DAKAR, 20 janvier 2026(JVFE)-Lundi 15 décembre, Donald Trump a signé un décret désignant le fentanyl comme une “arme de destruction massive”, il s’agit du 221e décret de son second mandat. Ce faisant, il établit un nouveau record, puisque l’actuel locataire de la Maison-Blanche a signé “plus de décrets en moins d’un an de présidence qu’il ne l’avait fait pendant l’intégralité de son premier mandat, durant lequel il avait promulgué 220 décrets au total, contournant ainsi le Congrès et obligeant les tribunaux à se pencher sur les limites constitutionnelles de son pouvoir”.
Donald Trump est le premier président américain depuis la Seconde Guerre mondiale à remettre en cause le rôle mondial de l’Amérique
Depuis son investiture, le 20 janvier dernier, le locataire de la Maison-Blanche a utilisé ces décrets exécutifs pour “imposer des droits de douane généralisés, exercer des représailles contre ses ennemis présumés” et imposer ses vues sur une multitude de sujets allant “de la remise en cause des lois sur l’immigration à la réglementation de la pression de l’eau des pommeaux de douche”, détaille le quotidien de la capitale fédérale américaine.
Une stratégie délibérée
À la date du 12 décembre, poursuit le journal, un tiers de ces décrets présidentiels avaient fait l’objet d’une contestation devant les tribunaux. Si, depuis le début du XXe siècle, les présidents américains ont consolidé leur pouvoir exécutif afin
Le premier mandat de Donald Trump (2017-2021) a été marqué par des décrets controversés comme l’interdiction de voyager pour des pays musulmans et le retrait de l’Accord de Paris, tandis que son second mandat (2025-) a commencé avec un volume de décrets encore plus important (227 en 2025), axé sur l’annulation des politiques de son prédécesseur (Biden) dans l’immigration, l’énergie (retrait de l’Accord de Paris pour la 2e fois) et la réorganisation fédérale, avec une approche jugée plus agressive, utilisant massivement les décrets présidentiels au lieu du Congrès.
Premier Mandat (2017-2021) : Actions Clés
- Immigration : Décret controversé restreignant l’entrée des réfugiés et des ressortissants de sept pays à majorité musulmane.
- Environnement : Retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, fin des politiques environnementales d’Obama.
- Santé : Tentatives infructueuses d’abroger l’« Obamacare ».
- Décrets : 220 décrets en 4 ans, dont 55 la première année.
Second Mandat (2025-) : Actions Clés
- Volume de Décrets : Plus de 227 en un an (dont 26 le premier jour), un record.
- Immigration : Mesures strictes, urgence nationale pour la frontière.
- Énergie/Environnement : Retrait de l’Accord de Paris (encore), fin des investissements verts de Biden, promotion des énergies fossiles.
- Gouvernement : Annulation massive des décrets de Biden, réductions budgétaires, retour au travail en personne.
- Affaires Étrangères : Réintégration de Cuba sur la liste des pays soutenant le terrorisme, désignation de cartels comme terroristes.
- Approche : Utilisation intensive des décrets présidentiels, peu de collaboration avec le Congrès.
En Résumé
Le second mandat de Trump, débuté en 2025, marque une accélération et une intensification de son agenda initial, avec une forte dépendance aux décrets présidentiels pour renverser rapidement les politiques de l’administration Biden et imposer sa vision sur l’immigration, l’environnement et la structure fédérale.
Premier mandat (2017-2021)
Entre 2017 et 2021, Trump a signé 220 décrets présidentiels, dont 55 durant la première année. Parmi ses actions les plus controversées, dès sa première semaine à la Maison-Blanche : une mesure pour restreindre le nombre de réfugiés et pour interdire l’entrée au pays de ressortissants de l’Iran, de l’Irak, de la Libye, de la Somalie, du Soudan, de la Syrie et du Yémen – l’interdiction « antimusulmans », comme elle avait été surnommée par ses détracteurs. Cette mesure a été révoquée par son successeur, Joe Biden. Sur le plan environnemental, Trump a annoncé durant sa première année le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris et la fin de mesures vertes mises en place par son prédécesseur, Barack Obama. Il a aussi tenté, sans succès, d’abroger l’« Obamacare », la réforme du système de santé pour les moins nantis.
Second mandat (2025-)
Trump a signé 227 décrets présidentiels durant sa première année – dont 26 le 20 janvier 2025 seulement, journée de son retour en poste. C’est plus que durant les quatre ans de son premier mandat. Ils portent sur une foule de sujets : immigration, droits de douane, énergie, politiques de diversité, équité et inclusion, annulation des décrets de son prédécesseur. Plus de 250 poursuites ont été déposées contre le gouvernement Trump en 2025. « Il ne travaille pas du tout avec le Congrès, note Edward Alden, de la Western Washington University. Il fait tout par décret. » Le président a aussi proclamé l’urgence nationale pour mettre en place différentes mesures, comme les droits de douane imposés au Canada, prétextant l’entrée de fentanyl et de migrants clandestins. Il a mis fin au programme d’investissement dans l’énergie propre et le climat adopté sous Biden.
Donald Trump a déclaré qu’il ne « plaisantait pas » à propos de son souhait d’exercer un troisième mandat en tant que président des États-Unis.
La Constitution américaine stipule que « personne… ne sera élu plus de deux fois », mais certains partisans de M. Trump ont indiqué qu’il pourrait y avoir des moyens de contourner cette règle.
Trump veut-il un troisième mandat ?
Interrogé dans une interview accordée à la chaîne NBC sur la possibilité de briguer un troisième mandat à la Maison-Blanche, M. Trump a déclaré : « Il existe des méthodes pour y parvenir ».
