Dakar,31 Aout 2025(JVFE)-L’armée russe occupe un cinquième environ du territoire ukrainien et Moscou revendique l’annexion de cinq régions : celles dans l’est de Donetsk et de Lougansk, qui forment le Donbass, celles dans le sud de Kherson et de Zaporijjia, ainsi que la Crimée conquise en 2014.
L’armée russe occupe un cinquième environ du territoire ukrainien et Moscou revendique l’annexion de cinq régions : celles dans l’est de Donetsk et de Lougansk, qui forment le Donbass, celles dans le sud de Kherson et de Zaporijjia, ainsi que la Crimée conquise en 2014.
La Russie continue d’exiger de l’Ukraine la cession du Donbass (est), qu’elle ne contrôle pas intégralement, mais est disposée à geler le conflit dans le sud de ce pays le long des lignes de front actuelles, a affirmé ce jeudi soir le chef de la diplomatie turque.
L’armée russe occupe un cinquième environ du territoire ukrainien et Moscou revendique l’annexion de cinq régions : celles dans l’est de Donetsk et de Lougansk, qui forment le Donbass, celles dans le sud de Kherson et de Zaporijjia, ainsi que la Crimée conquise en 2014.
Au cours de pourparlers à Istanbul plus tôt cette année, les négociateurs russes avaient, en tant que condition préalable à l’arrêt du conflit, exigé que l’Ukraine se retire totalement de ces cinq régions. Selon Ankara, Moscou a toutefois infléchi sa position à la suite du récent sommet en Alaska entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine.
Les Russes ont ainsi «renoncé à cette exigence et restent sur les lignes de contact, à l’exception d’une région (…). Il existe actuellement un accord préliminaire concernant la restitution (cession à la Russie, NDLR) de 25 à 30% de (la région de) Donetsk et le maintien des lignes de contact (dans celles de) Zaporijjia et Kherson», a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, dans un entretien avec la chaîne de télévision TGRT Haber.
Celui-ci n’a pas précisé si cet «accord préliminaire» avait été conclu entre Moscou et Washington ou entre Moscou et Kiev, qui a jusqu’ici catégoriquement rejeté toute concession territoriale, ni de quand il datait. Sous couvert d’anonymat, des responsables avaient déjà fait état de cette apparente inflexion russe. En dépit d’une frappe meurtrière sur la capitale ukrainienne jeudi, qui a fait au moins 23 morts, Hakan Fidan a salué des avancées sur le front diplomatique.
Le ministre turc a toutefois reconnu qu’il serait «difficile» pour l’Ukraine de céder des territoires, notamment la vaste région minière et industrielle du Donbass, la portion la mieux défendue du front composée de villes-forteresses et de centaines de kilomètres de tranchées et de champs de mines. «Une fois ce territoire abandonné, le territoire restant deviendra un peu difficile à protéger», a souligné Hukan Fidan.
“La logique d’agressivité de Moscou signifie qu’en interne, ça ne va pas si fort que cela”, pointe Emmanuel Véron, spécialiste des questions internationales
Emmanuel Véron, spécialiste des relations internationales, décrypte dans “La Matinale” du 29 août les tenants et aboutissants de la dernière attaque russe sur Kiev, qui a fait au moins 17 morts, dont des enfants. Est-il encore possible de négocier avec Moscou ?

La nouvelle frappe d’ampleur menée par Moscou sur Kiev mercredi a de quoi interroger à l’international. L’attaque, la plus importante depuis un mois sur la capitale ukrainienne a fait plus d’une quinzaine de morts, dont quatre enfants, avec 598 drones et 31 missiles envoyés. Comment interpréter le retour au dialogue de Vladimir Poutine dans un tel contexte ? Pour en parler, “La Matinale” a reçu, vendredi 29 août, Emmanuel Véron, docteur en géographie et spécialiste des questions internationales.
Brigitte Boucher : On va parler de cette frappe russe qui a visé Kiev jeudi, faisant au moins 17 morts, dont quatre enfants et une cinquantaine de blessés. Au total, 598 drones et 31 missiles ont été envoyés. Des représentations de l’Union européenne et de la Grande-Bretagne ont été touchées. Est-ce que Vladimir Poutine négocie vraiment la paix ou, finalement, est-ce qu’il nous mène en bateau ?
Emmanuel Véron : Ce n’est pas du tout une façon de négocier, ce n’est pas du tout une logique diplomatique de dialogue, d’échange, y compris derrière le rideau. On est sur une continuation, sur la continuité claire, nette et évidente de la destruction, de la menace, de l’intimidation et d’une pression exercée qui est considérable. À la fois sur le pouvoir politique de Zelensky, qui, lui, négocie et essaie d’évoquer un certain nombre de sujets, de pistes, et, également, une pression considérable sur les populations civiles et sur l’appareil d’Etat et de défense ukrainien. Donc, ce n’est en rien une logique de négociation, c’est une logique de prédation, c’est une logique qui continue à être dans l’agressivité, la violence et la destruction.
