Dakar,11 Septembre 2025(JVFE)-Le cours de l’or connaît actuellement une hausse, atteignant des sommets et des niveaux records, notamment en avril et en septembre 2025, en raison de facteurs tels que le statut de valeur refuge, l’achat soutenu par les banques centrales (notamment asiatiques et d’Europe de l’Est), un dollar américain affaibli, et l’incertitude géopolitique mondiale. L’augmentation de la demande des investisseurs particuliers et la diversification des réserves des banques centrales devraient continuer à soutenir cette tendance haussière, bien que des incertitudes sur les politiques monétaires à venir existent.
L’or bouge chaque semaine au rythme de l’économie mondiale. Avec JVFE Actu de l’Or, recevez chaque lundi un résumé clair pour :
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Principaux indicateurs américains (valeurs arrêtées au 05/09/2025)
- Taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) : 4,5%
- 237 000 inscriptions hebdomadaires au chômage ↗︎
- Inflation américaine sur 12 mois (PCE) : 2,7 %
- Confiance des consommateurs US (indice Michigan) : 58.6
- Valeur du Dow Jones : 45401 ↘︎
- Valeur du S&P 500 : 6481 ↗︎
Principaux indicateurs européens (valeurs arrêtées au 05/09/2025)
- Taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) : 2.15 %
- Taux d’inflation moyen pour la zone euro : 2,1 % ↗︎
- Taux de chômage pour la zone euro : 6,2 %
- Confiance des consommateurs et des entreprises zone euro : -15.5
- Production industrielle de la zone euro : 0.2 %
- Valeur Euro Stock 50 : 5318 ↘︎
- EUR/USD : 1,172 ↗︎
Le métal précieux coté en euros a poursuivi l’élan enclenché fin août, dépassant le seuil psychologique des 3 000 € l’once dès mardi 2 septembre, avant d’enchaîner de nouveaux plus hauts absolus pour finir au-delà de 3 067 € l’once vendredi 5 septembre. Une avancée si rapide qu’elle a surpris tout le monde, y compris les « bulls » les plus optimistes.
L’or se renforce sur fond d’anticipations de baisse des taux, l’inflation américaine sous surveillance
Le métal précieux coté en euros a poursuivi l’élan enclenché fin août, dépassant le seuil psychologique des 3 000 € l’once dès mardi 2 septembre, avant d’enchaîner de nouveaux plus hauts absolus pour finir au-delà de 3 067 € l’once vendredi 5 septembre. Une avancée si rapide qu’elle a surpris tout le monde, y compris les « bulls » les plus optimistes.
L’or se renforce sur fond d’anticipations de baisse des taux, l’inflation américaine sous surveillance.
Les cours de l’or ont progressé mercredi, se maintenant au-dessus du seuil critique de 3 600 $US l’once, portés par les attentes d’une baisse des taux d’intérêt américains ce mois-ci, tandis que les investisseurs restent attentifs aux principaux indicateurs d’inflation attendus cette semaine.
L’or au comptant s’est apprécié de 0,5 % à 3 644,54 $US l’once à 06h52 GMT, après avoir atteint un record historique de 3 673,95 $US mardi.
Les contrats à terme sur l’or américain pour livraison en décembre sont restés stables à 3 683 $US.
« Le sentiment de marché est très haussier. Plusieurs facteurs majeurs soutiennent actuellement les prix de l’or. Le principal reste les anticipations de baisse des taux américains », analyse Kyle Rodda, spécialiste des marchés financiers chez Capital.com.
« Les perspectives à court terme dépendront fortement des données sur l’inflation. Si celles-ci se révèlent plus élevées que prévu, les attentes de baisse des taux pourraient être revues à la baisse, ce qui entraînerait un repli sur un marché techniquement suracheté. »
Les investisseurs surveilleront de près les données sur l’inflation des prix à la production aux États-Unis, attendues à 12h30 GMT, ainsi que l’indicateur d’inflation à la consommation prévu jeudi, pour obtenir des indications supplémentaires sur la trajectoire des taux de la Réserve fédérale.
