L’armée congolaise reprend le contrôle de la ville d’Uvira après le retrait du M23

DAKAR, 20 janvier 2026(JVFE)-L’armée congolaise a annoncé lundi avoir repris le contrôle de la ville stratégique d’Uvira dans l’est de la RDC, après le retrait des combattants du groupe armé M23 soutenu par Kigali, qui restent positionnés à proximité de la cité lacustre.

Le groupe antigouvernemental M23 a lancé début décembre une offensive dans la province du Sud-Kivu (est de la RDC) et pris le contrôle d’Uvira, une ville de plusieurs centaines de milliers d’habitants, située à la frontière du Burundi, alors que la RDC et le Rwanda venaient de signer un accord de paix sous l’égide des États-Unis.  

Le 17 décembre, le M23 avait annoncé le retrait de ses forces d’Uvira, affirmant répondre à une requête américaine. Toutefois, des éléments de police et des militaires affiliés au groupe armé étaient restés présents dans la ville lacustre.

Le M23 a de nouveau assuré vouloir retirer ses dernières unités encore sur place et déclaré son intention de placer Uvira « sous la responsabilité pleine et entière de la communauté internationale ». Samedi, des habitants ont observé des mouvements de troupes quittant progressivement la ville.

Des sources locales avaient constaté samedi des mouvements de troupes du M23 quittant la ville.  

Des miliciens progouvernementaux ont fait leur entrée dans la ville stratégique d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), à la suite du retrait annoncé des combattants du M23, un groupe armé soutenu par le Rwanda, selon plusieurs sources locales.

Début décembre, le M23 avait lancé une offensive dans la province du Sud-Kivu et pris le contrôle d’Uvira, une cité de plusieurs centaines de milliers d’habitants située à proximité de la frontière burundaise. Cette avancée était intervenue alors que Kinshasa et Kigali venaient de conclure un accord de paix sous l’égide des États-Unis.

Dimanche matin, des miliciens « wazalendo », surnom des milices locales pro-Kinshasa, ont fait leur entrée dans des quartiers du sud d’Uvira, suivis dans la journée par des membres des forces spéciales congolaises, selon des sources locales et gouvernementales.. Des tirs sporadiques ont été entendus dans la matinée, tandis que des commerces et des habitations ont été pillés.

Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a également confirmé « l’entrée progressive des wazalendo » dans la cité, précisant que des éléments des Forces armées de la RDC devaient suivre. Dans un message adressé à la presse, il a affirmé que des combattants du M23 s’étaient « positionnés sur les hauteurs » dominant la ville, ainsi que dans des localités environnantes, « braquant leurs armes sur Uvira ».

Ces combattants avaient été accueillis par des habitants en liesse, tandis que des tirs sporadiques résonnaient dans la ville.

Leur arrivée a également été émaillée de scènes de pillages de magasins et d’habitations, selon plusieurs sources locales.

« Une vingtaine de civils pillards a été interpellée », a déclaré lundi le porte-parole des forces armées congolaises (FARDC), Mak Hazukay, dans un communiqué annonçant la reprise de la ville par l’armée congolaise la veille.  

Les FARDC « poursuivent leur déploiement dans la ville d’Uvira et ses environs afin de consolider leurs positions », ajoute la même source.  

« Règlements de compte » et « pillages »

Le gouverneur de la province du Sud-Kivu, Jean Jacques Purusi, avait affirmé que les troupes du M23 « se sont positionnées sur les hauteurs » d’Uvira « pour braquer leurs armes sur la ville », ainsi que dans des localités situées à une quinzaine de kilomètres du centre, dans un message diffusé à la presse dimanche.  

Le coordinateur de la branche politique du M23, Corneille Nangaa, a quant a lui accusé dans un message sur X les forces gouvernementales de « règlements de compte » et de « pillages », visant notamment la communauté Banyamulenge, une communauté tutsi de l’est aux lointaines origines rwandaises, et régulièrement victime de discriminations en RDC.

Une partie des membres de la communauté Banyamulenge encore établis à Uvira avait quitté la ville samedi, en même temps que les troupes du M23, qui prétend défendre les banyamulenge au Sud-Kivu.  

Dimanche, le porte-parole du gouvernement congolais Patrick Muyaya a accusé le M23 d’avoir « déporté certains d’entre eux ».  

Le gouverneur de la province du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a dénoncé une « une tactique de victimisation » et « une manipulation de la souffrance de la population », dans un message transmis à la presse dimanche.

Les militaires congolais « sécurisent la ville, notamment le quartier des Banyamulenge », a-t-il déclaré à l’AFP lundi.

Dans un courrier daté du 11 janvier, le M23 a demandé à la Mission des Nations unies en RDC (Monusco), dont les Casques bleus sont déployés dans la province voisine du Nord-Kivu, d’« assurer la sécurité de la ville ».

L’est de la RDC est ravagé par trente années de conflits. Les violences se sont intensifiées avec la résurgence du M23 fin 2021, qui s’est emparé de vastes pans de territoires dans l’est, et des grandes villes de Goma en janvier 2025 et de Bukavu en février.

La Rédaction © JVFE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *