Dakar,20 Aout 2025(JVFE)-L’affaire “AEE Power” au Sénégal concerne un projet d’électrification rurale impliquant la société espagnole AEE Power EPC et l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER). Des soupçons d’irrégularités, notamment dans l’utilisation des fonds et l’éviction d’AEE Power Sénégal, ont conduit à une suspension du projet et à une enquête. La police espagnole est également impliquée dans le suivi des flux financiers.
Signé le 23 février 2024, le contrat, d’un montant de 91,97 milliards FCFA, porte sur l’électrification de villages dans les régions de Kaffrine, Kédougou, Louga, Saint-Louis et Tambacounda. Dans ce cadre, la SONAC a émis trois garanties le 20 mars 2024 :
– Garantie d’avance de démarrage (20 % du marché) : pour couvrir l’acompte versé à AEE Power EPC, remboursable en cas de non-respect des obligations (retards, abandon, etc.).
– Garantie d’avance pour dépenses engagées (20 % du marché) : pour sécuriser les commandes de matériels importés – Garantie de bonne exécution (5 % du marché) : pour protéger l’ASER contre les défauts techniques ou malfaçons.
Ces garanties représentent un engagement financier de 37 milliards FCFA, montant souvent mal interprété dans les médias comme étant la prime d’assurance, alors qu’il s’agit des capitaux assurés. La prime annuelle, elle, s’élève à 947 millions FCFA.
Le ministère précise que, selon le Code des assurances de la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances (CIMA), une prime doit être payée pour valider les garanties, sauf dans deux cas : un délai de 180 jours pour les risques impliquant l’État, ou 60 jours pour les primes dépassant 80 fois le SMIG annuel. Dans ce dossier, la prime a été payée le 20 juin 2024, soit 90 jours après l’émission des garanties le 20 mars 2024, respectant ainsi le délai maximal de 180 jours. « Les garanties ne sont ni fictives ni irrégulières », insiste le ministère, affirmant leur conformité aux normes juridiques et techniques.
La polémique, alimentée par des critiques d’AEE Power Sénégal et du député Thierno Alassane Sall, portait sur une prétendue violation du Code CIMA dans l’émission des garanties. Le ministère dément ces allégations, expliquant que les 37 milliards FCFA correspondent aux capitaux assurés et non à une prime versée à l’entreprise. Il souligne également que l’émission des garanties respecte un cadre légal et contractuel bien défini.
Le contrat, initialement attribué à AEE Power EPC via une offre spontanée, a suscité des tensions, notamment après la saisine de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) par AEE Power Sénégal, qui contestait son éviction. En octobre 2024, l’ARCOP avait suspendu le marché, une décision partiellement annulée par la Cour suprême en février 2025. Par ailleurs, des inquiétudes ont été soulevées par la Banque Santander et l’Agence espagnole de crédit à l’exportation concernant l’utilisation de l’avance de démarrage de 36,73 milliards FCFA, dont 7,7 milliards FCFA versés à la SONAC pour régulariser les primes, alors que les travaux n’avaient pas débuté.
En août 2024, l’ASER et AEE Power EPC ont renégocié le contrat, augmentant le nombre de villages à électrifier de 1 500 à 1 740, intégrant 50 % de contenu local et un programme de formation pour les jeunes. Le ministère appelle à une analyse rigoureuse des faits pour dissiper les malentendus et réaffirme son engagement pour la transparence dans la gestion des contrats publics.
En bref, l’affaire AEE Power met en lumière des tensions entre AEE Power EPC et AEE Power Sénégal, ainsi que des soupçons de corruption et de non-respect des procédures dans un projet d’électrification crucial pour le Sénégal.
Un grand flou entoure l’exécution du marché d’électrification rurale liant l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (Aser) à la société espagnole Aee Power Epc, notamment en ce qui concerne l’utilisation de plus de 2 milliards 425 millions 500 mille F Cfa, soit 37 millions d’euros.
- Le projet visait à électrifier 1700 villages dans plusieurs régions du Sénégal, avec un financement de la banque espagnole Santander.
- AEE Power EPC a été choisi pour exécuter le projet, mais AEE Power Sénégal, une entité locale, a été écartée.
- Des irrégularités ont été signalées concernant l’utilisation de l’avance de démarrage, notamment des virements suspects vers Chypre et l’Égypte.
- L’Arcop, l’autorité de régulation des marchés publics, a suspendu le projet en raison de ces irrégularités.
Il y a effectivement un flou significatif autour de l’exécution du marché d’électrification rurale entre l’Aser (Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale) et AEE Power Epc, notamment concernant l’utilisation de fonds avancés pour le projet. Plus précisément, des doutes persistent sur l’utilisation d’une avance de démarrage de plus de 2 milliards 425 millions de francs CFA, alors que les travaux n’avaient pas encore débuté. L’affaire a été portée devant la justice espagnole et l’autorité de régulation des marchés publics (ARCOP) a suspendu le marché en attendant que le Comité de Règlement des Différends (CRD) se prononce.
Enjeu
- Non-respect des procédures:
AEE Power EPC est accusée de ne pas avoir respecté les règles de passation de marchés publics et d’avoir évincé son partenaire local.
- Impact sur le projet:
La suspension du projet pourrait compromettre l’électrification rurale de milliers de villages.
- Enquêtes:
La police espagnole a ouvert une enquête pour faire la lumière sur l’utilisation des fonds débloqués pour le projet d’électrification rurale entre l’ASER et AEE Power EPC.
- Elle cherche à vérifier si l’avance de démarrage, d’un montant de 37 milliards de francs CFA, a été utilisée conformément aux termes du contrat.