L’économie américaine aurait créé 911 000 emplois de moins que prévu sur les douze mois jusqu’en mars, a indiqué le gouvernement mardi, laissant entendre que la croissance de l’emploi ralentissait déjà avant l’imposition par le président Donald Trump de tarifs douaniers agressifs sur les importations.
Les chiffres de l’emploi non agricole publiés la semaine dernière aux États-Unis ont également révélé un affaiblissement du marché du travail, renforçant la probabilité d’une baisse des taux lors de la réunion de septembre de la Fed.
Les marchés anticipent pleinement une baisse de 25 points de base, tandis que la probabilité d’une réduction plus importante de 50 points est évaluée à environ 6 %, selon l’outil FedWatch du CME Group.
Le cours de l’or a progressé de 38 % depuis le début de l’année, après une hausse de 27 % en 2024, soutenu par la faiblesse du dollar, l’accumulation massive des banques centrales, des politiques monétaires accommodantes et une incertitude mondiale accrue.
En général, l’or, qui ne génère pas de rendement, affiche de bonnes performances dans un environnement de taux bas.
Ailleurs, l’argent au comptant a gagné 0,6 % à 41,14 $US l’once. Le platine a progressé de 1,1 % à 1 383,90 $US, tandis que le palladium est resté stable à 1 147,98 $US.

Premiers déclencheurs, les très mauvais chiffres de l’emploi américain ont ramené les investisseurs vers les actifs défensifs et affaibli le billet vert. En Europe, l’euro s’est apprécié après ces publications, tandis que l’appétit pour l’or s’est renforcé. Côté marché des changes, la réaction a été nette : « après de très mauvais chiffres sur l’emploi américain, le dollar recule face à l’euro ». Or, un dollar plus faible réduit le coût d’opportunité de l’or pour de nombreux acheteurs non-US, et soutient donc mécaniquement le prix coté en euros.
Jackson Hole dans le rétroviseur, Fed en ligne de mire
Deuxième pilier : la probabilité élevée d’un assouplissement de la Fed dès septembre. Après les signaux plus « dovish » délivrés à Jackson Hole, les marchés monétaires ont continué d’intégrer une probabilité autour de 86–90 % d’une réduction des taux de la Fed à la réunion de septembre. Le mécanisme est assez classique : taux attendus plus bas = rendements réels sous pression = prime à l’or, qui ne verse pas de coupon mais protège contre l’érosion monétaire.
Liquidité et volumes : l’emballement technique
Dès le 2 septembre, les bourses de dérivés ont vu les liquidités affluer. Les volumes sur l’or au COMEX de New-York ont fortement augmenté, confirmant que la cassure des 3 000 € en Europe (et la poursuite de la hausse en dollars) a bien déclenché une vague d’achats automatiques et de ventes programmées.

L’effet de seuil a fait le reste : plus les prix s’écartaient par le haut, plus les stratégies systématiques et de suivi de tendance accumulaient des positions, accélérant la poussée.
Dans le même esprit, plusieurs notes d’établissements ont remis la thématique « achats d’investisseurs » sur le devant de la scène. Goldman Sachs estime ainsi que l’or pourrait dépasser 4 000 $ si les flux d’investissement s’intensifient, pointant le rôle des allocations tactiques dans les portefeuilles.
Achats des banques centrales : un socle qui soutient le marché
En arrière-plan, les banques centrales continuent d’affirmer leur rôle de soutien structurel. Depuis le 3 septembre, les réserves officielles mondiales frôlent désormais 36 000 tonnes, un record depuis plus de 50 ans, selon une synthèse Reuters qui souligne l’appétit persistant de la Chine, de la Turquie et d’autres pays émergents. Ces achats amortissent les replis et valident la tendance de fond : la dé-dollarisation partielle des réserves et la recherche de collatéral « neutre » renforcent la place de l’or dans les bilans publics.
