Face aux défis de sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne, l’innovation technologique, notamment l’Intelligence Artificielle (IA), apparaît comme une solution prometteuse pour transformer l’agriculture. Lors du Salon international de l’agriculture 2025, Orange Côte d’Ivoire a présenté ses initiatives pour faire du numérique un levier de développement agricole, avec une croissance annuelle de 25 % du marché africain de l’IA appliquée à l’agriculture (GSMA, 2024). Ces technologies permettent d’augmenter les rendements de 30 %, en optimisant l’irrigation, la détection précoce des maladies via drones, ou encore la traçabilité des produits grâce à la blockchain.
La société italienne d’ingénierie et de services Global Service SNC a livré trois drones civils au Centre national de télédétection et d’information géographique (CNTIG), un organisme sous tutelle de la présidence ivoirienne.

Des drones à l’assaut de son foncier rural pour la Côte d’Ivoire qui est le 1er producteur mondial de cacao.
Selon nos informations, ces appareils devraient servir à géolocaliser des planatations de cacao dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial avec 1,8 million de tonnes en 2015. Édouard Fonh-Gbéi, le directeur général du CNTIG, prévoit l’acquisition d’autres drones cette année. Ils doivent permettre la surveillance des terres, afin de les délimiter et de les cartographier dans le cadre de la réforme du foncier rural chère à Alassane Ouattara.
En Côte d’Ivoire, si l’on s’en tient au dossier presse, Orange pilote déjà des projets innovants, comme des drones qui cartographient les plantations de cacao et alertent les agriculteurs en temps réel. La société facilite aussi l’accès aux paiements et microcrédits, notamment dans les zones rurales, grâce à une couverture réseau étendue. Selon Pacôme Boidi, Senior Manager, l’IA devient une nécessité pour protéger les cultures, par exemple contre les invasions de criquets. “L’IA n’est plus une option, c’est une nécessité. Imaginez un agriculteur recevant en temps réel une alerte sur son téléphone pour sauver ses cultures d’une invasion de criquets. Voilà toute la puissance du numérique au service de la terre et de ceux qui la cultivent. », a-t-il déclaré.
Cependant, des obstacles subsistent, notamment le faible taux d’électrification (88 % en 2023) et l’inclusion numérique limitée pour les petits producteurs. L’opérateur déploie des formations et des kits solaires avec tablettes pour connecter les zones isolées. Cette démarche s’inscrit dans une tendance panafricaine où des solutions comme Twiga Foods au Kenya ou e-Souk au Sénégal améliorent la logistique et les revenus des producteurs.
En combinant connectivité, innovation locale et inclusion financière, l’entreprise vise à bâtir une agriculture africaine plus souveraine, résiliente et durable, utilisant l’IA comme un outil clé pour atteindre la souveraineté alimentaire et nourrir le continent et le monde.

