Cameroun :1 fauteuil présidentiel pour 12 candidats

Dakar,19 aout 2025(JVFE)-Le président de la République du Cameroun, Paul Biya a convoqué, par décret ce vendredi 11 juillet 2025, le corps électoral pour l’élection présidentielle, qui se tiendra le dimanche 12 octobre 2025 afin d’élire le président de la république du Cameroun.

Selon le décret présidentiel n° 2025/305, les électeurs camerounais sont appelés aux urnes le 12 octobre pour élire le chef de l’État. Les bureaux de vote ouvriront à 8 heures et fermeront à 18 heures sur l’ensemble du territoire, précise l’Agence de presse africaine (APA).

Cette convocation intervient conformément à la Constitution camerounaise et au Code électoral, modifié en 2012. Le décret précise également qu’il sera publié en urgence dans le Journal Officiel, en français et en anglais.

Le président en exercice Paul Biya se présente à sa réélection pour un nouveau mandat de sept ans. Âgé de 92 ans, son état de santé fait l’objet de débats quant à sa capacité à assurer un nouveau septennat.

Le scrutin voit l’exclusion de nombreux candidats dont notamment le principal dirigeant de l’opposition, Maurice Kamto, arrivé deuxième au scrutin précédent, dans un contexte d’émergence de nouvelles figures de l’opposition.

Le Conseil a en revanche validé les candidatures de deux autres opposants historiques, Cabral Libii, du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), et Joshua Osih du Social Democratic Front (SDF). Au total douze candidats brigueront la magistrature suprême.

Après la publication officielle, le 26 juillet 2025, de la liste des candidats retenus par le Conseil Électoral du Cameroun (Elections) et le contentieux pré-électoral, le 4 août 2025, les populations camerounaises ont désormais une idée sur le profil de ceux qui aspirent diriger le pays.

contexte et enjeux

Ce scrutin présidentiel intervient dans un contexte de fragilité politique sociale et économique, marqué par la crise qui perdure depuis 2016 dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et un chômage galopant.

Au Cameroun, 60% de la population a moins de 25 ans. Or, le taux de chômage des jeunes est supérieur à 70%. Lors du précédent scrutin en 2018, Maurice Kamto avait pu se présenter. Il était arrivé deuxième avec 14% des voix face à Paul Biya. C’est peu mais sa candidature avait suscité de l’espoir dans ce pays miné par la corruption.

 Paul Biya, au pouvoir depuis quarante-trois ans et qui a annoncé briguer un huitième mandat lors du scrutin du 12 octobre.

Mais l’opposition camerounaise, historiquement divisée, peine une nouvelle fois à s’unir. Samedi, un collectif de représentants de plusieurs partis a publié un communiqué dans lequel ils se sont engagés à choisir « un candidat consensuel autour d’un programme commun », sans qu’aucun nom ne soit encore avancé.

Vu le poids du Rdpc (rassemblement démocratique du peuple camerounais), parti au pouvoir depuis 43 ans. Faire tomber ce géant fortement enraciné dans les régions, départements, arrondissements, districts et villages, selon les militants, amis et sympathisants des partis politiques de l’opposition, est une équation facile à résoudre, si et seulement si, les leaders des  12 partis de l’opposition retenus, vont s’entendre, pour choisir un seul candidat.

Cette annonce d’ELECAM intervient deux semaines après que Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, a officiellement déclaré sa candidature. Dans un message diffusé le 13 juillet, il affirmait : « Je suis candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Ma détermination à vous servir est à la mesure de l’acuité des défis auxquels nous sommes confrontés. Le meilleur reste à venir. »

Le président camerounais a justifié sa décision par les « attentes pressantes » exprimées par les populations et la diaspora, réaffirmant que la sécurité et le bien-être des Camerounais restent sa « mission sacrée ». Par décret signé le 11 juillet, il avait convoqué le corps électoral pour ce scrutin.

La campagne électorale s’ouvrira dans les prochaines semaines, selon le calendrier établi par ELECAM. Le scrutin s’annonce comme un test majeur de stabilité et de gouvernance pour le pays.

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