La demande asiatique reste un pilier fort
Au chapitre demande physique, l’Asie reste incontournable. Les flux des investisseurs et des multi-family offices, en Chine comme en Inde, se sont renforcés en 2025, y compris via les produits dérivés. Même si l’achat de bijoux peut ralentir quand les prix s’envolent, la demande d’or d’investissement prend souvent le relais. Et c’est exactement ce qu’on observe actuellement.
Géopolitique, dette US et prime de risque
Le contexte mondial reste chargé en incertitudes : conflit en Ukraine, commerce international en tension (à cause de la politique de Donald Trump) et débats budgétaires américains sans solution pérenne. Autant d’éléments qui entretiennent la prime de risque et donc la demande de couverture via l’or. Le retour d’épisodes de stress sur le marché obligataire américain nourrit aussi l’idée que le métal précieux reste une façon simple de se protéger contre les grands risques économiques et financiers à venir.
Les cours de l’or ont progressé mercredi, se maintenant au-dessus du seuil critique de 3 600 $US l’once, portés par les attentes d’une baisse des taux d’intérêt américains ce mois-ci, tandis que les investisseurs restent attentifs aux principaux indicateurs d’inflation attendus cette semaine.
L’or au comptant s’est apprécié de 0,5 % à 3 644,54 $US l’once à 06h52 GMT, après avoir atteint un record historique de 3 673,95 $US mardi.
Les contrats à terme sur l’or américain pour livraison en décembre sont restés stables à 3 683 $US.
« Le sentiment de marché est très haussier. Plusieurs facteurs majeurs soutiennent actuellement les prix de l’or. Le principal reste les anticipations de baisse des taux américains », analyse Kyle Rodda, spécialiste des marchés financiers chez Capital.com.
« Les perspectives à court terme dépendront fortement des données sur l’inflation. Si celles-ci se révèlent plus élevées que prévu, les attentes de baisse des taux pourraient être revues à la baisse, ce qui entraînerait un repli sur un marché techniquement suracheté. »
Les investisseurs surveilleront de près les données sur l’inflation des prix à la production aux États-Unis, attendues à 12h30 GMT, ainsi que l’indicateur d’inflation à la consommation prévu jeudi, pour obtenir des indications supplémentaires sur la trajectoire des taux de la Réserve fédérale.
L’économie américaine aurait créé 911 000 emplois de moins que prévu sur les douze mois jusqu’en mars, a indiqué le gouvernement mardi, laissant entendre que la croissance de l’emploi ralentissait déjà avant l’imposition par le président Donald Trump de tarifs douaniers agressifs sur les importations.
Les chiffres de l’emploi non agricole publiés la semaine dernière aux États-Unis ont également révélé un affaiblissement du marché du travail, renforçant la probabilité d’une baisse des taux lors de la réunion de septembre de la Fed.
Les marchés anticipent pleinement une baisse de 25 points de base, tandis que la probabilité d’une réduction plus importante de 50 points est évaluée à environ 6 %, selon l’outil FedWatch du CME Group.
Le cours de l’or a progressé de 38 % depuis le début de l’année, après une hausse de 27 % en 2024, soutenu par la faiblesse du dollar, l’accumulation massive des banques centrales, des politiques monétaires accommodantes et une incertitude mondiale accrue.
En général, l’or, qui ne génère pas de rendement, affiche de bonnes performances dans un environnement de taux bas.
Ailleurs, l’argent au comptant a gagné 0,6 % à 41,14 $US l’once. Le platine a progressé de 1,1 % à 1 383,90 $US, tandis que le palladium est resté stable à 1 147,98 $US.
L’or limite ses pertes alors que la faiblesse du marché du travail renforce les attentes d’un assouplissement de la Fed.