“L’intention réelle du régime n’est pas du tout de négocier mais de continuer la guerre”
Ça signifie que pour vous, les négociations, elles sont véritablement au point mort ?
Côté russe, il est évident qu’avec l’exécutif et l’équipe de Poutine, on n’est pas du tout dans une logique de négociation. Tant qu’il n’y aura pas, côté américain et européen, une logique de pression sur ce régime, pas uniquement financière et de sanctions…
Et comment on met cette pression, justement ? On applique des sanctions financières ?
Industrielles, militaires, politiques, et, évidemment, énergétiques. C’est l’une des deux grandes jambes de l’économie russe, qui ne va pas si bien que cela d’ailleurs. À côté de l’autre jambe étant l’industrie de défense, qui est en train de se refondre, de se recomposer, notamment avec le soutien de la Chine, à la fois technologique, industriel et également financier.
Le Kremlin dit quand même vouloir poursuivre le processus de négociation. Qu’est-ce qu’il entend par là ? Il ne veut pas totalement se déjuger à la face du monde ?
Exactement, c’est à la fois pour afficher des termes clés, si je puis dire, des choses qui vont lui confirmer que la Russie est responsable dans un jeu international face à Washington, face aux Etats-Unis, pour s’affirmer comme étant une puissance qui peut négocier. L’intention finale, l’intention réelle du régime n’est pas du tout de négocier mais de continuer la guerre et de continuer d’exercer une pression sur l’Ukraine. Et derrière l’Ukraine, c’est une pression considérable sur l’Europe, sur l’Otan, et en particulier sur les pays qui soutiennent le plus l’Ukraine. Notamment la Grande-Bretagne, notamment la France ou d’autres, avec la rencontre entre Mertz et Macron hier.
“L’armée ukrainienne ne s’effondre pas”
Et Vladimir Poutine, il est en position de force. Aujourd’hui, on a l’impression que rien ne peut l’arrêter, même face à Donald Trump…
C’est en tout cas l’image qu’ils souhaitent donner, c’est l’image qu’ils souhaitent afficher. Dans les faits, cette logique d’agressivité veut aussi dire qu’en interne, ça ne va pas si fort que cela, que les sanctions fonctionnent, que sur le front des 1 000-1 200 km, l’Ukraine n’est pas en train de s’effondrer, contrairement à ce qu’on a pu entendre encore ces derniers jours, ces dernières semaines.
Mais il y a une progression russe quand même, non, sur le terrain ?
Qui n’est pas si significative que cela. Il continue d’y avoir des pertes, mais on est sur là aussi une continuité à peu près claire de ces derniers mois où l’Ukraine continue d’agresser, continue de taper très, très fort. Il y a des milliers de morts par semaine, c’est considérable, avec des destructions considérables. Mais l’Ukraine ne s’effondre pas, l’armée ukrainienne ne s’effondre pas, continue de se battre, continue de tenir malgré la faiblesse et la fragilité du soutien américain.
Les propos d’Emmanuel Macron à l’encontre de son homologue russe “dépasse les limites de la décence” d’après la ministre russe des Affaires étrangères.
Vendredi 29 août, le Kremlin est monté au créneau qualifiant “d’insultes graves” les paroles du président français tenues à l’encontre de son homologue russe. Dans une émission télévisée russe, la France a été directement menacée par le “propagandiste” de Poutine, Vladimir Soloviev.
Ce vendredi, la ministre russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova ne décolère pas à la suite des propos du président de la République française qualifiant le président russe de prédateur et “d’ogre à nos portes”. Ces déclarations “dépassent les limites non seulement du raisonnable mais aussi de la décence, devenant des insultes vulgaires à l’égard de la Russie et de son peuple”, a-t-elle déclarée, citée par l’agence étatique de presse Ria Novosti.
Jeudi 28 août, des complices de Vladimir Poutine ont même directement menacer la France en affirmant que la Russie était “prête à marcher sur Paris”.
Lors de son émission télévisée, le journaliste Vladimir Soloviev, connu pour être le “porte-parole” médiatique du président russe est revenu sur les propos du locataire de l’Elysée et a réagi à la volonté de la France d’envoyer ses troupes pour maintenir la paix en Ukraine – une proposition rejetée par Moscou -, menaçant dans un même temps la France. “Nous serons à vos frontières, nous y enverrons des troupes de l’OTAN. C’est pour ça que nous serons sur les Champs-Élysées. Et Macron cirera les bottes d’un officier russe”, rapporte le Mirror.
Malgré les nombreuses initiatives diplomatiques pour trouver une issue au conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine, les perspectives de paix semblent de plus en plus s’éloigner. Jeudi, Moscou a massivement bombardé l’Ukraine, faisant 20 morts dont des enfants et sabotant des bureaux des délégations de l’Union européenne, conduisant le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclarer que Vladimir Poutine “sabotait les espoirs de paix”.

