Le Groupe Futurs Médias (GFM) traverse une crise économique et financière sans précédent, à l’image de nombreuses entreprises de presse privées au Sénégal. Dans un mémorandum rendu public dans L’Obs, le groupe pointe une combinaison de facteurs : effondrement des recettes publicitaires et des ventes de journaux, hausse des coûts d’exploitation, redressements fiscaux, créances impayées, concurrence jugée déloyale et régulation insuffisante du secteur.
Un mémorandum interne, rendu public, met en lumière l’ampleur de la crise économique et financière qui secoue l’un des plus grands groupes médiatiques d’Afrique de l’Ouest.
Malgré les efforts du Conseil d’administration et de la Direction générale, note le Mémorandum, les déficits se sont accumulés, entraînant retards et arriérés de salaires pour les centaines de travailleurs.
En conséquence, les centaines de travailleurs du Groupe connaissent des retards voire des arriérés de salaire », (…) lit-on dans le Mémorandum publié par l’Observateur édité par le Groupe Futurs Médias.
Le groupe Futurs Médias est une entreprise sénégalaise basée à Dakar, présente dans les médias.
Fondé par Youssou N’Dour en septembre 2003, le groupe possède le quotidien sénégalais le plus lu, L’Observateur, une radio, Radio Futurs Médias (RFM), une chaîne de télévision, Télé Futurs Médias (TFM), lancée en septembre 2010, ainsi qu’une imprimerie.
À la suite de sa nomination au poste de ministre de la Culture du Tourisme en avril 2012, le PDG, Youssou N’Dour laisse la direction générale du groupe à Mamoudou Ibra Kane, et fait entrer son fils, Birane N’Dour, comme directeur général adjoint et numéro 2
Des concertations ont été engagées avec les parties prenantes et les autorités publiques, mais les tentatives de trouver des alternatives aux licenciements se sont révélées infructueuses, selon l’Inspection du Travail saisie du dossier.
Face à l’ampleur des difficultés, GFM annonce un plan de restructuration « inévitable » : réduction des salaires, suppressions de postes, et réformes touchant l’organisation et le fonctionnement du groupe. « C’est une décision douloureuse mais indispensable pour éviter la disparition pure et simple de l’entreprise », souligne le document.
Le groupe, qui promet d’agir avec « rigueur, objectivité et transparence », appelle au soutien de ses partenaires et assure vouloir préserver au mieux l’outil de travail et l’avenir de l’organisation.
La direction a donc tranché. Un plan de redressement sera mis en œuvre, impliquant à la fois des ajustements organisationnels et des mesures drastiques. Parmi elles : une réduction des salaires et surtout une suppression d’emplois, qui touchera aussi bien de simples employés que des responsables soutiens de famille. « Une séparation déchirante mais inéluctable », reconnaît le document. Au-delà des licenciements, des réformes toucheront tous les aspects fonctionnels du groupe, avec l’ambition de restaurer la viabilité économique et d’assurer une relance durable. Le GFM insiste sur la « rigueur, l’objectivité, la transparence et l’équité » qui guideront ce processus douloureux, tout en appelant au soutien des partenaires et du public.
Les délégués du personnel du Groupe Futurs Médias (GFM) ont exprimé, ce mardi, leur vive indignation face à la décision unilatérale de la Direction générale d’engager une procédure de restructuration sans concertation avec les représentants des travailleurs.
Dans le communiqué parvenu à PressAfrik, la section SYNPICS/GFM estime que cette démarche « précipitée et opaque constitue une violation grave des principes du dialogue social, d’autant plus qu’elle intervient dans un contexte de précarité alarmante. »
Selon le document, plusieurs employés accusent près de trois mois d’arriérés de salaires, sans qu’un plan de sauvegarde ni des mesures d’accompagnement n’aient été proposés.
La note signée par Mamadou Fall, secrétaire général du SYNPICS de GFM, fustige une « opération de licenciement collectif menée avec l’appui de l’ancien inspecteur régional du travail de Dakar, Tène Gaye. »
Elle dénonce une posture « autoritaire et déconnectée des réalités humaines, exposant des dizaines de familles à une insécurité brutale, alors même que des travailleurs ont contribué pendant plus de 15 ans à la stabilité de l’entreprise. »
Face à ce qu’ils qualifient de « situation intolérable », les travailleurs annoncent l’organisation d’un rassemblement d’ampleur pour dénoncer la démarche de la direction. « Ce mouvement sera pacifique, mais déterminé », souligne le communiqué, précisant qu’il portera des revendications « légitimes d’hommes et de femmes qui refusent d’être sacrifiés au nom d’une logique froide et arbitraire. »
Le SYNPICS interpelle également les autorités de la République pour qu’elles prennent la pleine mesure de cette crise et enquêtent sur les méthodes employées.
Il appelle enfin la Direction générale de GFM à « revenir à la raison » et à renouer avec les principes de transparence et de responsabilité. « Le personnel n’est pas une variable d’ajustement. Il est la colonne vertébrale de toute entreprise digne de ce nom », conclut le document.


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