Dakar,6 Aout 2025(JVFE)-Le Conseil constitutionnel a rejeté la pétition de Maurice Kamto en tant que candidat à la présidentielle du parti MANIDEM sur la base du « manque de justification ». Le verdict a été rendu ce mardi 5 août 2025, par le président du Conseil constitutionnel, Clement Atangana, après des heures d’audiences ce lundi impliquant deux candidats : Maurice Kamto et Dieudonné Yebga.

Clement Atangana, président du Conseil constitutionnel du Cameroun durant l’audience examinant les recours des candidats à la présidentielle dont la candidature a été rejeté, le 4 août 2025 à Yaoundé
Maurice Kamto est le principal opposant au président Paul Biya, au pouvoir depuis 43 ans et qui a annoncé briguer un huitième mandat.

Voici le bilan de Kamto ces dernières années:
Président du MRC en 2013.
1 député et quelques conseillers municipaux en 2013
2ème à l’élection présidentielle en 2018
Zéro député, Zéro sénateur, Président de région, Zéro conseiller de région, Zéro maire, Zéro conseiller municipal en 2020…
Fuit le MRC en 2025 et rejoint le MANIDEM.
Inéligible à l’élection présidentielle en 2025
Le Conseil a en revanche validé les candidatures de deux autres opposants historiques, Cabral Libii, du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), et Joshua Osih du Social Democratic Front (SDF). Au total douze candidats brigueront la magistrature suprême.
“Le Conseil constitutionnel a estimé que la candidature” de M. Kamto “ne peut pas être valide et la conséquence immédiate, c’est qu’il ne participera pas à la compétition présidentielle” a déclaré l’avocat de M. Kamto, Me Hippolyte Meli Tiakouang, à l’issue de l’audience du Conseil Constitutionnel à Yaoundé.
La candidature de l’opposant, arrivé deuxième du scrutin présidentiel d’octobre 2018, avait été écartée fin juillet par Elections Cameroon (Elecam), l’organe en charge de l’organisation des scrutins, en raison d’une “pluralité d’investitures” du Mouvement africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (Manidem), parti sous l’étiquette duquel M. Kamto entendait se présenter.
Selon le code électoral, seuls les partis disposant d’élus au parlement ou dans les conseils municipaux peuvent participer à l’élection présidentielle. Or le MRC a boycotté les dernières élections législatives et municipales en 2020.
Il avait déposé un recours contre cette décision devant le Conseil constitutionnel. Le président du Conseil constitutionnel, Clément Atangana, a jugé mardi son recours recevable, mais l’a rejeté “au fond, car non justifié”.
Après cette annonce, M. Kamto a quitté les lieux sans s’exprimer.
Selon l’expert des questions électorales, Jean Paul Ntsengue, l’élimination de la candidature de Kamto de la course à l’élection présidentielle de 2025, si elle peut être considérée par certains comme un fait de salubrité politique, est une tâche sur l’expression du jeu démocratique.