Les prix de l’or ont réduit leurs pertes jeudi, se maintenant à des niveaux proches de leurs records historiques, alors que la faiblesse des données sur l’emploi aux États-Unis a contrebalancé les inquiétudes liées à une inflation plus soutenue. Les investisseurs continuent de parier sur un assouplissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale la semaine prochaine.
L’or au comptant reculait de 0,2 % à 3 632,99 $ l’once à 9h03 EDT (13h03 GMT). Le métal précieux avait atteint un sommet historique de 3 673,95 $ mardi. Les contrats à terme sur l’or américain pour livraison en décembre cédaient 0,3 % à 3 671,50 $.
« L’or est ‘sauvé’ par la forte hausse des nouvelles demandes hebdomadaires d’allocations chômage, qui ont atteint un sommet de trois ans à 263 000, tandis que l’indice des prix à la consommation hors alimentation et énergie reste élevé à 0,3 % sur un mois », a commenté Tai Wong, opérateur indépendant sur les métaux.
Les récents mouvements de prix témoignent d’une certaine lassitude des acheteurs, mais la perspective pour l’or reste positive dans les prochains mois, limitant ainsi le risque d’un repli marqué, ajoute Wong.
Les prix à la consommation aux États-Unis ont augmenté plus que prévu en août, enregistrant la plus forte hausse annuelle en sept mois. Parallèlement, les demandes hebdomadaires d’allocations chômage ont également bondi, soulignant l’affaiblissement du marché du travail.
Les données publiées jeudi ont montré que les prix à la production aux États-Unis avaient, contre toute attente, reculé en août, reflétant des marges plus faibles dans les services commerciaux et une stagnation des prix des biens.
Combinées à la faiblesse des créations d’emplois non agricoles de la semaine dernière, ainsi qu’aux révisions révélant 911 000 emplois de moins sur les douze mois écoulés jusqu’en mars, ces chiffres indiquent un ralentissement sous-jacent de l’économie et renforcent les anticipations d’un assouplissement de la Fed.
Les marchés intègrent désormais pleinement une baisse de 25 points de base lors de la réunion de politique monétaire de la Fed mercredi prochain, avec une faible probabilité d’une baisse d’un demi-point, selon les données du CME FedWatch. La banque centrale avait suspendu son cycle d’assouplissement en janvier, le temps d’évaluer l’impact inflationniste des droits de douane.
Le métal jaune a progressé de 38 % depuis le début de l’année et est souvent considéré comme performant dans un environnement de taux bas, les investisseurs le privilégiant comme valeur refuge contre l’inflation et l’incertitude générale.
Le ralentissement de la croissance, la persistance de l’inflation, les évolutions géopolitiques et la diversification hors des actifs américains et du dollar continueront de soutenir la demande d’investissement et les achats des banques centrales, selon une note d’ANZ. [USD/]
Ailleurs sur le marché, l’argent au comptant reculait de 0,1 % à 41,09 $ l’once. Le platine perdait 0,3 % à 1 390,30 $, tandis que le palladium gagnait 0,8 % à 1 182,50 $.
VALEURS DE L ‘OR

La Suisse propose à son industrie aurifère de construire une raffinerie aux États-Unis ou d’y augmenter sa capacité de traitement, dans le cadre d’un plan visant à réduire les droits de douane américains, selon deux sources proches du dossier.
Le président Donald Trump a imposé le 7 août dernier des droits de douane de 39 % sur les importations de produits suisses, en raison du déficit commercial des États-Unis avec la Suisse, qui avait pourtant supprimé ses propres droits de douane industriels au début de l’année dernière.
Ce déficit commercial est principalement dû aux exportations suisses de produits chimiques, pharmaceutiques, ainsi que d’or. Depuis l’entrée en vigueur des tarifs, le gouvernement suisse et le secteur privé travaillent conjointement pour obtenir leur réduction.
La Suisse figure parmi les principaux raffineurs mondiaux d’or, et l’un des axes du plan consiste à augmenter la capacité de raffinage de l’industrie aurifère sur le sol américain afin d’équilibrer les flux commerciaux, ont indiqué les sources, qui ont requis l’anonymat en raison de la sensibilité du dossier.