« Je ne plaisante pas… beaucoup de gens veulent que je le fasse », a-t-il ajouté. « Mais je leur dis essentiellement que nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir, vous savez, c’est très tôt dans l’administration ».
Trump a fait exploser l’ordre mondial – et a laissé les dirigeants européens dans l’embarras
Il s’agit de la crise la plus grave pour la sécurité occidentale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et d’une crise durable. Comme le dit un expert, « le trumpisme survivra à sa présidence ». Mais quelles sont les nations qui sont en mesure de prendre les devants alors que les États-Unis se tiennent à l’écart ?
Un matin de février 1947, à 9H00, l’ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, Lord Inverchapel, se rend au département d’État pour remettre au secrétaire d’État américain, George Marshall, deux messages diplomatiques imprimés sur du papier bleu pour souligner leur importance : l’un sur la Grèce, l’autre sur la Turquie.
Épuisée, ruinée et lourdement endettée auprès des États-Unis, la Grande-Bretagne a fait savoir à ces derniers qu’elle ne pouvait plus continuer à soutenir les forces gouvernementales grecques qui luttaient contre une insurrection communiste armée. La Grande-Bretagne avait déjà annoncé son intention de se retirer de la Palestine et de l’Inde et de réduire sa présence en Égypte.
Les États-Unis ont immédiatement compris qu’il existait désormais un réel danger de voir la Grèce tomber aux mains des communistes et, par extension, sous le contrôle des Soviétiques. Et si la Grèce tombait, les États-Unis craignaient que la Turquie ne soit la suivante, ce qui donnerait à Moscou le contrôle de la Méditerranée orientale, y compris, potentiellement, le canal de Suez, une voie commerciale mondiale vitale.
Presque du jour au lendemain, les États-Unis se sont engouffrés dans le vide laissé par le départ des Britanniques.
« Les États-Unis doivent avoir pour politique, a annoncé le président Harry Truman, de soutenir les peuples libres qui résistent aux tentatives d’assujettissement par des minorités armées ou par des pressions extérieures ».
C’était le début de ce que l’on a appelé la « doctrine Truman ». Au cœur de cette doctrine se trouve l’idée que l’aide à la défense de la démocratie à l’étranger est vitale pour les intérêts nationaux des États-Unis.
Deux grandes initiatives américaines ont suivi : le plan Marshall, un vaste programme d’aide visant à reconstruire les économies européennes en ruine, et la création de l’OTAN en 1949, destinée à défendre les démocraties contre une Union soviétique qui avait désormais étendu son contrôle sur la partie orientale de l’Europe.
Il est facile de considérer que c’est à ce moment-là que le leadership du monde occidental est passé de la Grande-Bretagne aux États-Unis. Plus exactement, c’est le moment qui a révélé que c’était déjà le cas.
Les États-Unis, traditionnellement isolationnistes et abrités par deux vastes océans, ont émergé de la Seconde Guerre mondiale en tant que leader du monde libre. Tout en projetant sa puissance autour du globe, l’Amérique a passé les décennies d’après-guerre à remodeler une grande partie du monde à son image.
La génération du baby-boom a grandi dans un monde qui ressemblait, sonnait et se comportait plus que jamais comme les États-Unis. Les États-Unis sont devenus l’hégémon culturel, économique et militaire du monde occidental.
Pourtant, les hypothèses fondamentales sur lesquelles les États-Unis ont fondé leurs ambitions géostratégiques semblent aujourd’hui sur le point de changer.
Donald Trump est le premier président américain depuis la Seconde Guerre mondiale à remettre en question le rôle que son pays s’était fixé il y a plusieurs décennies. Et il le fait de telle manière que, pour beaucoup, l’ancien ordre mondial semble révolu – et le nouvel ordre mondial doit encore prendre forme.
La question est de savoir quelles nations feront un pas en avant. Et, alors que la sécurité de l’Europe est mise à rude épreuve comme elle ne l’a jamais été de mémoire d’homme, ses dirigeants, qui se démènent actuellement, peuvent-ils trouver une réponse adéquate ?
Un défi pour l’héritage de Truman

La critique de l’ordre international post-1945 par le président Trump remonte à des décennies. Il y a près de 40 ans, il a publié de pleines pages de publicité dans trois journaux américains pour critiquer l’engagement des États-Unis à défendre les démocraties du monde.
« Pendant des décennies, le Japon et d’autres pays ont profité des États-Unis », écrivait-il en 1987. « Pourquoi ces pays ne paient-ils pas les États-Unis pour les vies humaines et les milliards de dollars que nous perdons pour protéger leurs intérêts » ?
« Le monde se moque des politiciens américains alors que nous protégeons des navires qui ne nous appartiennent pas, transportant du pétrole dont nous n’avons pas besoin, à destination d’alliés qui ne veulent pas nous aider ».
C’est une position qu’il répète depuis sa seconde investiture.
La fureur ressentie par certains membres de son administration face à ce qu’ils perçoivent comme la dépendance de l’Europe à l’égard des États-Unis s’est apparemment manifestée dans les fuites de messages concernant les frappes aériennes sur les Houthis au Yémen qui ont été divulguées cette semaine.
Dans ces messages, un compte nommé vice-président JD Vance écrit que les pays européens pourraient bénéficier des frappes. Il y est écrit : « Je déteste juste renflouer l’Europe une fois de plus ».
Un autre compte, identifié comme le secrétaire à la défense Pete Hegseth, a répondu trois minutes plus tard : « VP : Je partage entièrement votre dégoût pour le renflouement de l’Europe. C’est PATHETIQUE ».
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

