Dakar,04 Septembre 2025(JVFE)-La libération de tous les otages en échange de la fin de la guerre. C’est ce qu’a proposé un haut dirigeant du Hamas, lundi 14 avril, pour tenter de mettre fin au conflit dans la bande de Gaza. “Nous sommes prêts à libérer tous les (otages) israéliens dans le cadre d’un véritable accord d’échange de prisonniers, et en échange de la cessation de la guerre, du retrait des forces israéliennes de la bande de Gaza et de l’entrée d’aide humanitaire”,
avait déclaré Taher al-Nounou, un responsable du mouvement islamiste.
Il a toutefois accusé Israël d’entraver les progrès vers un cessez-le-feu, alors qu’une délégation du Hamas s’est rendue ce week-end au Caire pour des discussions avec des responsables de l’Égypte et du Qatar qui, avec les États-Unis, conduisent une médiation en vue d’une trêve dans le territoire palestinien. Les dirigeants israéliens ont rejeté mercredi un communiqué du Hamas annonçant sa volonté de libérer tous les otages en échange de la fin de la guerre à Gaza, promettant de procéder à la campagne prévue à Gaza-City si le groupe terroriste palestinien n’acceptait pas les conditions imposées par Jérusalem pour mettre définitivement fin aux combats.
Le groupe terroriste se dit prêt à libérer les 48 otages contre la fin de la guerre ; Benjamin Netanyahu, qui rappelle les exigences d’Israël, dit qu’il s’agit “d’une nouvelle pirouette”.
La déclaration du Hamas, selon laquelle le groupe terroriste attendait toujours la réponse d’Israël à la proposition de cessez-le-feu qu’il avait acceptée il y a deux semaines, est survenue après que le président américain Donald Trump a exigé la libération des derniers captifs encore en vie.
Le groupe terroriste a souligné qu’il était prêt « à conclure un accord global dans lequel tous les prisonniers ennemis détenus par la résistance seraient libérés en échange d’un nombre convenu de prisonniers palestiniens détenus par l’occupant ». Le Hamas qualifie les otages qu’il détient de « prisonniers ».
« Cet accord mettra fin à la guerre dans la bande de Gaza, entraînera le retrait de toutes les forces d’occupation de l’ensemble de la bande de Gaza, ouvrira les postes-frontières pour permettre l’entrée de tous les produits de première nécessité dans la bande de Gaza et lancera le processus de reconstruction », a poursuivi le Hamas.
Le groupe terroriste a également indiqué qu’il était prêt à former « une administration nationale indépendante composée de technocrates » pour gérer la bande de Gaza.
Israël a déclaré qu’il n’accepterait cela que si le Hamas se rendait et déposait les armes, ce que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réaffirmé dans sa réponse au communiqué.
« Il s’agit là d’une nouvelle manœuvre de communication de la part du Hamas, qui ne contient rien de nouveau », a déclaré le bureau de Netanyahu.

De gauche à droite : le ministre de la Défense, Israel Katz, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, et le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, au centre de commandement de l’armée de l’air israélienne, le 24 août 2025
Le bureau du Premier ministre a indiqué que la guerre pourrait prendre fin immédiatement si les cinq conditions suivantes étaient remplies : la libération de tous les otages, le désarmement du Hamas, la démilitarisation de la bande de Gaza, le contrôle de la sécurité par Israël à Gaza et « la mise en place d’une administration civile alternative qui n’endoctrine pas au terrorisme, ne commet pas d’actes terroristes et ne menace pas Israël ».
« Seules ces conditions empêcheront le Hamas de se réarmer et de répéter encore et encore les massacres du 7 octobre 2023, comme il s’y engage ouvertement », a ajouté le bureau de Netanyahu.
Dans un message similaire le ministre de la Défense, Israel Katz, a appelé le Hamas à accepter les conditions d’Israël pour mettre fin à la guerre, notamment la libération de tous les otages et le désarmement, sous peine de voir Gaza-City « devenir comme Rafah et Beit Hanoun », accusant le groupe terroriste de continuer à « duper et proférer des paroles vaines ».
En réponse à Netanyahu et Katz, le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a déclaré que si le gouvernement « n’est pas tenu d’accepter les conditions du Hamas, il doit immédiatement reprendre les négociations et tenter de conclure un accord ».
« Vous ne pouvez pas ne même pas essayer de ramener nos otages à la maison », a ajouté Lapid.
Yaïr Golan, le chef du parti d’opposition Les Démocrates, a émis une critique plus cinglante, affirmant que, plutôt que de chercher un accord pour libérer les captifs, Netanyahu « choisit à nouveau de sacrifier la vie des otages et des soldats pour son propre intérêt ».
« Pas d’autre choix que la loi martiale »
Par ailleurs, la télévision israélienne a rapporté mercredi que le chef d’état-major de l’armée, Eyal Zamir, prévoyait d’avertir le gouvernement qu’il n’y aurait pas d’autre choix que d’imposer la loi martiale dans la bande de Gaza si les plans visant à prendre le contrôle de Gaza-City étaient mis à exécution.
Zamir s’oppose au projet du gouvernement de prendre le contrôle de Gaza-City et l’exhorte à accepter l’accord de cessez-le-feu qui permettrait la libération des otages.
Selon le reportage télévisé, Zamir exécutera les ordres visant à prendre Gaza-City, mais il prévient le gouvernement qu’il doit se préparer aux conséquences militaires et diplomatiques.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, examinant les plans opérationnels avec les commandants de Tsahal alors que l’armée se prépare à en prendre le contrôle de à Gaza-City, le 3 septembre 2025.
Ces dernières semaines, le gouvernement a fait avancer ces plans, malgré l’approbation, mi-août, par le Hamas, d’une proposition d’accord de libération des otages en plusieurs étapes, presque identique à celle proposée précédemment par Israël. Dans l’intervalle, Jérusalem a officiellement renoncé aux accords partiels, exigeant un accord global pour la libération de tous les otages en une seule fois et la capitulation du groupe terroriste palestinien.
Cet accord progressif, approuvé par le Hamas le 18 août, prévoit la libération, en cinq étapes, de dix otages vivants et la restitution des dépouilles de 18 otages morts, en échange de la libération de centaines de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, ainsi que d’un millier de Gazaouis arrêtés au cours de la guerre, dans le cadre d’un cessez-le-feu de 60 jours. Pendant cette période, les parties négocieraient le retour des 20 otages restants, dont dix à douze seraient encore en vie, et la fin définitive de la guerre.