Cela pourrait signifier la construction d’une nouvelle raffinerie ou des investissements pour accroître la capacité existante aux États-Unis, précisent-elles.
Le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) a confirmé que des discussions confidentielles se poursuivaient à divers niveaux avec les États-Unis, sans toutefois faire de commentaire supplémentaire.
Christoph Wild, président de l’association suisse des métaux précieux ASFCMP, a refusé de commenter l’éventuelle construction d’une raffinerie. Mais il a reconnu que tant que l’or continuerait d’alimenter le déficit, le secteur devait explorer des solutions pour y remédier.
« Il pourrait même s’agir de répondre à la demande américaine directement depuis les États-Unis », a-t-il déclaré.
Le ministre suisse de l’Économie, Guy Parmelin, a mené vendredi dernier ce qu’il a qualifié d’« entretiens constructifs » avec les principaux responsables économiques de l’administration Trump. Selon les sources, le plan concernant l’or était déjà sur la table, et les négociations entre les deux pays se poursuivent.
La pharma suisse envisage la production locale
La Suisse s’efforce également de présenter à Donald Trump une proposition combinant achats de biens américains et investissements supplémentaires sur le territoire américain.
Pour réduire le déficit imputable au secteur pharmaceutique, l’objectif est que les entreprises suisses couvrent l’ensemble de la demande américaine avec des produits fabriqués aux États-Unis, selon les mêmes sources.
La mesure pourrait même inclure une production excédentaire, permettant aux groupes pharmaceutiques suisses d’exporter depuis les États-Unis, ajoutent-elles. La Suisse espère ainsi que ses entreprises pharmaceutiques pourront être exemptées de tout droit de douane potentiel lié à la fameuse enquête américaine dite Section 232, qui vise à déterminer si la dépendance des États-Unis envers les médicaments étrangers constitue une menace pour la sécurité nationale.
L’association suisse de l’industrie pharmaceutique, Interpharma, fait toutefois valoir que si l’on inclut les services, il n’existe pas de véritable déficit américain, et qu’éliminer le déficit des biens au détriment des entreprises pharmaceutiques nuirait à l’économie suisse.
Elle souligne néanmoins une tendance croissante à servir les grands marchés via une production locale accrue. Si cela pouvait atténuer la pression sur la Suisse, cela risquerait aussi de fragiliser la place pharmaceutique helvétique.
Berne prévoit également d’augmenter ses achats de matériel militaire américain et de faciliter la vente de gaz naturel liquéfié américain, via la Suisse ou à destination de celle-ci.
Pour contribuer à l’équilibre commercial, le plan prévoit aussi que les sociétés suisses enregistrent davantage de transactions énergétiques via la Suisse plutôt qu’à Londres, précisent les sources.
nces internationales afin de mettre en place cette bourse, a indiqué un responsable de la banque centrale cité jeudi par les médias d’État.
La banque centrale envisage également, en alternative, de permettre le commerce de l’or sur la Bourse des marchandises du Vietnam ou au sein d’un futur centre financier international, a précisé le vice-gouverneur de la SBV, Pham Quang Dung, selon un article du journal Dan Tri.
Le Vietnam, l’une des économies à la croissance la plus rapide d’Asie du Sud-Est, cherche à préserver sa stabilité macroéconomique, alors que plusieurs universitaires de renom mettent en garde contre une expansion rapide du crédit qui pourrait alimenter des bulles sur les marchés d’actifs.
La banque centrale tente également de stabiliser le prix domestique de l’or, qui reste un placement populaire et un outil de préservation de la richesse au Vietnam.
Malgré les efforts déployés l’an dernier pour augmenter l’offre via des enchères et les banques commerciales, les prix de l’or sur le marché intérieur ont bondi de 60 % depuis le début de l’année et, jeudi encore, restaient environ 23 % plus élevés que sur le marché international.
