Affaire à connotation ethnique:la journaliste Ngoné Saliou Diop convoquée, ce lundi

Dakar,05 OCTOBRE 2025(JVFE) – Une nouvelle affaire à connotation ethnique ravive les tensions au Sénégal. Ce jeudi, l’avocat Me Abou Alassane Diallo a saisi le parquet de Dakar d’une plainte contre la journaliste Ngoné Saliou Diop, au nom du Collectif pour la Défense de la Cohésion Nationale et de plusieurs associations partenaires, parmi lesquelles l’Association pour la Renaissance Pulaar (ARP), Tabital Pulaagu Sénégal, Kisal Deeyirde Pulaagu et le Mouvement des Élèves et Étudiants Foulbés (MEEF).

Les enquêteurs de la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC) ont entendu, ce samedi, les plaignants dans l’affaire visant la journaliste Ngoné Saliou Diop

Les faits

La plainte fait suite à des propos tenus le 30 septembre dernier par la journaliste, lors d’une intervention diffusée sur la plateforme digitale Sans Limites. En langue wolof, Ngoné Saliou Diop aurait tenu des déclarations visant directement la communauté pulaar, en particulier le groupe des Diawando.

Les plaignants considèrent ces propos comme une atteinte grave à l’honneur et à la dignité des Foulbés, et comme une menace sérieuse pour la cohésion nationale. Dans le document soumis au parquet, les passages incriminés ont été reproduits mot pour mot.

La plainte

L’acte, enregistré au greffe du parquet de Dakar sous le numéro N°18408, qualifie les propos d’« injures publiques », de « diffamation », d’« insultes à caractère ethnique » et d’« incitation à la haine ».

L’avocat des plaignants invoque plusieurs articles du Code pénal sénégalais (248, 258, 261, 262 et 431-43), relatifs aux infractions commises par voie numérique et aux propos discriminatoires. Il s’appuie également sur l’article 5 de la Constitution, qui interdit toute forme de discrimination fondée sur la race, l’ethnie ou la religion, ainsi que toute propagande régionaliste susceptible de menacer l’unité nationale.

Un rappel au droit

Dans sa requête, Me Diallo rappelle que « tous les citoyens doivent être égaux devant la loi », soulignant que la journaliste serait coutumière de ce type de déclarations. Pour lui, il est impératif que la justice envoie un signal fort afin de décourager ce qu’il décrit comme une dérive inquiétante dans le débat public.

Les enjeux pour la cohésion sociale

Le Collectif pour la Défense de la Cohésion Nationale appelle les autorités judiciaires à réagir avec diligence et fermeté, afin d’éviter que de tels discours n’alimentent les fractures sociales. Selon ses membres, laisser ces propos impunis risquerait de créer un précédent dangereux et d’ouvrir la voie à une banalisation des discours de haine.

Un contexte sensible

Cette affaire intervient dans un climat social déjà marqué par des tensions communautaires latentes. Les associations plaignantes estiment qu’un discours public incitant à la stigmatisation d’une communauté ethnique, aussi restreinte soit-elle, représente un risque direct pour la stabilité nationale.

Elles appellent, en conséquence, au respect des principes de la Constitution et au renforcement de l’État de droit, seul garant de la paix et de la cohésion sociale au Sénégal.

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