- Des mouvements de fonds suspects vers Chypre, l’Égypte et le Sénégal ont été signalés, d’où l’intérêt de l’enquête.
- La police espagnole souhaite déterminer la destination de l’argent et identifier d’éventuelles irrégularités.
- Les résultats de cette enquête sont considérés comme cruciaux pour faire la lumière sur cette affaire.
- L’affaire concerne un projet d’électrification de 1700 villages au Sénégal attribué à la société espagnole AEE Power EPC.
- Le projet a été marqué par des tensions entre AEE Power EPC et sa filiale sénégalaise, AEE Power Sénégal, ainsi que par des doutes sur la transparence de l’utilisation des fonds.
- L’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) sénégalaise avait initialement suspendu le projet en raison de ces préoccupations, mais la Cour suprême a ensuite annulé cette décision.
- Les bailleurs de fonds, notamment la banque Santander et l’agence publique espagnole Cesce, ont également exprimé des doutes sur la gestion financière du projet.
L’enquête porte sur les transferts d’argent suspectés, notamment des virements vers Chypre, l’Égypte et le Sénégal, à partir de l’avance de démarrage.
Oui, la police espagnole est bel et bien impliquée dans le suivi des flux financiers de l’affaire AEE Power, en lien avec l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER). L’enquête vise à retracer les mouvements d’argent entre Chypre, l’Égypte et le Sénégal, notamment concernant l’utilisation d’une avance de démarrage de 37 milliards de francs CFA.
- Suspension du marché:
L’ARCOP a suspendu le marché pour garantir la transparence et l’équité dans le traitement du dossier.
- Manque de documents:
L’Aser n’a pas fourni les documents requis par le CRD, ce qui complique l’évaluation du marché.
- Récriminations:
Les avocats d’AEE Power Sénégal ont également soulevé des points de désaccord concernant la procédure et la gestion du projet.
- Contestation:
AEE Power Sénégal a contesté la résiliation du contrat, la jugeant abusive, et a dénoncé des violations de la réglementation des marchés publics par l’Aser et AEE Power Epc.
En résumé, des doutes sérieux pèsent sur la gestion financière du projet d’électrification rurale et l’ARCOP a pris des mesures pour clarifier la situation.
Depuis lors ,le député Thierno Alassane Sall (TAS) continue d’épingler le dossier qui oppose l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), la Banque Santander et la société AEE Power. Face à la presse ce mardi 19 août, l’ancien ministre a affirmé que l’ASER a commis de graves irrégularités dans la gestion de ce marché stratégique.
TAS a directement pointé du doigt José Angel Gonzalez Tausz, accusé de démarches suspectes. Le député se demande comment cet homme a pu obtenir la prérogative de suspendre la convention avec la société sénégalaise AEE Power SN, tout en poursuivant ses négociations. Pour Thierno Alassane Sall, il serait à l’origine du conflit et pourrait avoir détourné des fonds de l’État.
TAS a rappelé que, dès septembre 2024, l’Autorité de Régulation de la Commande publique (ARCOP) avait mis en garde contre la mise à l’écart “injustifiée” d’une société sénégalaise au profit d’intérêts étrangers. L’ARCOP avait demandé la communication de tous les documents de renégociation, craignant que le processus ne soit “illégal et préjudiciable à l’économie nationale”.
La crise s’est accentuée après la décision de la Banque Santander de geler son financement, face à des zones d’ombre sur les 37 milliards de francs CFA déjà décaissés par AEE Power EPC.
- Avance de démarrage:
Il s’agit d’une somme de 37 milliards de francs CFA versée à AEE Power en tant qu’avance pour le démarrage des travaux, mais dont l’utilisation fait l’objet de doutes.
- Justification des dépenses:
- Un montant important de l’avance de démarrage a été décaissé sans que les travaux n’aient commencé, ce qui a suscité des interrogations quant à sa destination.
- La principale préoccupation concerne l’utilisation de l’avance de démarrage, avec des allégations de détournement de fonds.
Seuls 300 000 euros auraient été justifiés jusqu’à présent, alors que les travaux n’avaient pas encore démarré, selon les autorités espagnoles.
Il a directement mis en cause le président de l’entreprise espagnole AEE Power EPC, José Angel Gonzalez Tausz, qu’il accuse de pratiques suspectes. “ Comment cet homme a-t-il pu se donner le droit de suspendre la convention avec la société sénégalaise AEE Power Sénégal, tout en poursuivant ses négociations ?”, s’est interrogé le parlementaire, estimant que le dirigeant espagnol est au cœur du conflit et pourrait être impliqué dans le détournement de fonds publics.
“ Les Espagnols ont suspendu le financement pour savoir où sont passés les 37 milliards. AEE Power Sénégal a encaissé cette somme, destinée à électrifier plusieurs villages, mais aucun justificatif n’a été fourni malgré les réclamations de la Banque Santander”, a-t-il dénoncé.
Thierno Alassane Sall appelle ainsi le gouvernement à faire toute la lumière sur ce dossier. “Le Premier ministre Ousmane Sonko dispose de tous les leviers pour exiger des explications. Quatorze mois après, rien n’a été fait. Pourquoi ce régime protège-t-il AEE Power Sénégal alors que son implication sur ces 37 milliards est pointée du doigt ?”, a martelé le leader de la République des Valeurs.
Face aux controverses entourant le contrat d’électrification rurale liant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) à l’entreprise espagnole AEE Power EPC, le Ministère des Finances et du Budget a publié une note explicative pour clarifier les garanties émises par la Société Nationale de Crédit et de Cautionnement (SONAC) et réaffirmer leur conformité aux normes légales.

