Nigéria : fournisseur clé de pétrole brut à la raffinerie de Dakar

Dakar,08 OCTOBRE 2025(JVFE)-Le Nigéria s’impose comme un fournisseur clé de pétrole brut à la raffinerie de Dakar, d’une capacité de 30 000 barils par jour, malgré l’entrée du Sénégal dans le cercle des pays producteurs d’or noir l’an dernier.

D’après le cabinet Kpler, le Nigéria a expédié ces derniers mois environ 30´000 barils par jour d’Erha vers Dakar, confirmant ainsi son rôle essentiel dans l’approvisionnement du système de raffinage sénégalais.

Selon un rapport du cabinet d’analyse énergétique Kpler, le Sénégal a commencé à extraire du pétrole à la mi-2024 sur le champ offshore de Sangomar, dont la production avoisine 100 000 barils par jour d’un brut moyen acide (31° API, 1,0 % de soufre).

Toutefois, le document précise que la quasi-totalité de cette production est exportée vers l’Europe, principalement vers l’Espagne, l’Italie et les Pays-Bas.

En dépit de son nouveau statut de producteur, le Sénégal ne peut pas alimenter sa seule raffinerie avec son propre brut. Les données industrielles montrent que la raffinerie de Dakar, d’une capacité de 30 000 barils par jour, est conçue pour traiter des bruts plus légers et moins soufrés, rendant le pétrole de Sangomar trop lourd et trop acide pour y être raffiné.

Face à cette contrainte technique, la raffinerie dakaroise s’est tournée vers le brut nigérian Erha (36° API, 0,2 % de soufre), parfaitement adapté à ses capacités de traitement.

« La raffinerie de Dakar, d’une capacité de 30 000 barils par jour et configurée pour traiter des bruts légers et doux, fonctionne actuellement avec du brut Erha en provenance du Nigéria. Les importations vers Dakar ont atteint en moyenne 30 000 barils par jour ces derniers mois », indique le rapport.

Comme le rappelle le quotidien Punch, chaque raffinerie est conçue pour traiter un type spécifique de brut. Celle de Dakar a été construite pour transformer des pétroles légers à faible teneur en soufre, ce qui rend les qualités nigérianes comme Erha particulièrement compatibles.

Le rapport précise également que le brut de Sangomar nécessiterait un mélange préalable avant d’être raffiné localement.

Malgré tout, les exportations nigérianes ne couvrent qu’une partie des besoins en carburant du Sénégal, qui demeure fortement dépendant des importations de produits pétroliers raffinés.

Entre 2024 et 2025, le pays a importé entre 90 000 et 100 000 barils par jour de carburants, dont jusqu’à 60 % en provenance de Russie — essentiellement du gasoil, du diesel et du fioul.

« Pour satisfaire pleinement sa demande intérieure, le Sénégal dépend largement des importations de produits raffinés, en particulier en provenance de Russie. Sur les 90 000 à 100
000 barils par jour importés entre 2024 et 2025, 50 à 60 % provenaient de Russie, principalement sous forme de gasoil, de fioul et de diesel »
, souligne Kpler.

Ainsi, bien que producteur de pétrole brut, le Sénégal dépend du Nigéria pour alimenter sa raffinerie et de la Russie pour ses approvisionnements en carburants finis.

Le rapport note par ailleurs que la deuxième phase du projet Sangomar, actuellement à l’étude — qui prévoit le forage de 33 nouveaux puits et un démarrage envisagé en 2027 — devrait permettre au pays de maintenir sa production et ses exportations autour de 100´000 barils par jour dans les prochaines années. D’ici là, le brut Erha du Nigéria et les produits raffinés russes devraient continuer de constituer les piliers du mix énergétique sénégalais.

Pendant ce temps, plusieurs raffineries locales nigérianes continuent de dénoncer le manque d’approvisionnement en brut, tandis que la méga-raffinerie Dangote s’appuie de plus en plus sur du pétrole en provenance des États-Unis pour assurer sa production quotidienne de carburant.

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