Dakar,31 JUILLET 2025 (JVFE)-Georges Abdallah est libre, après avoir passé 40 ans derrière les barreaux en France . Le militant libanais propalestinien, condamné dans les années 1980 pour complicité d’assassinats de diplomates américain et israélien, a quitté sa cellule vendredi 25 juillet et s’est envolé immédiatement vers le Liban.
Georges Ibrahim Abdallah né le 2 avril 1951 à Kobayat (Liban) est un militant communiste libanais, condamné pour complicité d’assassinat terroriste, chef de la Fraction armée révolutionnaire libanaise en France, une organisation armée d’extrême gauche qui revendique plusieurs attentats sur le territoire français, notamment l’assassinat d’un diplomate américain et d’un diplomate israélien en 1982.
Arrêté en 1984, Georges Ibrahim Abdallah est condamné en 1987 à la réclusion à perpétuité pour complicité dans ces deux assassinats. Il est libérable à partir de 1999.
Plusieurs personnalités intercèdent pour sa libération tandis que des organisations françaises, notamment de gauche, font campagne pour sa libération.
En novembre 2024, le tribunal de l’application des peines accepte la demande de libération de Georges Abdallah. Saisie d’un appel du parquet, la cour d’appel autorise en juillet 2025 sa libération avec expulsion immédiate vers le Liban, qui a lieu le 25 juillet 2025.
Georges Abdallah est considéré comme l’un des plus anciens détenus de France, voire d’Europe. La durée de sa détention est « disproportionnée » par rapport aux crimes commis et au vu de l’âge de l’ancien chef des FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises), ont estimé les magistrats de la cour d’appel. Ce groupuscule de chrétiens libanais marxistes, dissous depuis longtemps, n’a « pas commis d’action violente depuis 1984 », a également rappelé la Cour, qui voit en Georges Abdallah un « symbole passé de la lutte palestinienne ».
« Les conditions de la liberté, c’est de se tenir aux côtés de nos frères de Gaza ». C’est par ces mots que Georges Abdallah a harangué ses fidèles venus l’accueillir à l’aéroport de Beyrouth. Et c’est aux cris de « Liberté ! » qu’il a été accueilli par des dizaines de sympathisants brandissant notamment des drapeaux palestiniens à sa sortie de l’aéroport international de Beyrouth, où le vol Air France AF564, à bord duquel il se trouvait, a atterri à 14h30 (11h30 TU). « Les enfants de Palestine meurent de faim alors que des millions d’Arabes les regardent en spectateurs », a-t-il lancé, dans sa première déclaration publique depuis le salon d’honneur de l’aéroport. « La résistance doit se poursuivre et s’intensifier », a ajouté l’ancien instituteur de 74 ans, à la barbe et à la chevelure blanches, devant ses proches et des personnalités libanaises, dont un député du mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a salué un « symbole de dignité et de persévérance ».

