Dakar,09NOVEMBRE 2025(JVFE)-Invité de l’émission En Vérité sur Radio Sénégal, le secrétaire général de Pastef et président du groupe parlementaire du parti à l’Assemblée nationale, Ayib Daffé, s’est exprimé sur la situation du ministre de l’Environnement, Abdourahmane Diouf, dont certaines déclarations ont suscité des remous au sein du gouvernement.
L’intervention d’Abdourahmane Diouf, ministre de l’Environnement et président du parti Awalé, sur la RSI dans l’émission politique En Vérité, continue de susciter des réactions. L’homme politique s’est longuement exprimé sur les questions d’actualité, insistant sur la nécessité d’une réconciliation nationale et d’une fin définitive des divisions qui fragilisent le Sénégal.
« Les questions de justice sont importantes, mais il faut savoir pardonner. La justice ne doit pas constituer le bras armé du pouvoir », a-t-il martelé. Selon lui, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a un rôle clé à jouer dans ce processus de cohésion : « Il n’est pas le président d’un parti, mais celui de toute une Nation. Il ne doit pas appliquer une justice des vainqueurs. Il doit être à équidistance des questions de justice. »
Selon Ayib Daffé : SG de PASTEF en dehors de la légitime politique, Abdourahmane Diouf a fait une erreur d’analyse sur « la justice des vainqueurs » et quoi qu’il en soit Diomaye est élu sur la base d’un programme et c’est ce programme qui sera appliqué !
Selon Daffé, un membre du gouvernement se doit d’agir avec “collégialité et solidarité”. Il estime que les propos d’Abdourahmane Diouf sur la “justice de réconciliation” relèvent davantage d’un positionnement politique que d’une démarche gouvernementale. « Il a parlé d’une chose qui ne concerne pas son secteur. Il a trouvé une coalition déjà constituée avec un candidat. Il voulait être candidat mais ne l’a pas été, et il a rejoint le projet porté par Bassirou Diomaye Faye. Si aujourd’hui il n’est plus en phase avec cette vision, il doit prendre ses responsabilités avant de demander au président de prendre les siennes », a déclaré Daffé.
Le responsable politique a également réfuté les propos du ministre évoquant une supposée “justice des vainqueurs”. « Il n’y a pas de justice des vainqueurs. Il avait écrit un livre sur la démocratie de concordance, un concept inspiré de la Suisse, mais cela ne peut pas s’appliquer ici. Le Sénégal a sa propre histoire et sa trajectoire politique », a-t-il précisé.
Interrogé sur les soupçons de surfacturation évoqués par le Premier ministre Ousmane Sonko dans le ministère précédemment dirigé par Abdourahmane Diouf, Daffé a rappelé la présomption d’innocence. « Le Premier ministre a été clair : il y a des vérifications en cours. On a des soupçons, on vérifie, et les décisions seront prises en conséquence. En attendant, il faut lui accorder la bonne foi », a-t-il expliqué.
À propos de la députée ayant menacé de ne pas voter le budget du ministère de l’Environnement, Ayib Daffé a tempéré : « Le budget ne lui appartient pas, c’est celui de l’État du Sénégal. Abdourahmane Diouf vient présenter son secteur, mais le budget est défendu par le ministère des Finances. On ne peut pas le boycotter pour des raisons personnelles, car le ministère continuera d’exister, avec ou sans lui. »
