Le 28 mai 1975, quinze pays ouest-africains s’accordent pour établir la CEDEAO, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui, la CDEAO fête les 50 ans de sa création.

La CDEAO est alors devenue une réalité, lorsque les chefs d’État de toute l’Afrique de l’Ouest ont signé ce traité de Lagos.
Pour des peuples qui partagent une histoire commune, marquée par l’esclavage, les frontières coloniales et le sous-développement, l’idée d’une union pour défendre une idéologie commune a été très bien accueillie.
L’idée d’un bloc régional est née lorsque les dirigeants d’Afrique de l’Ouest ont cherché à rapprocher la région et sa population par l’unité panafricaine et la coopération économique.
Cette structure est destinée à coordonner les actions des pays d’Afrique de l’Ouest. Son but est de promouvoir la coopération et l’intégration avec l’objectif de créer une union économique et monétaire ouest-africaine.
En 1990, son pouvoir est étendu au maintien de la stabilité régionale avec la création de l’Economic Community of West African States Cease-fire Monitoring Group, groupe militaire d’intervention qui devient permanent en 1999.
En 2020, le produit intérieur brut global des États membres de la CEDEAO s’élève à 686 milliards de dollars américains.
Bien qu’au départ son rôle soit purement économique, la CEDEAO s’est assez vite intéressée au maintien de la paix.
C’est en effet une condition essentielle pour qu’une union puisse se réaliser. Par ailleurs, la CEDEAO crée des infrastructures régionales en matière de transports et de télécommunications.
En 2025, la CEDEAO compte 12 États membres.
Depuis 2020, les gouvernements du Mali, de la Guinée, du Burkina Faso et du Niger ont tous été renversés par des coups d’État.
Le point de basculement pour la CEDEAO s’est produit en juillet 2023, lorsque les soldats qui gardaient le président du Niger, Mohamed Bazoum, ont renversé leur chef et l’ont emprisonné.
Pour tenter de renverser le putsch, les dirigeants de la CEDEAO ont lancé des ultimatums, imposé des sanctions économiques paralysantes et même menacé d’intervenir militairement, sans succès.
Cela a finalement conduit à une rupture des relations entre le bloc, le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Ces trois pays se sont alors retirés de l’Union.
Leur départ a conduit les observateurs politiques à se demander si la CEDEAO n’était pas devenue un “chien qui aboie mais ne peut pas mordre”.
Le 29 janvier 2025, le Burkina Faso, le Mali et le Niger quittent la CEDEAO.
Au cours des quatre dernières années, elle a été mise à mal par de jeunes officiers militaires qui ont organisé des coups d’État dans la région du Sahel, entraînant des changements de gouvernement anticonstitutionnels.
Cependant, alors que la CEDEAO s’apprête à célébrer son jubilé d’or, les récentes crises politiques et les désillusions font peser une menace sur son avenir.
Pendant la plus grande partie de son histoire, la CEDEAO a été félicitée pour sa position proactive en matière de paix et de sécurité.
Par l’intermédiaire de son aile militaire, connue sous le nom de Groupe de surveillance de la CEDEAO ou ECOMOG, le bloc est intervenu dans les guerres civiles brutales au Liberia et en Sierra Leone, contribuant ainsi à restaurer la stabilité.
Plus tard, elle a également joué un rôle de médiateur dans les crises en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau et en Gambie.
Le président de la Commission de la CEDEAO, le ministre nigérian des affaires étrangères, l’ambassadeur Yusuf Tuggar, affirme qu’au-delà de la mobilité individuelle, les organisations régionales sont également devenues des piliers institutionnels de soutien aux pays membres.
Toutefois, l’une des grandes initiatives de l’Union qui n’a toujours pas abouti est le projet d’introduction d’une monnaie unique sous régionale.
Évoqué pour la première fois 20 ans après la formation de la CEDEAO, ce projet n’a toujours pas été concrétisé, même si les dirigeants régionaux affirment qu’il reste envisageable.