Un décret gouvernemental consulté par Reuters permettra aux entreprises qualifiées d’importer de l’or à compter du 10 octobre. La banque centrale délivrera des licences d’importation d’or à ces sociétés et fixera un quota annuel.
L’économiste basé à Hanoï, Vo Tri Thanh, estime qu’une augmentation des importations pourrait contribuer à faire baisser les prix de l’or sur le marché intérieur et à réduire l’écart avec le marché mondial, mais cela pourrait également exercer une pression sur le taux de change.
« Il faudra dépenser des dollars américains pour importer de l’or, et plus les importations seront importantes, plus les sorties de devises seront élevées », a-t-il déclaré.
Le décret, publié le 26 août, mettra également fin au monopole de la banque centrale sur la production de lingots d’or, dans le but de diversifier l’offre, d’accroître la compétitivité et la transparence du marché, a indiqué la banque centrale plus tôt cette semaine.
La banque centrale a également annoncé un renforcement des contrôles sur les entreprises de négoce d’or afin de prévenir le blanchiment d’argent, la spéculation, la contrebande et les transactions illégales.
Cette semaine, la police vietnamienne a poursuivi un ancien directeur général de Saigon Jewellery, l’un des sous-traitants de la banque centrale pour la production de lingots d’or, pour détournement de fonds et abus de pouvoir.
(1 $ = 26 397 dongs)
Au Maroc
L’or 18 carats, le plus prisé par les familles, se négocie désormais entre 900 et 950 dirhams le gramme. Une hausse vertigineuse qui coïncide avec la saison des mariages, période où la demande sur les bijoux en or atteint habituellement son pic.
Pour les professionnels, cette flambée est directement liée aux tensions et aux fluctuations des marchés internationaux. « Toute variation du cours de l’once d’or à l’échelle mondiale se répercute immédiatement sur notre marché », explique un bijoutier, soulignant que les importateurs et ateliers de joaillerie n’ont d’autre choix que de suivre la tendance pour éviter des pertes financières. À ce prix, s’ajoutent les frais de fabrication, de design, ainsi que les taxes et droits de douane, ce qui alourdit encore la facture finale pour le consommateur.
Mais cette explication ne convainc pas tout le monde. Le président de l’Observatoire marocain pour la protection du consommateur, Hassan Aït Ali, estime que la flambée actuelle ne s’explique pas uniquement par la conjoncture internationale. Selon lui, des pratiques spéculatives et un manque de transparence sur le marché national aggravent la situation. « Certaines parties profitent de l’absence de contrôle rigoureux pour gonfler artificiellement les prix, ce qui met en péril le pouvoir d’achat et l’épargne des familles », alerte-t-il.
Le responsable rappelle que l’or, au-delà de sa valeur symbolique et ornementale, constitue aussi un refuge pour les ménages face à l’inflation. Toute manipulation des prix touche donc directement la sécurité financière des citoyens. Il appelle à l’application stricte du code de la concurrence et des prix (loi 104.12) et du code de protection du consommateur (loi 31.08), qui garantissent transparence et libre concurrence. À cela s’ajoutent les obligations de marquage et de contrôle des métaux précieux, ainsi que les dispositions du Code pénal qui sanctionnent la fraude commerciale.
Dans ce contexte, l’Observatoire plaide pour la mise en place d’un mécanisme national de suivi des prix de l’or, avec obligation pour les bijouteries d’afficher quotidiennement leurs tarifs de référence. Il recommande également de renforcer les contrôles et d’appliquer des sanctions dissuasives contre les pratiques frauduleuses.
En attendant, ce sont les ménages marocains qui paient le prix fort. Entre nécessité culturelle, épargne de précaution et spéculation incontrôlée, l’or risque de devenir un luxe inaccessible, réservé à une élite, si des mesures rapides ne sont pas prises pour encadrer ce marché vital.

