Dakar,02 OCTOBRE 2025(JVFE)-La fille cadette de l’ancien autocrate tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, Halima Ben Ali, a été placée par la justice française sous contrôle judiciaire à la suite de sa présentation devant le conseiller rapporteur à Paris, mercredi 1er octobre, dans l’attente de l’examen de son extradition vers la Tunisie par la chambre de l’instruction alors qu’elle s’apprêtait à regagner Dubaï après un court séjour dans la capitale française.
Echapper à la mise sous écrou « est une première bataille que nous venons de remporter », a salué Samia Maktouf, avocate de Halima Ben Ali, dans un communiqué. « Nous allons nous battre pour convaincre » de « la nécessité impérieuse de rendre un avis défavorable à la demande d’extradition des autorités tunisiennes, a-t-elle poursuivi. Nous avons confiance en la justice française pour protéger ma cliente contre l’arbitraire. »
Les autorités tunisiennes l’accusent de détournement de fonds, mais sa défense conteste ces accusations et craint pour sa sécurité. Cette arrestation soulève des interrogations sur les procédures d’Interpol et les conséquences diplomatiques
Halima Ben Ali a été arrêtée à l’aéroport parisien peu avant l’embarquement pour Dubaï, où elle réside et exerce ses activités professionnelles. Son avocate souligne que sa cliente a quitté la Tunisie alors qu’elle était encore mineure et qu’elle n’a jamais été impliquée dans des actes criminels. La notice rouge émise par Interpol à la demande des autorités tunisiennes fait état de détournements de fonds, mais la défense insiste sur le caractère politique de cette procédure, la considérant comme une forme de représailles contre l’ex-président. Une audience devant la chambre de l’instruction, compétente pour les demandes d’extradition, sera organisée pour examiner le fond de la requête.
La mise sous contrôle judiciaire impose à Halima Ben Ali certaines obligations, tout en lui permettant de demeurer en France en attendant la décision de justice. Cette affaire pourrait également avoir des répercussions sur les relations bilatérales entre la Tunisie et la France, notamment concernant la coopération judiciaire et financière.
Zine el-Abidine Ben Ali a dirigé la Tunisie de 1987 à 2011, jusqu’à sa chute lors des manifestations qui ont ouvert le printemps arabe. Son régime était marqué par la concentration du pouvoir, des pratiques économiques opaques et un encadrement strict de la vie politique. Après son départ, la famille a quitté le pays et s’est installée principalement à l’étranger, notamment au Maroc puis en Arabie saoudite, tout en conservant certains intérêts commerciaux à l’international.
La situation montre la complexité des dossiers impliquant d’anciens dirigeants et leurs familles, mêlant aspects judiciaires, politiques et financiers. Des informations complémentaires sur les éléments de preuve et les décisions judiciaires à venir pourront enrichir le suivi de l’affaire. Halima Ben Ali reste sous contrôle judiciaire en France, en attendant l’audition de la chambre de l’instruction pour statuer sur la demande d’extradition.
