France : Madiambal Diagne placé sous contrôle judiciaire

Dakar, 22 Octobre  2025(JVFE)-Poursuivi au Sénégal pour plusieurs délits financiers, l’influent éditorialiste a été interpelé en France, où il avait fui, bien qu’il avait été empêché de quitter le territoire sénégalais. Il a été placé sous contrôle judiciaire.

Le contrôle judiciaire est une mesure de sûreté en France qui restreint la liberté d’une personne mise en examen, en lui imposant des obligations spécifiques (comme des interdictions de déplacement ou de contact), tout en évitant la détention provisoire. Il est ordonné par un juge d’instruction ou un juge des libertés et de la détention (JLD) pour garantir la présence de l’individu devant la justice et prévenir les risques liés à l’enquête (récidive, pressions sur témoins, etc.). Le non-respect de ces obligations peut justifier un placement en détention provisoire. 

Objectifs

  • Garantir la présence de la personne : S’assurer que la personne se présentera aux convocations de la justice. 
  • Prévenir les risques : Empêcher la réitération des faits, la concertation frauduleuse avec d’autres personnes impliquées ou des pressions sur les victimes ou les témoins. 
  • Éviter la détention provisoire : Permettre à la personne de rester libre sous certaines conditions, plutôt que d’être incarcérée pendant l’instruction ou en attente du procès. 

Obligations et mesures possibles

Les obligations sont fixées par le juge et peuvent inclure : 

  • Interdiction de sortie du territoire : Ne pas sortir de certaines limites géographiques.
  • Obligation de pointage : Se présenter régulièrement à un commissariat ou une gendarmerie.
  • Interdiction de contact : Ne pas rencontrer certaines personnes.
  • Interdiction de se rendre dans certains lieux : Ex: domicile des victimes.
  • Interdiction d’exercer une activité professionnelle ou sociale .
  • Retrait du passeport .
  • Caution judiciaire : La personne peut être contrainte de verser une somme d’argent.

Après l’arrestation suite à un mandat d’arrêt

  • Après l’arrestation, la personne est présentée devant un juge dans les 24 heures (ou 4 à 6 jours selon la distance). 
  • Le juge d’instruction ou le juge des libertés et de la détention peut alors décider de placer la personne sous contrôle judiciaire ou en détention provisoire. 
  • Le contrôle judiciaire est une mesure qui encadre la personne tout en lui permettant de rester libre, contrairement à la détention. 

Près d’un mois après avoir quitté le Sénégal via la Gambie malgré une interdiction qui lui avait été signifiée oralement, Madiambal Diagne a été interpellé ce mardi 21 octobre dans la matinée alors qu’il se rendait à son domicile du Pecq, dans le département des Yvelines (sud-ouest de Paris). Arrêté par la police venu exécuter le mandat d’arrêt international dont elle avait été saisie, selon l’un de ses avocats, Maître Vincent Brengarth joint par RFI, Madiambal Diagne a ensuite été déféré devant le parquet général de Versailles.

Il a finalement été libéré et placé sous contrôle judiciaire, en attendant que la demande d’extradition adressée par la justice sénégalaise soit examinée au fond par la cour d’appel de Versailles. Selon un communiqué signé par ses onze avocats, le juge a tenu compte du fait que Madiambal Diagne « est une personnalité publique, journaliste connu, propriétaire d’un titre de presse ». Sa remise en liberté est toutefois assortie d’une obligation de ne pas quitter le territoire français, de remettre son passeport à la justice et de pointer régulièrement à la police.

L’éditorialiste, très critique du pouvoir actuel, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, émis par la justice sénégalaise dans le cadre, entre autres, d’une affaire de rétrocommissions présumées estimée à plus de 32 millions d’euros. La procédure qui le vise part d’un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) qui fait état de transactions suspectes entre les comptes d’une société civile immobilière (SCI) fondée par Madiambal Diagne et la société Ellipse Projects. Spécialisée dans la construction d’hôpitaux en Afrique, cette entreprise française avait obtenu un vaste chantier de construction au Sénégal dans les secteurs de la santé et de la justice sous la présidence de Macky Sall.

Le dossier a valu à l’épouse et aux deux fils du journaliste, en raison de leur statut d’associés de la société immobilière, une inculpation pour blanchiment de capitaux et association de malfaiteur assortie d’un placement sous mandat de dépôt au Sénégal.

L’avocat de Madiambal Diagne, Me William Bourdon, assure pour sa part disposer d’arguments « puissants et documentés » pour s’opposer à son extradition vers le Sénégal. Le collectif d’avocats qui le défend dénonce en outre dans un communiqué envoyé à la presse le « caractère totalement infondé des accusations contenues dans la demande d’extradition et de son irrégularité manifeste ». Celle-ci sera examinée lors d’une audience prévue mardi 28 octobre devant la cour d’appel de Versailles.

Cette procédure est le dernier développement du harcèlement judiciaire qui vise Madiambal Diagne.” declare Maître Vincent Brengarth, avocat de Madiambal Diagne.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *