suit : 

  • Première session : Addis-Abeba, du 22 au 26 juillet 2024 
  • Deuxième session : New York, du 3 au 6 décembre 2024 
  • Troisième session : New York, du 10 au 14 février 2025 
  • Quatrième session : New York, du 30 avril au 1ᵉʳ mai 2025 

Le 28 octobre 2024 a eu lieu une audition intersessionnelle de Multistakeholders  à New York le 28 octobre 2024, dans le cadre du processus préparatoire de la Conférence. 


Le Comité préparatoire intergouvernemental est coprésidé par les Représentants permanents suivants : 

  • M. Zéphyrin Maniratanga, Représentant permanent du Burundi auprès de l’ONU  et M. Rui Vinhas, Représentant permanent du Portugal auprès de l’ONU.

Le 19 juin 2024, les coprésidents du Comité préparatoire de la FFD4 ont annoncé que le Mexique, le Népal, la Norvège et la Zambie faciliteraient conjointement les négociations sur le document final de la FFD4. 

Les autres membres du Comité préparatoire sont les représentants des pays suivants : 

  • États africains : Afrique du Sud 
  • États d’Asie-Pacifique : La Chine, la République islamique d’Iran et le Pakistan exercent à tour de rôle la vice-présidence 
  • États d’Europe orientale : Pologne et Fédération de Russie 
  • États d’Amérique latine et des Caraïbes : Brésil et Colombie 
  • États d’Europe occidentale et autres États : Canada 

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