Accord franco-britannique: un premier migrant renvoyé en France

Dakar,19 Septembre 2025(JVFE)-Ce jeudi 18 septembre, un premier migrant a été expulsé du Royaume-Uni vers la France dans le cadre du nouvel accord migratoire franco-britannique conclu en juillet 2025 pour réduire l’immigration irrégulière lors d’une visite d’État d’Emmanuel Macron au Royaume-Uni, le nouvel accord autour de la question migratoire entre les deux pays, le principe du “un pour un”, entre en vigueur dès ce mardi 5 août.

Cet accord prévoit que pour chaque migrant expulsé vers la France, un migrant sera accueillie de façon légale au Royaume-Uni.

Chaque année, ce sont près de 35.000 entrées illégales sur le sol britannique qui sont recensées. Depuis début 2025, 25.400 migrants sont arrivés au Royaume-Uni, un nombre record et phénomène que le gouvernement travailliste de Keir Starmer tente d’endiguer. Les migrants repris par la France seront uniquement ceux arrivés au Royaume-Uni en “small boat” (petit bateau) et dont la demande d’asile est jugée inadmissible.

Le gouvernement de Keir Starmer,sous pression, en difficulté face à la montée du parti d’extrême droite Reform UK, a promis d’endiguer les traversées de la Manche vers le Royaume-Uni, dont le nombre atteint un niveau record depuis le début de l’année, avec plus de 31.000 arrivées.

Plus de 31 000 personnes sont arrivées au Royaume-Uni depuis le début de l’année en traversant la Manche à bord de small boats.

Selon le ministère britannique de l’Intérieur qui a annoncé ce premier renvoi dans un communiqué, cet homme était arrivé en Angleterre en août à bord d’une petite embarcation. Il est d’origine indienne, a indiqué à l’AFP une source gouvernementale française, et a été expulsé à bord d’un vol commercial de la compagnie Air France.

Conclu en juillet lors de la visite d’Etat du président français Emmanuel Macron au Royaume-Uni et entré en vigueur début août, cet accord prévoit le retour en France de migrants arrivés à bord de petits bateaux au Royaume-Uni, en échange de l’envoi outre-Manche de migrants se trouvant en France, sur le principe du “un pour un”.

De son côté, Londres acceptera des migrants ayant fait une demande sur des plateformes en ligne, en donnant la priorité aux ressortissants de nationalités ciblées par les passeurs et aux personnes ayant des liens avec le Royaume-Uni. Les nouveaux arrivants seront soumis, de part et d’autre de la Manche, à un examen sécuritaire complet.

Mariam, mère de famille somalienne qui a tenté de traverser avec ses enfants, déplore les actions des autorités françaises. “Les policiers français ont cassé le bateau, raconte-t-elle. Ils nous ont dit : ‘partez, il faut avoir de la chance’. Les policiers disent que c’est pour nous sauver, mais ils nous font prendre des risques. Ici, ce n’est pas sûr. Le Royaume-Uni, c’est mieux qu’ici. On ne dort pas dans la jungle”.

Le projet suscite de nombreuses critiques par certains élus du nord de la France. Ces derniers estimant le dispositif trop favorable aux Britanniques. D’un autre côté, des associations d’aide aux migrants jugent l’accord comme allant à l’encontre des textes internationaux sur la protection des réfugiés.

Très critiqué par les ONG, cet accord pilote, prévu pour durer jusqu’en juin 2026, est censé dissuader les traversées.

La ministre de l’Intérieur britannique Shabana Mahmood- nommée début septembre à la tête du Home Office- a salué dans un communiqué ce premier renvoi comme un “important premier pas pour sécuriser” les frontières du pays.

“Cela envoie le message aux personnes qui traversent (la Manche) sur des petits bateaux: si vous entrez au Royaume-Uni illégalement, nous chercherons à vous expulser”, a-t-elle insisté.

D’autres vols transportant des migrants vers la France sont encore prévus cette semaine et la prochaine, a précisé le Home Office. Dans l’autre sens, de premiers migrants autorisés à venir au Royaume-Uni arriveront “dans les prochains jours” depuis la France, selon la même source.

Mais “les autorités françaises sont très frileuses et passent au crible les profils des personnes qu’on veut lui renvoyer”, ont indiqué plusieurs sources à l’AFP.

Mardi, le gouvernement britannique a subi un revers quand la Haute Cour de Londres a temporairement bloqué l’expulsion prévue le lendemain d’un migrant érythréen, qui a contesté son renvoi en se disant victime de trafic d’êtres humains.

Le gouvernement a décidé de faire appel de cette décision et annoncé qu’il allait “examiner” la législation sur l’esclavage moderne pour éviter qu’elle ne soit “mal utilisée” afin d’éviter des expulsions. Les ONG, elles, s’organisent pour aider les migrants à déposer des recours.

L’association française l’Auberge des migrants a notamment dénoncé “un marchandage cynique de vies humaines”.

Pour sa porte-parole, Stella Bosc, l’accord est voué à l’échec. “C’est de l’affichage politique et de la communication avant tout”, a-t-elle dit. Pierre Makhlouf, de l’ONG Bail for immigration detainees (BID), a aussi pointé “un flou” qui ouvre la voie à de nombreux recours.

Selon les médias britanniques, deux avions qui devaient acheminer des migrants vers la France en début de semaine, ont finalement décollé sans aucun migrant à leur bord.

Depuis début août, le Royaume-Uni a commencé à placer en détention des migrants dans le cadre de cet accord très critiqué par les ONG. Selon le journal The Guardian, 92 personnes étaient détenues en début de semaine en attendant leur renvoi en France.

Depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2024, le gouvernement travailliste, qui a abandonné le projet des conservateurs d’expulser des demandeurs d’asile vers le Rwanda, agit sur divers fronts pour tenter de réduire l’immigration irrégulière.

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