
DAKAR, 08 NOVEMBRE 2025(JVFE)–À cinq mois de la présidentielle de 2026, le Bénin s’oriente vers une élection marquée par l’absence du principal parti d’opposition. La disqualification du parti Les Démocrates (LD), fondé par Boni Yayi, a profondément modifié le paysage politique national.
La décision de la Cour constitutionnelle, confirmant l’exclusion du parti de la course, découle d’un ensemble de facteurs mêlant difficultés internes et procédures contestées. Plusieurs observateurs estiment que des dysfonctionnements organisationnels et des divergences de leadership au sein de Les Démocrates ont contribué à cette issue.
Le choix du duo présidentiel Renaud Agbodjo – Jules Lodjou, officialisé à la veille de la clôture du dépôt des candidatures, a suscité des désaccords internes. Le député Michel Sodjinou a notamment retiré son parrainage, invoquant une falsification présumée de sa fiche de soutien. Ce retrait a privé le parti d’un parrainage sur les 28 requis, entraînant son exclusion de la compétition.
Saisie à plusieurs reprises, la Cour constitutionnelle a confirmé la décision de la CENA, évoquant des recours hors délai et un manque de fondement juridique. Pour nombre d’analystes, cette disqualification illustre autant des difficultés procédurales qu’un déficit de coordination interne.
Depuis cette décision, Les Démocrates traversent une période de fortes tensions. Six députés — Michel Sodjinou, Joël Godonou, Chantal Adjovi, Léansou Do Régo, Denise Hounmènou et Constant Nahum — ont quitté le groupe parlementaire, évoquant une « gouvernance interne marquée par la méfiance et l’exclusion ».
D’autres responsables ont également annoncé leur départ, dont l’ancien député Patrick Djivo, ex-secrétaire national aux élections. Dans une déclaration télévisée, il a dénoncé « l’accumulation de frustrations » et « un manque de dialogue » au sein du parti. Ces départs traduisent un malaise organisationnel et une perte de cohésion entre la direction et ses cadres.
Une opposition en quête de repères
Dans une récente intervention médiatique, le député Midofi Antonin Hounga a reconnu des erreurs de gestion au sein du parti. Ses propos, largement relayés, ont souligné le besoin d’une réflexion interne sur la gouvernance et la stratégie de Les Démocrates.
Aujourd’hui, le parti, qui représentait la principale force d’opposition institutionnelle, apparaît affaibli par les divisions internes et les départs successifs. Cette situation laisse planer l’incertitude sur la capacité de l’opposition à peser dans le débat électoral à venir.
L’épisode illustre plus largement les défis de structuration et de gouvernance que rencontrent plusieurs formations politiques au Bénin, à l’approche d’une élection présidentielle qui s’annonce sans véritable confrontation de programmes.
