FMI:une mission technique d’une semaine à Dakar pour accélérer certains projets nationaux

Dakar,19 aout 2025(JVFE)-Une délégation du Fonds monétaire international est arrivée à Dakar en ce début de semaine du 18 août. Objectif : examiner l’exécution du budget 2025, préparer les grandes lignes de la loi de finances 2026 et mesurer l’avancée des réformes. Cette étape intermédiaire est décisive pour sécuriser les futurs décaissements et renforcer la crédibilité des politiques publiques.

Le FMI est chargé de trois missions cruciales : promouvoir la coopération monétaire internationale, favoriser l’expansion du commerce et de la croissance économique, et décourager les politiques économiques susceptibles de nuire à la prospérité.

Contrairement aux missions de revue formelles, cette « staff visit » du FMI est conçue comme un point d’étape. Les experts souhaitent évaluer la trajectoire budgétaire de l’État, en particulier la consolidation des recettes fiscales et la maîtrise des charges publiques. Les techniciens du ministère des Finances devront démontrer la capacité du pays à maintenir un déficit sous contrôle tout en assurant le financement des priorités sociales et économiques.

Une équipe des services du FMI, dirigée par M. Edward Gemayel, a effectué une mission au Sénégal du 18 au 26 mars 2025 afin d’échanger avec les autorités sur les conclusions du rapport d’audit de la Cour des comptes, publié le 12 février 2025. Cet audit approfondi a examiné l’exécution budgétaire sur la période 2019–2023 et confirmé des déclarations erronées importantes des déficits budgétaires et de la dette publique. La mission visait à évaluer l’ampleur des écarts constatés, comprendre les mécanismes ayant conduit aux incohérences, et discuter des mesures correctrices à mettre en place pour éviter qu’elles ne se reproduisen

  • L’équipe a évalué l’ampleur des révisions des données budgétaires, discuté des facteurs institutionnels et procéduraux ayant contribué à ces déclarations erronées, et échangé avec les autorités sur les mesures correctrices visant à renforcer la transparence et la gestion des finances publiques.
  • Le FMI se félicite de l’engagement des autorités en faveur de la transparence budgétaire et réaffirme sa disponibilité à accompagner le Sénégal dans la conception d’un nouveau programme de réformes, fondé sur les conclusions de l’audit et les priorités nationales de développement, une fois les conditions requises réunies.
  • « Ces conclusions mettent en lumière de graves lacunes dans le contrôle budgétaire et la reddition des comptes, soulignant l’urgence de mettre en œuvre des réformes structurelles. La mission a cherché à mieux cerner l’ampleur des écarts et les insuffisances juridiques, institutionnelles et procédurales qui les ont rendus possibles. Les discussions ont également porté sur l’identification de mesures correctrices pour améliorer la transparence budgétaire, renforcer le contrôle des finances publiques et la récurrence de telles pratiques.
  • « L’activité économique du Sénégal est restée résiliente en 2024. Les premières estimations indiquent une croissance du PIB réel d’environ 6,0 %, soutenue par une solide performance du secteur des hydrocarbures. L’inflation est restée faible, avec une moyenne de 0,8 %, contribuant à un environnement de prix stable. Le déficit budgétaire s’est établi à 11,7 % du PIB, tandis que la dette de l’administration centrale est estimée à 105,7 % du PIB à fin 2024. Les conditions de financement se sont nettement resserrées, reflétant des tensions sur les marchés régionaux, des retards dans le soutien des partenaires techniques et financiers, et un recours accru à des emprunts extérieurs de court terme à coût élevé. Ces tensions soulignent l’importance d’une stratégie crédible d’assainissement budgétaire.
  • « Des réformes audacieuses et crédibles seront essentielles afin de permettre un retour rapide à l’objectif de déficit budgétaire fixé par l’UEMOA et de placer la dette publique sur une trajectoire durablement décroissante. Les mesures prioritaires incluent la rationalisation des exonérations fiscales et la suppression progressive des subventions énergétiques coûteuses et non ciblées. Ces réformes permettront de reconstituer les marges de manœuvre budgétaires, indispensables pour faire face à de futurs chocs, soutenir les priorités de développement, et réduire les vulnérabilités macroéconomiques.
  • « Les autorités ont exprimé leur intention de solliciter un nouveau programme appuyé par le FMI. Le Fonds se tient prêt à accompagner le Sénégal dans la conception d’un programme de réformes ambitieux, tirant les enseignements de l’audit et conforme à la stratégie nationale de développement. Les discussions sur un éventuel nouveau programme débuteront dès que des mesures correctrices auront été engagées pour remédier aux déclarations erronées, et peu après l’examen du dossier par le Conseil d’administration du FMI. »
  • L’équipe des services du FMI tient à remercier les autorités sénégalaises pour leur chaleureux accueil, leur excellente coopération, ainsi que pour la franchise et la qualité des échanges tout au long de la mission.
  • Au cours de sa visite, l’équipe a rencontré Son Excellence M. Bassirou Diomaye Faye, Président de la République ; M. Ousmane Diagne, Ministre de la Justice ; M. Abdourahmane Sarr, Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération ; M. Cheikh Diba, Ministre des Finances et du Budget ; ainsi que plusieurs hauts responsables de l’administration. L’équipe a également eu des échanges fructueux avec des représentants des syndicats, de la société civile et des partenaires au développement.

Cette séquence intervient à quelques mois de la session de novembre, où sera conduite une évaluation complète. Le caractère intermédiaire de la visite permet au gouvernement de corriger rapidement ses orientations et de montrer sa réactivité face aux recommandations. Plusieurs observateurs estiment que ce dialogue est aussi une opportunité pour renforcer la confiance des investisseurs, un élément qui pourrait être analysé dans un prochain rapport spécialisé.

Au-delà des équilibres comptables, les discussions portent sur l’état d’avancement des réformes structurelles engagées par le Sénégal. Les experts s’intéressent notamment aux dispositifs destinés à élargir l’assiette fiscale et à rationaliser les dépenses de fonctionnement. Le suivi précis de ces chantiers est essentiel pour assurer la continuité des décaissements prévus dans le cadre du programme convenu avec l’institution internationale.

Cette mission technique peut également agir comme un levier pour accélérer certains projets nationaux. Le rôle de la direction générale de la Planification sera déterminant pour confirmer les projections officielles de croissance et ajuster, si nécessaire, les priorités sectorielles. Une analyse détaillée de ces perspectives pourrait être intégrée dans les prochaines publications économiques disponibles pour le public. La délégation du FMI poursuit ainsi ses entretiens jusqu’à la préparation de la loi de finances 2026.

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