Présidentielle 2025 : la CEI instruit les parties prenantes sur le processus de parrainage et prévient

Dakar, 28 juin 2025 (jvfe)-La Commission électorale indépendante (CEI), organe en charge de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire, a réuni le vendredi 27 juin 2025 à Abidjan les parties prenantes à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. L’objectif : les instruire sur le processus de collecte des parrainages, une étape essentielle à la validation des candidatures.Lors de l’ouverture de la session, Pierre Adjoumani, Secrétaire permanent de la CEI, représentant le président de l’institution, a rappelé que le parrainage citoyen, instauré en 2020 comme condition d’éligibilité à l’élection présidentielle, en est à sa deuxième application. Il a souligné que les enseignements tirés de la première mise en œuvre ont permis à la CEI de renforcer le dispositif, afin de faciliter à la fois la collecte des parrainages par les candidats et leur vérification par le Conseil constitutionnel.« La mise en œuvre de cet outil nécessite une bonne compréhension de ses modalités d’application », a-t-il insisté.La session a été co-animée par Marie-Noëlle Belai, directrice des affaires juridiques de la CEI, et Camille Séka, directeur des technologies de l’information et de la communication.

Le cadre juridique du parrainage

En posant le cadre, Mme Belai a rappelé que le parrainage citoyen constitue un soutien, apporté par des élus ou des citoyens, à un candidat à l’élection présidentielle. Ce mécanisme vise notamment à prévenir les « candidatures fantaisistes », à renforcer la démocratie représentative et à garantir que chaque candidat bénéficie d’une assise nationale.Elle a précisé que ce parrainage est encadré par plusieurs articles du code électoral (25, 51, 53, 54 et 56), par un décret relatif à l’organisation de la collecte des signatures, ainsi que par une décision de la CEI fixant l’ouverture officielle du parrainage.Selon l’article 25, chaque candidat à l’élection présidentielle doit mentionner le parrainage obtenu. L’article 51 renforce cette exigence en imposant la présentation d’une déclaration de candidature signée, légalisée, et indiquant le parrainage recueilli.Concernant le quota requis, Mme Belai a précisé qu’il est fixé à 1 % de l’électorat inscrit dans 17 entités administratives (parmi les 31 régions et les deux districts autonomes : Abidjan et Yamoussoukro). Le candidat peut donc choisir, par exemple, 17 régions, ou 16 régions et un district, ou encore 15 régions et les deux districts, à condition d’y obtenir au moins 1 % des électeurs inscrits.L’article 53 impose que ces choix soient détaillés dans la déclaration de candidature, avec le pourcentage et le nombre d’électeurs par entité. L’article 54 liste les pièces à fournir, incluant la liste des électeurs ayant parrainé le candidat. Elle a rappelé qu’un électeur ne peut parrainer qu’un seul candidat. En cas de double parrainage, seul le premier enregistré est retenu ; le second est invalidé, et le candidat concerné a 48 heures pour le remplacer.

Période et organisation de la collecte

La collecte des parrainages se déroulera du 1er juillet au 26 août 2025, sur la base de la liste électorale définitive (et non plus provisoire comme en 2020).Chaque candidat devra mettre en place une équipe de collecte composée :d’un coordinateur central (interlocuteur principal auprès de la CEI),d’un collecteur régional ou de district (un par entité choisie),et de collecteurs délégués dans les sous-préfectures, communes ou villages (ces derniers doivent être inscrits sur les listes électorales des zones concernées).Elle a également dressé la liste des intervenants dans le processus :La CEI : réception des formulaires d’engagement, remise des kits de collecte, réception et transmission des dossiers au Conseil constitutionnel.Le candidat : téléchargement et dépôt du formulaire d’engagement (avec photo), après quoi la CEI remet les kits.Les collecteurs : coordinateur central, collecteur régional/district, collecteurs délégués (interdiction de collecter dans les cantonnements militaires, paramilitaires et établissements de santé).Le parrain : électeur inscrit, apportant son soutien par signature. Un seul parrainage autorisé, sous peine de sanction.Le Conseil constitutionnel : vérifie les parrainages, notifie les irrégularités aux candidats, statue sur les candidatures, et publie la liste finale au plus tard 45 jours avant le scrutin.

Sanctions en cas d’infraction

Mme Belai a insisté sur les sanctions encourues en cas de non-respect des règles :Invalidation du parrainage, en cas de double parrainage, collecte dans des lieux interdits, ou absence du quota minimal.Sanctions pénales :Un à douze mois de prison et 100 000 à 1 million FCFA d’amende pour les électeurs qui parrainent plusieurs candidats.Six à douze mois de prison et 1 à 5 millions FCFA d’amende pour collecte illégale dans les cantonnements ou établissements de santé.

Une innovation technologique pour fiabiliser le processus

Prenant la parole, Camille Séka a présenté le nouveau système biométrique mis en place pour la collecte des parrainages. Cette innovation vise à faciliter l’enregistrement des électeurs et à empêcher les cas de parrainages multiples.Cependant, il a précisé que ce dispositif n’est pas exclusif : une collecte manuelle reste autorisée dans les zones rurales dépourvues de connexion internet.En conclusion, Djoussou Édouard, directeur des études et de l’éducation civique à la CEI, a réaffirmé la volonté de l’institution de rendre le processus accessible, transparent et sécurisé.« Tout est fait pour faciliter la collecte. Notre système est simple, fiable et sécurisé. Des sessions d’information seront organisées régulièrement pour accompagner les candidats dans leurs démarches », a-t-il assuré.

En octobre 2025, les Ivoiriens se rendent aux urnes pour élire un nouveau président. Pour analyser les principaux enjeux de cette présidentielle, Enrica Picco et Rinaldo Depagne reçoivent Gilles Yabi, fondateur et directeur exécutif du think tank WATHI.

Élection présidentielle vers une nouvelle crise électorale ?

Ensemble, ils examinent les facteurs qui risquent d’entraîner la Côte d’Ivoire dans une nouvelle crise électorale, après celle de 2020 qui a fait 85 morts et 500 blessés. Ils débattent notamment de l’absence des deux principaux candidats d’opposition, Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, et de la fragilité historique du dispositif électoral dans le pays. Ils analysent également l’évolution du contexte régional, ainsi que l’émergence et le rôle des nouveaux acteurs dans la région, comme la Russie. Enfin, ils s’interrogent sur le paradoxe qui caractérise la Côte d’Ivoire, un pays économiquement solide mais qui reste très fragile sur le plan politique.

Le président sortant Alassane Ouattara est au pouvoir depuis la présidentielle de 2010, où il est élu au second tour face au président Laurent Gbagbo. Le scrutin débouche sur une crise politique. La crise, qui se transforme rapidement en guerre civile, s’achève cinq mois plus tard par la prise de la capitale par les forces nouvelles pro-Ouattara et l’arrestation de l’ancien président Gbagbo retranché dans la résidence présidentielle de Cocody. A nouveau candidat, Ouattara est réélu dès le premier tour en 2015, l’opposition pro-Gbagbo ayant boycotté le scrutin.

À cinq mois de l’élection présidentielle prévue pour octobre 2025, le climat politique en Côte d’Ivoire reste tendu. La Commission Électorale Indépendante (CEI) a publié ce mercredi la liste électorale définitive avec 9 millions d’inscrits.

Thiam, Gbagbo, Blé Goudé et Soro définitivement écartés.

Les quatre figures majeures de l’opposition qui étaient provisoirement absentes de la liste, sont définitivement radiés selon la Commission électorale indépendante.

Tidjane Thiam du principal parti d’opposition PDCI, Laurent Gbagbo, ancien chef d’Etat du PPA-CI, Charles Blé Goudé du COJEP et Guillaume Soro sont éliminés de la course à la magistrature suprême en Côte d’Ivoire.

 Le parti au pouvoir a affirmé, lundi 27 mai, que le chef de l’Etat Alassane Ouattara était son « candidat naturel », pour la présidentielle de 2025, un appel à ce dernier pour qu’il concourt à un quatrième mandat. M. Ouattara ne s’est pas encore prononcé sur cette éventualité.

Alassane Ouattara a déclaré ce dimanche, lors d’un meeting du RHDP à Abidjan, qu’il donnerait sa décision “dans les jours qui viennent”. 

Le président ivoirien Alassane Ouattara continue d’entretenir le suspens en Côte d’Ivoire: il a annoncé dimanche qu’il prendrait une décision “dans les jours qui viennent” concernant sa candidature à la présidentielle d’octobre, pour briguer un quatrième mandat à la tête du pays.

Alassane Ouattara demeure président du RHDP, assurance de plus pour faire gagner un autre éventuellement que lui ?

 Je prendrai dans les jours qui viennent, après mûre réflexion en mon âme et conscience, une décision”, a déclaré Alassane Ouattara dans l’enceinte du stade d’Ebimpé qui porte son nom, acclamé par les militants qui remplissaient les 60.000 places assises ainsi que la pelouse.

“Je ressens la force et la sincérité de votre appel, ces appels je ne peux pas les ignorer, je les ai bien entendus, et je dis avec émotion, oui je vous ai entendus”, a-t-il ajouté.

La question agite les milieux politiques ivoiriens depuis des mois a fortiori depuis la publication de la liste électorale début juin qui exclut plusieurs figures de l’opposition de la course à la présidentielle.

M. Ouattara, 83 ans et au pouvoir depuis 2011, avait été désigné samedi candidat de son parti le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Il a par ailleurs affirmé qu’il acceptait de rester président du parti.

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