En avril de cette année, les gouverneurs des banques centrales d’Afrique de l’Ouest et les ministres des finances se sont réunis à Abuja pour réaffirmer leur engagement en faveur de la monnaie unique, en fixant une nouvelle date de lancement, à savoir 2027.
Les dirigeants pensent qu’ils ont la volonté politique, mais affirment que certains pays membres ne respectent pas encore les principes économiques fondamentaux.
Mais malgré tous ses succès, l’avenir de la CEDEAO est incertain.
Autrefois salué comme un modèle d’intégration régionale, le bloc est aux prises avec la fragmentation, les crises politiques et la désillusion croissante de ceux-là mêmes qu’il est censé servir.
Dans toute l’Afrique de l’Ouest, les citoyens ordinaires ont exprimé des sentiments mitigés quant à l’efficacité de la CEDEAO.
Certains disent apprécier l’idéal de la CEDEAO, mais sont frustrés par son application du protocole sur la libre circulation.
Ils affirment que de nombreux acquis de la CEDEAO sont en train d’être annulés en raison d’un manque d’application et d’une méfiance croissante entre les membres.
“Beaucoup de gens éprouvent des difficultés à se déplacer d’un endroit à l’autre, en particulier lorsqu’ils arrivent aux frontières, les fonctionnaires”, déclare Nana Adjei au Ghana.
Alors qu’il ne reste que 12 membres et que les appels à la réforme se multiplient, certains se demandent si la CEDEAO pourra continuer à exister.
Mais le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, estime qu’il y a beaucoup à attendre.
“Je sais que la population ouest-africaine est très favorable à la cohésion et à l’unité du bloc”, indique-t-il.
“Il peut y avoir des difficultés, mais elles ne sont pas insurmontables. Grâce au dialogue et à la collaboration, nous devrions être en mesure de résoudre certains de ces malentendus et de faire en sorte que notre région soit unie”.

À l’occasion du 50e anniversaire de la Cédéao célébré mercredi à Lagos, le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur de l’intégration régionale, en appelant à une exécution plus rigoureuse des politiques communautaires et à une implication accrue de la jeunesse ouest-africaine dans les affaires de l’organisation.
Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu, président en exercice de l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao, a réitéré l’engagement ferme de son pays envers les objectifs et les activités de l’organisation régionale, à l’occasion de la célébration du 50e anniversaire de la Cédéao, mercredi à Lagos.
Dans son discours, le chef de l’État a souligné que la coopération régionale est une tâche permanente, et que les efforts pour le rétablissement de la démocratie dans la région demeurent une priorité de l’organisation.
« La Cédéao a accompli de nombreuses missions d’observation électorale dans ses États membres au fil des ans, et a mis en œuvre des programmes agricoles, des mécanismes de facilitation du commerce ainsi que des projets d’infrastructures stratégiques », a-t-il rappelé.
Appelant à un renforcement de la mise en œuvre des politiques, M. Tinubu a exhorté les dirigeants des pays membres à « faire suivre les politiques d’une exécution effective » pour faire face aux défis sociopolitiques persistants dans la région.
Il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’investir davantage dans la jeunesse ouest-africaine, notamment à travers des investissements soutenus dans l’éducation et la santé, tout en plaidant pour une implication active des jeunes dans les activités de la Cédéao.
Le président nigérian a rendu un hommage appuyé à l’ancien chef de l’État militaire du Nigéria, le général Yakubu Gowon, seul survivant parmi les 16 chefs d’État fondateurs de la Cédéao, réunis il y a cinquante ans à Lagos pour donner naissance à l’organisation.
Il a également salué les efforts du président en exercice de la Commission de la Cédéao, des anciens présidents et des cadres de l’organisation pour leur contribution au renforcement de l’intégration régionale.
Enfin, le dirigeant nigérian a encouragé la jeunesse ouest-africaine à s’impliquer activement dans les programmes communautaires, assurant que les dirigeants de la Cédéao sont disposés à leur confier progressivement la gestion de l’organisation dans les années à venir.

